Lunajets
21 janvier 2009 // 0 CommentairesVoyager en jet privé a longtemps été le symbole du luxe suprême. Aujourd’hui l’aviation privée a su s’imposer comme un outil de management et de rationalisation du temps pour de nombreuses entreprises. Deuxième aéroport d’Europe après Paris-Le Bourget en terme de trafic, et hôte du plus grand Salon professionnel européen (EBACE), Genève est bien placée pour bénéficier du développement du secteur.
Deuxième aéroport d’Europe après Paris-Le Bourget en terme de trafic, et hôte du plus grand Salon professionnel européen (EBACE), Genève est bien placée pour bénéficier du développement du secteur. Pour preuve l’installation de Lunajets, dont le concept original permet tout à la fois d’augmenter la rentabilité d’un jet tout en démocratisant son utilisation. Le secret : exploiter les vols à vide. Eymeric Segard, CEO et co-fondateur de l’entreprise, nous en confie les détails.

Eymeric Segard, CEO & co-fondateur
© GBN
Lunajets se lance dans un nouveau créneau, celui des vols à vide. Qu’est-ce exactement ?
Imaginons une personne qui a affrété un avion privé pour un vol Genève-Rome et qui n’a pas besoin du retour Rome- Genève.
Cet avion basé à Genève va donc retourner à vide. Nous récupérons les informations auprès de nos opérateurs, sur ce vol à vide et les publions sur notre site internet (www.lunajets.com) en signifiant que cet avion est disponible. C’est ce que nous appelons le « Empty leg ». Nous avons créé cette société en mai 2008 et depuis notre base de données s’est considérablement développée avec 250 opérateurs nous donnant accès à leurs « empty legs » , ce qui nous permet d’augmenter notre activité.
Pourquoi vous être installé à Genève ?
Genève est aujourd’hui la capitale de l’aviation privée en Europe.
Genève est stratégique et nous bénéficions de l’image de sécurité véhiculée par l’aéroport de Genève-Cointrin. Sa taille modeste et unique par rapport aux six aéroports de Londres ainsi que sa proximité du centre ville sont des atouts importants.
Quels sont les avantages d’un vol avec Lunajets ?
Nous ciblons une clientèle voyageant en première classe ou en classe affaire, peut être un peu lassée de l’aviation commerciale et de ses contraintes actuelles (attente, fouille avancée, délais au décollage, récupération tardive des bagages…)
L’aviation privée n’a besoin de la présence de ses passagers que 15 minutes à l’avance ce qui entraîne un gain de temps et de confort. Les passagers bénéficient à bord d’un service très personnalisé et de haute qualité.

© ExecuJet
Comment fonctionnez-vous avec vos opérateurs ?
Notre cœur de métier est d’être intermédiaire entre les opérateurs et nos clients.
Pour bénéficier de nos vols, il suffit de s’inscrire gratuitement sur notre site en choisissant vos destinations préférées et nous vous prévenons dès qu’un vol vers cette destination est disponible, toujours dans un souci de service personnalisé envers nos clients.
Aujourd’hui, grâce à notre implantation stratégique à Genève, notre rayon d’action est européen mais nous avons prévu un plan d’expansion vers la côte est des Etats Unis ainsi que vers la Russie et le Moyen-Orient.
Quelle est votre concurrence actuellement ?
Aucune, sauf peut-être aux USA à la différence près que nous proposons des vols à prix fixes alors que la formule américaine utilise la formule style « e-bay » c’est-à-dire mettant aux enchères les propositions de vols à vide, avec en plus un droit d’annulation du vol par la compagnie si le montant des enchères ne couvre pas le déplacement.

© ExecuJet
Votre service est exclusif dans sa souplesse et sa personnalisation ?
Nous pouvons proposer des destinations même si elles ne sont pas finales.
Imaginons un client qui va de Genève à Olbia en Sardaigne, si j’ai un client additionnel qui veut atterrir à Figari dans le sud de la Corse, cela sera possible après accord du client initial en faisant un stop en Corse. Cela fera bien évidemment diminuer le coût pour chaque client avec une perte de temps minime.
Quels seront pour vous les avantages de l’expansion du terminal 3 de l’aéroport de Genève Cointrin ?
Certainement plus de place, mais l’influence sur l’augmentation de trafic ne me semble pas évidente.
Les possibilités de développement de créneau de décollage et d’atterrissage seront des opportunités plus intéressantes pour nous.
N’oublions pas que pour des raisons de nuisances sonores, l’aéroport de Genève Cointrin ferme ses portes pour l’aviation privée à 22 heures précises.
Quels sont vos techniques de recrutement ?
Nous avons pris 4 directions :
- Le webmaster a été recruté par un chasseur de tête.
- L’office cantonal de l’emploi (OCE) dans le cadre de l’accompagnement au retour à l’emploi (ARE) nous a mis à disposition un candidat que j’ai engagé définitivement à un poste opérationnel. L’OCE a financé le salaire de ce candidat à hauteur de 40 % pendant 6 mois.
- Une formule à laquelle nous sommes ouverts est celle des stages proposés par l’OCE.
- Et enfin par mon réseau personnel ainsi que les lettres spontanées.

© ExecuJet
Justement, que pensez-vous des lettres spontanées ?
Après avoir publié une offre d’emploi par le biais d’une annonce en ligne, j’ai reçu plus de 80 réponses ; malgré le travail d’analyse que celles-ci entraînent, nous nous sommes efforcés dans un souci de courtoisie de répondre à chacune.
L’offre spontanée démontre l’énergie d’une personne à faire la démarche de postuler spontanément et d’indiquer son intérêt personnel pour notre société. Dans le cadre d’une recherche de personnel, je prendrai en compte les dossiers de candidatures reçues au préalable. Quelque soit le moyen, je reste ouvert à tout type de proposition bien entendu en restant intransigeant sur certains paramètres essentiels dans notre domaine, comme l’anglais.
Ayant récemment initié Lunajets SA je suis plus prêt à choisir des personnes d’expérience rapidement opérationnelles.
Comment voyez-vous l’avenir de Lunajets ?
Vu la conjoncture actuelle, nous avons « réduit la voilure » mais cette situation nous amène à cibler de façon plus pointue notre clientèle sans avoir le besoin de faire du mass marketing.
Néanmoins, j’ambitionne dans un horizon de trois à cinq années à devenir le leader mondial en ouvrant des satellites par exemple à Dubaï, Moscou, New York, tout en gardant la maison mère à Genève pour les raisons que nous avons déjà évoquées, principalement le développement du terminal d’aviation privée.
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