Enquête : les agences intérimaires sont-elles les employeurs de demain?

Quelles sont les évolutions les plus marquantes durant ces 10-15 dernières années en ce qui concerne les sociétés de travail temporaire & fixe ?
Pour répondre à cette question, nous avons choisi de rencontrer Adecco, leader sur ce marché par sa taille et son ancienneté, qui est à même de pouvoir représenter une grande partie de l’ensemble des agences intérimaire en Suisse romande.
Interview accordée par M. Michel Wicky Adecco Regional Director (à gauche) et M. Christophe Hausmann Adecco Branch Director (à droite), sur le site de Nyon. Frederico Petrucci pour Geneva Business News.
Chiffres clés:
- 90 % des candidats qui passent la porte d’entrée d’ une agence intérimaire pour la 1ère fois sont en quête d’un poste fixe
- 50% des contrats de travail temporaires se transforment en poste fixe (estimations Adecco)
- 10% des travailleurs actifs domiciliés en Suisse changent volontairement d’emploi pour des causes d’amélioration ou de réorientation
- 300 sociétés de travail temporaire environ sont actives entre Genève et Nyon
Quel est le rôle d’une agence de travail temporaire et son cahier de charges ?
M. Wicky : Notre premier rôle est naturellement de faire des affaires en apportant aux entreprises une aide au niveau des ressources humaines. Lorsque les sociétés sont performa
ntes, cette aide s’est progressivement transformée en un outil de gestion, car nos clients travaillent de plus en plus au jour le jour, sur l’action, surtout dans les entreprises de production. Ces entreprises nécessitent un outil de gestion fiable et dès lors, l’agence de travail temporaire va leur permettre de budgétiser et répercuter les coûts de manière adéqua
te. Il y a dix ans, nous intervenions dans des cas plus ponctuels comme des dépannages tels que maladie, service militaire, vacances…,ou pour des métiers saisonniers, construction, agriculture…. A noter que 90 % des candidats qui passent la porte d’entrée d’ une agence intérimaire pour la 1ère fois sont en quête d’un poste fixe. Mais une fois renseignés, ils peuvent repartir avec un poste temporaire qui, dans 50% des cas, se verra après entente, transformé en poste fixe. Cependant, il convient de souligner que la location de services génère 80% du bénéfice de notre entreprise ; la part du placement fixe, quant à elle, représente 20% du bénéfice d’Adecco. Les personnes en recherche d’emploi ne pensent pas toujours à pousser simplement la porte de leur agence de travail temporaire la plus proche de manière spontanée, comme on le ferait chez son boucher ou son boulanger…..certains candidats pensent même que nous réclamons des frais de dossier à l’inscription, ce qui est bien entendu erroné !
90 % des candidats qui passent la porte d’entrée d’une agence intérimaire pour la 1ère fois sont en quête d’un poste fixe. Mais une fois renseignés, ils peuvent repartir avec un poste temporaire qui, dans 50% des cas, se verra après entente, transformé en poste fixe
Comment analysez- vous la situation et la différence du taux de chômage qui prévaut en moyenne générale ces 10 dernières années, entre la Suisse de 3 à 4 % et l’Europe de 6 à 10% ?
M. Wicky : La Suisse est constituée d’une économie composée principalement de PME contrairement à nos voisins limitrophes, des pays plus vastes, qui détiennent de grands groupes é
conomiques qui, lorsqu’un soubresaut économique intervient, vont influencer de manière plus conséquente le taux de chômage.
D’accord, mais tout de même, la constatation des taux fait état du simple au double, cela paraît si énorme…. ?
M. Wicky : Effectivement, à cela il faut rajouter l’aide des politiques qui ont mis en place une législation conférant une stabilité toute helvétique, avec une certaine flexibilité au niveau du contrat de travail qui y est associée. Ensuite, il faut considérer que 10% des travailleurs actifs domiciliés en Suisse changent volontairement d’emploi pour des causes d’amélioration ou de réorientation (ce taux étant bien moindre en France par exemple, le voisin immédiat que je connais le mieux).
