
Ils étaient nombreux à manifester ce 1er mai 2009 à Genève : 2300 pour la Police, 5500 à 6000 selon les organisateurs, soit le double de l’année précédente. Un chiffre largement au dessus de la moyenne que nous annonçait Claude Reymond la semaine dernière. L’objectif de mobilisation est donc atteint. Parti du boulevard James Fazy aux alentours de 15h00 en direction du parc des Bastions, le cortège a cette année effectué un détour inhabituel sous les fenêtres de Manor.
Sous les sifflets des manifestants, les discours syndicaux ont résonné une quinzaine de minutes au pied du grand magasin. L’Unia en tête venait défendre la liberté syndicale dans les entreprises, demandant la réintégration de Marisa Pralong, licenciée de l’enseigne le 18 février. Quelques instants plus tard, Rue du Mont-Blanc, un nouvel arrêt est marqué. Cette fois-ci, c’est Franck Müller et son plan social en cours qui est visé par les huées de la foule. Preuve de l’ampleur de la manifestation, alors que la tête du cortège dépassait le pont du Mont-Blanc, l’arrière sortait juste de la rue du Cendrier.

Cette forte mobilisation est essentiellement due au contexte actuel de crise économique. Avec le « Capitalisme : No Future ! » comme thème principal, ou des slogans tels que « le modèle a atteint ses limites, nous ne paieront pas pour eux », les organisateurs ne pouvaient pas trouver plus fédérateur aujourd’hui. C’est aux alentours de 17h que, dans une ambiance pacifique, la manifestation atteint finalement le parc des Bastions.
Certains retrouvent des amis perdus en cours de route. Parmi cette foule hétéroclite, un groupe de collégiens participait à son premier 1er mai. « On est ici parce qu’on est anti-capitaliste ! Mais on est aussi venu pour défendre les droits du travail, et surtout les droits syndicaux. Pour notre avenir… ». D’autres n’en sont plus à leur première fois. Deux grands-mères toutes deux retraités du secteur de la santé prennent part chaque année à ce cortège : « depuis très longtemps ! Mais aujourd’hui, la situation économique et sociale se détériore, et les gens commencent à le sentir au travail. Alors les gens commencent à se rebeller ! ». Enfin, certains sont venus en famille. Frédéric porte son fils sur les épaules. A 38 ans et employé du secteur logistique : « je vois clairement que la situation de certains de mes proches se détériore sur leur lieu de travail. Avec la crise, on est plus sûr de rien. Je me dis que ça sera peut être bientôt à mon tour d’être licencié. Et puis c’est aussi pour mon fils que je suis là, pour son avenir ».
Une crise fédératrice ? C’est du moins ce que tend à démontrer cette forte participation. Et si tous les corps de métiers ne participaient pas à la manifestation, les badauds manifestaient parfois leur sympathie face aux slogans scandés.