“Nous bâtissons des ponts entre des personnes et des projets qui nous tiennent à cœur” Reviewed by Fabio Lo Verso on . Sandra Mudronja, fondatrice de l'agence SMC&CO Pour s'imposer sur un marché très concurrentiel, les agences de communication indépendantes doivent se forger Sandra Mudronja, fondatrice de l'agence SMC&CO Pour s'imposer sur un marché très concurrentiel, les agences de communication indépendantes doivent se forger Rating:

“Nous bâtissons des ponts entre des personnes et des projets qui nous tiennent à cœur”

Sandra Mudronja, fondatrice de l’agence SMC&CO

Pour s’imposer sur un marché très concurrentiel, les agences de communication indépendantes doivent se forger une identité. SMC&CO “tire sa force des réseaux qu’elle développe constamment”, affirme sa fondatrice, Sandra Mudronja. L’aspect “relationnel” est ainsi mis en avant pour valoriser la fibre communicationnelle de cette jeune société.

Sandra Mudronja © Emmanuelle Bayart, 2012

En 2003, vous avez fondé votre agence de communication indépendante. Qu’est-ce qui vous a motivée à franchir le pas?

Sandra Mudronja: Le principal moteur a été la liberté de choisir des projets qui m’intéressaient. Mes clients sont issus de domaines pour lesquels je nourris un véritable intérêt et même une passion: la voile et l’art contemporain. Mon agence est chargée d’activités dans le domaine de la voile de compétition, en Suisse et à l’international, mais aussi dans le domaine de l’art contemporain, avec notamment un mandat important, celui du Quartier des Bains, une association regroupant quinze galeries et quatre institutions culturelles dont le but est l’encouragement et le rayonnement de l’art contemporain à Genève.

 

Par quelle voie avez-vous fait votre entrée dans le monde de la communication?

Par la voile. J’avais à mon actif un bon nombre de régates et de compétitions avant d’être engagée par Ernesto Bertarelli au tout début de son implication dans le cadre de la Coupe de l’America. J’ai été, pour ainsi dire, la première employée du team! Je me suis occupée de communication et j’ai fait partie du management jusqu’en 2002. L’année suivante, j’ai décidé de fonder mon agence. L’aventure d’Alinghi a été précieuse. Dans ce type de projet, il n’y a de place que pour l’excellence. Il m’a permis de développer des compétences dans plusieurs secteurs du métier de la communication et d’étoffer mon carnet d’adresses et mon réseau dans l’industrie nautique internationale.

 

Avez-vous suivi une formation en communication?

J’ai fait des études en sciences politiques à Genève puis un postgrade en anthropologie politique à l’Ecole normale supérieure de Paris. Je n’ai jamais suivi de cours en communication. J’ai appris le métier sur le tas.

 

Quelles sont les activités de votre agence?

Nous œuvrons dans plusieurs secteurs de la communication. Nous travaillons pour nos clients sur l’élaboration de concepts, d’idées, de stratégies, mais aussi de contenus, de messages et textes promotionnels, que ce soit par le biais de présentations, de brochures,  de communiqués de presse, de réseaux sociaux. Nous gérons ainsi leurs relations avec différents publics-cibles,  et surtout avec la presse et les médias. Ensuite, nous offrons nos services dans le cadre d’organisation d’événements, cocktails, soirées, etc. Enfin, une partie de notre travail consiste aussi à effectuer de la recherche de fonds ou de sponsoring. Ces activités sont liées par un objectif: positionner l’image de nos mandataires de la meilleure des manières possibles et leur apporter un maximum de visibilité. L’agence tire sa force des réseaux qu’elle développe constamment et de sa véritable curiosité intellectuelle pour les projets dans lesquels elle s’investit; nous bâtissons des ponts entre des personnes et des projets qui nous tiennent à cœur. Pour cette raison, je voyage souvent car je vais personnellement à la rencontre de nos clients et des personnes qui m’aideront à satisfaire leurs exigences.

 

Pouvez-vous donner des exemples de mandats que votre agence prend en charge?

Pour le Quartier des Bains par exemple, nous assurons la promotion et l’organisation des « Nuits des Bains », soirées durant lesquelles les galeries du quartier ouvrent leur portes au public et organisent des vernissages en commun. Plus de 3’000 personnes investissent les rues et visitent les galeries lors de cette manifestation qui se tient tous les troisièmes jeudis de mars, de mai et de septembre. Dans ce cadre, nous avons également organisé plusieurs soirées VIP, arty et branchées, soutenues par le champagne Ruinart. En ce qui concerne l’organisation d’événements, je citerais également volontiers la «Demolition Party» à l’occasion de la fermeture pour rénovation de l’Hôtel Le Richemond. Nous avons aussi élaboré des opérations de relations publiques pour  plusieurs banques privées de la place dans le cadre de compétitions véliques, sur le lac et en mer. En ce qui concerne la promotion de projets et de recherche de fonds, je suis par exemple en charge de la communication de la Multi One Attitude Foundation, nouveau projet lancé par le navigateur de renom Stève Ravussin, dont le but est de sensibiliser les gens au problème global de la préservation de l’eau.

 

Nuit des Bains, 15 septembre 2011© Olivier Vogelsang

 

Vous avez acquis vos compétences sur le tas. Que conseilleriez-vous à celles et ceux qui souhaiteraient ouvrir une agence indépendante de communication?

Je leur conseillerais de définir d’abord leurs points forts et leurs domaines de prédilection. Sont-elles ou sont-ils plutôt versé-e-s dans la rédaction de contenus ou le graphisme? Dans l’événementiel, le relationnel? Les agences de communication se démarquent surtout lorsqu’elles sont véritablement informées et intéressées par les activités de leurs clients. Je conseillerais également de ne pas avoir peur de choisir des domaines qui seraient identifiés comme des secteurs-niches.  C’est, en effet, le fait d’être très spécialisés, voire experts, qui nous rend forts.

 

Notre société est à la recherche de sens

Il est inhabituel qu’une agence de communication fasse la promotion de deux réalités aussi différentes que la voile et l’art contemporain. La passion que vous avez pour l’une et l’autre suffit-elle à créer des liens ces deux mondes?

Il est vrai qu’entre la voile et l’art contemporain, il faut souvent faire le grand écart, à plusieurs niveaux. En réalité, ces deux mondes ont un point en commun: ils sont le plus souvent soutenus par des mécènes ou des sponsors. Que serait l’art (ou le marché de l’art) sans des collectionneurs et des mécènes passionnés par les artistes et leur travail? Que serait la voile sans des sponsors ou des propriétaires en quête d’excellence et de beauté, sans leur passion pour la vitesse ou la technologie? A un moment donné, les acteurs de ces deux mondes doivent emprunter un langage économique, un langage qui n’obéit plus à leurs champs respectifs, et c’est ce langage que j’essaie de conjuguer et d’adapter à ces deux mondes, afin de monter des projets intéressants. D’autre part, d’une façon plus pratique, ce va-et-vient entre ces deux univers me permet d’apporter une pensée, des idées “out of the box”, comme disent les Anglo-Saxons, et c’est un atout incontestable.

 

Etes-vous personnellement aussi bien à l’aise dans l’art contemporain que dans la voile?

Lorsqu’il s’agit d’élaborer des contenus rédactionnels, pour l’art contemporain, je fais souvent appel à des spécialistes dans le domaine. Pour la voile, c’est en revanche moi qui rédige tous les textes, car je connais jusqu’au plus petit détail d’accastillage d’un bateau.

 

Faites-vous appel à des journalistes pour remplir vos missions?

Oui, plus précisément à des journalistes spécialisés, et pas seulement dans l’art contemporain. J’ai par exemple eu besoin de plumes journalistiques pour des thématiques liées à la préservation de l’eau, dans le cadre du mandat pour la fondation de Stève Ravussin.

 

Quels sont les défis auxquels le métier de la communication doit faire face aujourd’hui?

Nous vivons une période de crise qui influence inévitablement la manière de concevoir la communication. Je crois que «le concept pour le plaisir du concept», à savoir une communication qui s’arrêterait à la forme, à l’”enveloppe”, n’est plus en vogue. Notre société est à la recherche de sens, de contenus vrais, de création «sincère». Le métier doit intégrer cette nouvelle donne, et je trouve que c’est plutôt une bonne nouvelle.

 

La semaine dernière, nous vous présentions MaxComm Sàrl, spécialisée dans la création de “contenus rédactionnels”.

La semaine prochaine, le fondateur de Colegram SA, Julien Lance, mettra, lui, l’accent sur le profil “créatif” de son agence.

 

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