Cette manière de procéder fait d’emblée du travailleur suisse un élément mobile et évolutif de l’économie, ce qui n’est pas le cas en France, où l’on est attaché au CDI (contrat à durée , indéterminé équivalant en Suisse du contrat fixe) qui a comme corollaire une sorte de sécurité de l’emploi qui n’en reste pas moins toute relative. N’oublions pas que 50% des contrats temporaires débouchent sur un contrat fixe, ce nombre devant par ailleurs continuer à évoluer ces prochaines années. Ce contrat « fixe » disparaît de plus en plus au profit d’un raisonnement plus adaptatif. Avec l’évolution du marché, nous devons considérer que nos jobs fixes sont de fait des emplois temporaires, sans que la date d’interruption dudit contrat en soit pour autant fixée. Le cas échéant, il sera simplement remplacé par un job évolutif comparable.
Vous dites sur votre site internet : « Nous sommes conscients de l’importance de notre influence sur l’évolution du monde du travail de demain » : pouvez-développer cette affirmation ?
M. Wicky : Comme je vous l’ai déjà dit, je suis persuadé que nous devenons un acteur de de plus en plus incontournable pour des entreprise
« qui gèrent leur budget ». Nous sommes actifs dans tous les corps de métier. Grâce à notre taille et présence au sein de l’économie, nous arrivons actuellement à faire des offres (salaire employé + coûts salariaux +coûts annexes) de plus en plus souvent concurrentielles par r
apport au cas où l’entreprise devrait elle-même entreprendre le travail que nous lui prodiguons.
L’effet d’externalisation des ressources humaines va s’accroître, et bien entendu cette situation déplait aux syndicats et offices de l’emploi, car ils y voient une certaine précarité. Mais l’employé arrivant en travail temporaire qui est performant, conviendra forcément à l’entreprise qui le maintiendra dès lors en poste fixe. Des licenciements sont bien entendu inévitables, mais confèrent d’autre part une garantie d’offres de postes à pourvoir permanente et donc aussi, une plus grande mobilité du secteur.
L’effet d’externalisation des ressources humaines va s’accroître
A vous entendre, l’évolution du travail temporaire est plus importante que ce que tout un chacun oserait imaginer ?
M. Wicky : Effectivement, le travail temporaire va peut-être modifier à terme l’actuelle pratique de la période d’essai. La budgétisation précise réconforte l’entreprise qui n’hésite plus à embaucher de manière plus conséquente ; l’employé y gagne donc en quantité d’offres, et en mobilité. Ce sera pour lui en outre une source de remise à niveau de son statut et de son expérience.
Il y a une dizaine d’années, le travail temporaire ne vivait pas toujours des jours heureux. Avec l’apparition d’internet, les entreprises ont cru pouvoir se passer des services intérimaires, mais elles se sont bien vite rendu compte qu’il n’y avait en réalité, que le délai d’envoi des dossiers qui avait changé, et que la gestion des dossiers restait aussi ardue, voire plus laborieuse.
Existe-il des professions qui ont disparu/ qui sont apparues ?
M. Wicky : Aucun métier n’a disparu en tant que tel, ce sont plutôt les métiers qui se sont adaptés à l’époque, donc la dénomination des postes liée aux nouvelles technologies a changé, un dessinateur en bâtiment deviendra un spécialiste Autocad etc.
C. Hausmann : peut-être une exception concernant les métiers de l’imprimerie : les métiers tels que celui de typographe ont disparu à ma connaissance : Mais entre-temps ils ont été remplacé
s par de nouveaux métiers de l’informatique.
Qu’en est-il de l’apprentissage d’autrefois ?
