Palais Mascotte

écrit par Arlette Czech   // 21 janvier 2009   // 0 Commentaires

Il est l’homme derrière la réouverture du lieu culte des nuits genevoises, le Palais Mascotte, mais aussi de nombreux autres lieux publics ancrés dans la mémoire des Genevois. Pour ce créateur d’entreprises, le succès est directement lié à une politique RH centrée sur l’humain: Interview de Jean-François Schlemmer, « serial entrepreneur ».

Palais Mascotte

Palais Mascotte © DR

Le Palais Mascotte est votre dernière aventure : un cabaret burlesque sur trois étages, est-ce pour mettre un peu d’optimisme dans la morosité ambiante ?

Optimisme, un mot clé dans mon existence! Je suis la preuve qu’un adolescent ayant fait le désespoir de parents éducateurs après son expulsion de l’Ecole Brechbühl peut devenir un créateur d’entreprises et offrir plus d’une centaine d’emplois! En offrant des emplois, j’offre aussi parfois une ultime chance de rebondir ou l’occasion de changer d’orientation. Je pense en particulier aux difficultés rencontrées en cours de carrière par les chefs de cuisine. Certains peuvent se révéler très perspicaces comme recruteurs de personnel de restauration. Il m’appartient donc de déceler les talents cachés. Assurer qualité et succès n’est pas chose aisée si l’on pense qu’à Genève la moitié des tenanciers et des employés sont des non-professionnels.

Le Chef du Palais Mascotte

Le Chef du Palais Mascotte © GBNews

 

Vous vous décrivez comme un self-made-man à quatorze ans déjà…

D’une curiosité dévorante, l’activité professionnelle m’intéressait beaucoup plus que n’importe quel système scolaire ; dès l’âge de dix ans, j’avais pris habitude de me rendre à l’atelier Casaï pour apprendre à métamorphoser un vélomoteur en véhicule supersonique. C’est sur de tels engins que j’ai livré, jusqu’à l’âge de 15 ans, les précieuses boîtes de cigares de la maison Davidoff où j’ai connu l’efficacité d’une vraie équipe formée à servir tout client avec la même déférence.

Puis, apprenti chez Naville, j’ai appris à me conformer aux pauses café minutées, mais, bien plus intéressant, j’avais là un terrain d’observation du principe de Peter. Avec des parents éducateurs et psychologues, ce concept m’était connu et le patron que je suis devenu l’a toujours présent à l’esprit.

Une autre de vos préoccupations majeures est la mise en adéquation d’un horaire selon la situation personnelle…

Il faut faire preuve d’imagination et de souplesse pour tailler un horaire sur mesure à un cuisinier élevant seul ses enfants ou pour équilibrer l’horaire du personnel quittant son lieu de travail à 5 heures du matin. Je suis soucieux du bien-être de mes employés et je m’efforce d’être impartial, imprégné que je suis par mon enfance au Domaine de Pierre-Gris où nous formions avec mes parents, la trentaine d’orphelins dont ils prenaient soin, l’équipe de professionnels, mon frère et ma sœur, une communauté de cinquante personnes. Cela laisse une empreinte!

Êtes-vous attentif à la satisfaction que vos employés peuvent éprouver dans l’exercice de leur profession ?

J’y veille constamment avec l’aide efficace des responsables des RH et de la comptabilité, Mme Régine Gorgerat et M. Bruno Maillet. Ce dernier, ancien chef de cuisine, assume le rôle du «méchant » lors d’entretiens d’embauche, alors que moi-même, fidèle à ma fibre sociale – pas toujours bonne conseillère en matière d’embauche – je consacre l’essentiel de mon énergie à la réalisation de mes fantasmes : la « renaturation » de lieux-cultes : l’Omnibus, le restaurant des Bastions, le bar du P’tit Casino, le Palais Mascotte, le restaurant du téléphérique du Salève et bien d’autres, encore en projet. Pour les mener au succès, je dois savoir déléguer, maître-mot du succès d’entreprise.

Pages : 1 2


Posts Similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *