Caran d’Ache
21 janvier 2009 // 0 CommentairesLa rédaction de Geneva Business News a rencontré Madame Ghislaine Jacquemin, directrice des Ressources Humaines de la maison Caran d’Ache. Après dix ans d’activités, Madame Jacquemin fait figure de témoin privilégié de l’évolution de l’entreprise. Première femme membre de la direction, elle nous explique pourquoi le prix de l’industrie de la Chambre du Commerce décernée à la Haute Maison d’Ecriture le 9 octobre dernier est une reconnaissance pour leur travail d’équipe.

Ghislaine Jacquemin © GBNews
Madame Jacquemin vous êtes responsable du Département des ressources humaines, pouvez-vous nous parler de votre fonction et vos responsabilités à Caran d’Ache ?
Je suis entrée chez Caran d’Ache en 1999. J’ai été nommée sous-directrice en 2000, puis membre de la direction en 2001. Sous l’impulsion de Monsieur Silvio Laurenti, directeur dès 1999, nous avons réorganisé la structure, le travail, le système salarial, le dialogue et la motivation dans l’entreprise.
En quoi l’entreprise est-elle socialement responsable?
En 1970, soutenu par notre Président Jacques Hübscher, la société Caran d’Ache est membre fondateur du Service social inter-entreprises (SSIE). Depuis cette date, nous collaborons avec cette association. Celle-ci offre aux collaborateurs un service d’accompagnement des salariés confrontés à des difficultés personnelles ou professionnelles, en tenant compte de l’environnement et des contraintes de l’entreprise. Nous étions des précurseurs à l’époque. Par la suite, de grandes entreprises genevoises comme Rolex ont rejoint la SSIE. Nous y accordons toujours autant d’importance aujourd’hui.

© Caran d'Ache
Caran d’Ache est clairement engagée dans une politique de développement durable. Notre responsabilité est donc à la fois sociale, écologique et environnementale. Par exemple, pour ce qui concerne nos activités de production Couleur, Caran d’Ache est pour une grande partie de sa fabrication de crayons certifiée Forest Stewardship Council (FSC) et ce depuis 2005. Cette certification assure notamment que les producteurs replantent les arbres abattus mais s’assure aussi que le personnel ait une couverture sociale, des salaires adéquats, etc.
Pouvez-vous nous parler de la structure et des spécificités de l’entreprise ?
Caran d’Ache est une entreprise familiale. La majorité des actions est détenue par notre Président du Conseil d’administration, Monsieur Jacques Hübscher. D’un point de vue opérationnel, Philippe De Korodi a remplacé Silvio Laurenti à la tête de la direction depuis juillet de cette année.
Structurellement, nous parlons plutôt de hiérarchie horizontale chez Caran d’Ache, excepté pour la production. Ce département est davantage pyramidal étant donné la complexité des métiers qu’il nécessite.

Contrôle qualité © Caran d'Ache
Caran d’Ache est ancré dans la vie genevoise. Pouvez-vous nous parler de son histoire jusqu’à aujourd’hui?
Créée en 1884 par Arnold Schweitzer, l’entreprise se nommait Fabrication suisse de crayons. Pendant près de 100 ans, notre entreprise se situait aux Eaux-Vives, à la rue de la Terrassière. Avec sa grande cheminée au milieu du centre-ville, les genevois ne pouvaient pas nous ignorer !
De 50 personnes au début, Caran d’Ache a grandi jusqu’à compter environ 550 collaborateurs dans les années 80. En effet, les opérations manuelles à la production nécessitaient un important besoin en main d’œuvre. Nous comptions alors 70% de la main d’œuvre à la production contre 30% à l’administration. Le passage à l’automatisation dans les années 70 et 80 a considérablement modifié la structure de Caran d’Ache. Sur les 300 collaborateurs que compte l’entreprise aujourd’hui, 55% travaillent à la production et 45% à l’administration. La répartition entre les hommes et les femmes est de 53% contre 47%. Depuis le positionnement de Caran d’Ache dans le segment du luxe depuis cinq à dix ans, certains départements, comme le marketing, se sont agrandis et féminisé. Et nos produits aussi, c’est certain.
Quels sont les grands défis qu’une maison centenaire comme la vôtre doit relever aujourd’hui ?
Il faut savoir que nos coûts de production sont énormément plus élevés que nos concurrents en Chine ou en Amérique du Sud. Pour rester concurrentiel, nous devons donc sans cesse innover, et remettre nos acquis en question.
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