M. Wicky : la situation de l’apprentissage en Suisse romande est devenue catastrophique. Les pouvoirs politiques ainsi que les parents n’ont cessé de pousser leurs enfants vers des métiers plus académiques liés à des études plus longues. Il en a résulté que le prolongement des études a engendré d’une part, la mise en œuvre de numerus clausus pour contrer cet afflux d’élèves et, d’autre part, les études sous forme d’apprentissage type CFC ont quasiment disparu, accompagnés de leur corolaire de corps de métiers !
Quelle est la différence entre une agence classique et un chasseur de tête ?
M. Wicky : On parle de 2 différents modèles d’affaires. Notre modèle est basé sur le succès d’un placement ; par contre le chasseur de tête travaille sur mandat fixe. Le chasseur de têtes n’officie normalement que sur 3 niveaux : il dispose de son propre réseau, il ne s’adresse qu’au niveau supérieur des cadres ou des spécialistes et il débauche dans un but purement commercial. Ses honoraires varient entre 30 et 50%, et se montent parfois à une année de salaire du cadre ainsi débauché, surtout payables en partie d’avance. Nous ne sommes aucunement concurrents, on ne devrait même pas parler de complémentarité. Personne n’est formé chez nous pour ce type de contrat ; au mieux il s’agirait d’ un responsable chez Adecco qui aurait à disposition son propre réseau personnel et qui pourrait administrer ce type de candidat.
Comment la profession (parfois décriée comme un profiteur de la crise) réagit-elle aux aléas du marché du travail ?, les secteurs à la baisse/à la hausse ?
M. Wicky : Nous sommes évidemment très dépendants des aléas du marché, en tenant compte que, lorsqu’une crise commence, nous sommes les premiers touchés, car les travailleurs temporaires sont les premières victimes de la crise ; en cas de reprise, on assiste à l’effet inverse.
Il y a encore 10 ans, on peut dire qu’il y avait des cycles de renouvellement (de crise) de +-ou 7 ans. Ce cycle est en train de s’accélérer et je l’estime aujourd’hui à 3-4 ans. Nos clients sont principalement de petites et moyennes entreprises artisanales (90%). Elles ne sont aujourd’hui plus motivées à produire ou à développer leurs produits, mais plutôt à gérer leurs coûts. C’est cette gestion de coûts qui impose les suppressions des postes de travail tant décriées. La vraie baisse est à trouver de ce côté. L’artisan lui, va décrocher un gros chantier, à ce titre il embauche le nombre d’employés supplémentaires dont il a besoin durant le laps de temps nécessaire. Quand le chantier est terminé, il continue seul avec son fils, sa famille etc. et attend le prochain gros chantier. Les petites et moyennes entreprises artisanales nous procurent une certaine stabilité.
Les entreprises aujourd’hui sont moins motivées à produire ou à développer leurs produits, mais plutôt à gérer leurs coûts. C’est cette gestion de coûts qui impose les suppressions des postes de travail tant décriées.
Existe-t-il une concentration/regroupement des forces (rachat de concurrents) comme on peut en trouver dans d’autres secteurs par exemple la banque ?
M. Wicky : Oui, c’est comparable, auparavant il existait les société Adia et Ecco, qui ont donné après leur fusion Adecco. Nous rachetons aussi de plus petite structures en difficulté, mais dont le capital humain peut être intéressant à reprendre. Aujourd’hui, on peut estimer le nombre de sociétés de travail temporaire actives entre Genève et Nyon à 300. La profession n’est d’ailleurs pas assez exigeante en ce qui concerne les nouvelles sociétés créées sur le principe de base de la libre concurrence. Beaucoup d’ex-employés créent leur propre société, mais elles ne sont pas assez mises en garde notamment contre les problèmes de trésorerie liés à la profession. N’oublions pas que dans le cas du contrat de travail temporaire (90% de l’activité chez Adecco), l’agence rétribue directement les employés (parfois au jour le jour, à la semaine, ou suivant la demande ou l’accord) ; cela bien avant de se faire rétribuer elle-même par son client (paiement à 30 jours minimum). Ce simple service coutumier implique une trésorerie digne de ce nom. Pour les emplois générés en postes fixes (10%), elle implique par exemple au niveau de l’agence de Nyon, une personne entièrement dédiée à cette tâche et donne lieu à des notes d’honoraires.

Progression du nombre du nombre des étrangers en Suisse: 16% en 2000, 22% en 2011. Avec la libre circulation des personnes Schengen en 2006, il a beaucoup été question de dumping salarial… qu’en est-il vraiment ?
M. Wicky : Nous sommes effectivement en permanence accusés « d’importer » des travailleurs dans le but unique et inavouable de concurrencer les coûts de main-d’œuvre locale. Je réfute de la manière la plus véhémente cet aspect des choses pour les simples et bonnes raisons suivantes :
- C’est de manière générale l’offre et la demande qui régule d’office l’appel de la main-d’œuvre étrangère.
- Genève, et plus largement la Suisse Romande, ont toujours été pourvus d’un fort taux de main d’œuvre étrangère, ceci de manière traditionnelle depuis des décennies.
- En 85-90, le secteur du travail temporaire a tout simplement été contraint d’exclure les frontaliers et les étrangers domiciliés hors frontières de son processus de recrutement. Quand l’Etat se rend finalement compte que cette période correspond à l’une des plus fortes poussées migratoires que la Suisse ait connu, il lève enfin la mesure.
- Actuellement, notre travail est régi pour presque tous les corps de métier, par des conventions collectives étendues et subsidiairement par notre propre convention collective, étendue au 1er janvier de cette année et placée sous l’égide de notre association faîtière, Swissstaffing, et sous celle des principaux syndicats. Toute société de travail temporaire sérieuse est tenue de respecter ces engagements et ce serait suicidaire pour de se retrouver en infraction à ce niveau !
Malheureusement, comme dans tout secteur, nous ne sommes jamais à l’abri d’une brebis galeuse, mais elle n’est en tous les cas pas à trouver au sein des sociétés qui prennent à cœur le fait de respecter les règlements. Nous sommes très fréquemment contrôlés sous le précepte que si l’on découvre quelque chose d’illégal chez Adecco, cela voudra dire que toute la branche est contaminée. A l’inverse, quand nous suggérons d’aller contrôler d’autres sociétés, on nous rétorque que cela ne vaut pas la peine, car elles sont trop petites et donc pas assez représentatives….
La couleur de la peau, la religion, les hommes plutôt que les femmes, les femmes enceintes, qu’en est-il de la situation concernant la discrimination ?
M. Wicky : Nous avons au sein des sociétés de travail temporaire un code de déontologie qui nous empêche d’opérer la moindre discrimination. Ce serait toutefois de la langue de bois que de vous dire que nous n’avons pas de temps à autre, une demande en ce sens émanant d’ employeurs minoritaires. Nous essayons le plus rapidement possible d’éluder celle-ci, en invoquant qu’elle manque, pour le moins, de rigueur professionnelle.
Les demandeurs d’emploi peuvent avoir un sentiment d’exaspération vis-à-vis du cahier de charges d’un poste à pourvoir de plus en plus difficile, voire impossible à remplir ….les employeurs sont-ils de plus en plus exigeants ?
M. Wicky : Depuis une dizaine d’années, il est vrai que devant la multiplicité des différents métiers notamment liés aux nouvelles technologies, les demandes peuvent être plus étoffées. Par exemple dans le secteur commercial, si vous n’avez pas l’anglais aujourd’hui, vous devez faire une croix sur le job, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans. Mais dans les faits, elles ne le sont que très peu, les demandes sont surtout devenues plus précises et détaillées.
D’autre part, comme dans toute entreprise commerciale, le client peut avoir une tendance à demander « le mouton à 5 pattes » pour un salaire ne dépassant pas le salaire minimal, et c’est à nous de remettre notre client sur les rails d’une certaine réalité : tout travail mérite salaire et si les qualifications vont en augmentant, il est logique que le salaire suive…Rarement un dossier est refusé lorsque le budget est quelque peu dépassé. Prenons un exemple ; chez Adecco, il y a une multitude de directeurs régionaux comme moi, pas un seul d’entre nous n’a le même salaire ! Une fois que nous avons fait la connaissance du candidat et que ses qualités professionnelles et accessoirement sa personnalité nous sont connues , nous devenons par nature son meilleur ambassadeur, charge à nous d’expliquer son meilleur « rapport qualité/prix » à son futur employeur !
Une fois que nous avons fait la connaissance du candidat et que ses qualités professionnelles et accessoirement sa personnalité nous sont connues , nous devenons par nature son meilleur ambassadeur
Y- a-t-il un âge de candidat « idéal » ? Quelle est la raison du déni d’embauche pour les jeunes et les seniors ?
M. Wicky : Notre âge de « croisière » oscille entre 22 et 35 ans. Liée au manque d’expérience, une personne de 20 ans sera plus difficile à placer, mais aussi à cause des conventions de travail évoquées plus haut. Comme la convention de travail stipule un minimum salarial, le jeune en fin d’apprentissage et une personne avec 10 ans d’expérience se verraient proposer à peu près le même salaire, ce qui limite notre champ d’action.
Par contre, nous plaçons fréquemment des forces de travail de plus de 50 ans. Elles sont toutefois moins réceptives à la notion « temporaire » de leur futur contrat de travail évoquée précédemment. Elles ont moins d’expérience avec cette notion qui a repris une certaine vigueur. Parfois la personne arrive chez nous avec comme unique bagage l’ancienneté d’un seul employeur ; alors quand nous lui proposons un emploi « temporaire », elle peut se trouver désarçonnée et en situation de blocage. Au niveau de l’employeur, il nous est par contre assez facile de convaincre à propos des qualités du senior qui, même si à priori son 2ème pilier coûtera en salaire nominal 4 à 5% plus cher, il sera en compensation moins souvent absent ou malade, ce sera vraisemblablement son dernier emploi et sera donc prédisposé à une grande stabilité.
C. Hausmann : Tout ceci sans parler de l’expérience accrue du senior dont pourra bénéficier l’entreprise ; c’est très rare que l’entreprise refuse pour une simple question pécuniaire.
La proposition telle que F. Hollande en France l’a énoncé lors de sa campagne électorale, suppression de toute taxe patronale sur le salaire en cas d’embauche simultanée d’un jeune et d’un senior, serait-ce une bonne idée à importer en Suisse ?
M. Wicky : A priori je suis sceptique sur cette mesure. Toutefois, je comprends qu’en France, le chômage a atteint des limites difficilement supportables. Exonérées ou non, le fait est que les taxes patronales doivent être payées par quelqu’un, que ce soit l’employeur ou le contribuable ! La mesure dans ce cas précis, tend bien entendu à favoriser les catégories les plus touchées par le chômage.. …..dans le cas où cette mesure venait à être adoptée, je suis curieux d’en connaître les résultats sur le moyen et long terme.
Avez-vous un rôle social dans le travail temporaire ?
M. Wicky : Comme je vous l’ai indiqué précédemment, nous sommes une entreprise commerciale qui veut faire des affaires. Notre rôle social est celui de défendre autant les intérêts de toutes les parties, autant celles des candidats que celui des employeurs, car une bonne affaire reste celle qui arrange tout le monde. Nous devons toutefois porter attention de ne pas dériver vers un accroissement dans un rôle social, car ce n’est pas notre vocation et d’ailleurs, nous ne savons pas faire ce métier qui est dévolu principalement aux instances de l’Etat et des cantons.

