Bernard Nicod, professionnel de l’immobilier

écrit par Klaudia Skopova   // 21 novembre 2011   // 0 Commentaires

«Je vis de passion et de défis»

 

Grand nom de l’immobilier en Suisse, l’homme d’affaires Bernard Nicod a toujours été à l’écoute de ses passions, prêt à relever tous les défis. Qui mieux que lui pouvait nous parler de la profession d’agent et de courtier immobilier ? Lors d’un entretien, il a bien voulu nous faire partager son parcours de businessman et nous donner quelques pistes pour se faire une place dans ce secteur d’activité.

La passion du commerce lui est venue quand il était enfant, en collectionnant les billes. Bernard Nicod a toujours  été fasciné par le commerce. « J’étais le plus grand propriétaire de billes de mon école. J’ai même voulu organiser  une loterie, mais la maîtresse me l’a interdit.»

 

© D.R.

Le sens des affaires

Le lieu  magique de son enfance ? Le grand magasin lausannois L’Innovation, où il entrait « comme on entre en religion. Pour moi c’était le temple du commerce, un vrai  monument,  le Harrod’s  lausannois. Ils  y  vendaient toutes sortes d’articles. A 17 ans,  j’ai emprunté de l’argent  pour acheter la collection des soldats en plomb de Tritcheri, richissime ami de Juan Domingo Péron. Il y avait plus de 3000 soldats en plomb pour 50’000 francs. Je les ai revendus beaucoup plus cher en Angleterre. Le gain était substantiel.»

Lorsqu’il poursuit ses études au Collège de St-Maurice (VS), il peaufine son apprentissage du business, «ce qui m’excitait beaucoup plus que les cours, précise-t-il. J’ai pris goût à la vie dès le moment  où je me suis déterminé ! »

Grâce à une connaissance vivant en Californie, il importe des chemises américaines, multicolores et munies de boutons, par lots de 100 afin de les vendre aux autres internes. « J’achetais également des chaussures italiennes que je leur prêtais  le vendredi soir ; ils n’avaient toutefois pas le droit de les chausser. Durant le week-end, ils les montraient à leurs copines. Ils pouvaient alors me les acheter dès leur retour à l’internat, le dimanche soir. J’avais de  nombreux  billets  dans mes poches et je ne me souciais guère des cours du lendemain. »

Après l’obtention de sa maturité,  il s’oriente vers les HEC  à l’université de Lausanne où il étudie la gestion économique. Bernard Nicod ajoute à ses études l’école militaire. «A l’école de recrue, j’ai appris tout d’abord  à aimer  mon pays. J’ai ensuite appris à connaître des hommes, à les commander et à les apprécier. Cette école d’efforts m’a aguerri et endurci. Elle m’a appris à me battre, à avancer et à me surpasser, ce qui est la définition même du manager! C’est ainsi que j’ai découvert ma vocation pour le business. J’étais le mouton noir de ma famille, où l’on est médecin de père en fils.»

Lorsque, dans les années cinquante, ses parents font construire une villa au bord du lac, le tout jeune Bernard Nicod est alors fasciné par l’architecte Perrele. «Le chef de la construction, c’était lui. Un monsieur moustachu donnait des ordres, et les ouvriers s’exécutaient. Il donnait des directives sur les matériaux, les couleurs… et la maison prenait forme. Pour mes yeux de petit garçon, c’était un peu le seigneur.  Dès cette première expérience, le monde de la construction ne me laissa pas indifférent. »

© D.R.

 

Un jeune stagiaire ambitieux

A l’âge adulte, c’est à grande échelle que Bernard Nicod va concrétiser son intérêt pour la vente et le business, en se lançant dans l’immobilier. «Pour moi, c’est une véritable vocation, un don de Dieu que je mets tout simplement en pratique.»

En 1975,  il débute sa vie professionnelle comme stagiaire au sein de la régie lausannoise Nafilyan, où il va conclure sa première affaire en trouvant un acquéreur pour un immeuble resté longtemps invendu. «J’étais stagiaire chez un gentleman arménien de l’immobilier, le Dr. Ferid Nafilyan. C’était un grand monsieur, un homme très cultivé, très intelligent, qui me considérait comme son fils. Je  bouillonnais d’idées, je ne tenais pas en place, j’étais totalement passionné par mon activité.»

Constatant la mollesse du directeur des ventes, Bernard Nicod demande alors à son patron de le placer dans ce service. En  guise de défi, on lui confie le dossier d’un immeuble qui ne se vendait pas depuis deux ans et demi. « J’ai alors convoqué huit jolies copines et leur ai donné à chacune un appareil téléphonique. Elles ont appelé tout le canton de Vaud jusqu’à ce qu’on trouve un acheteur. Finalement, une dame a acheté l’immeuble.  Quand mon directeur m’a demandé comment j’avais fait, je lui ai simplement répondu: je me suis battu.» Les ventes passent alors de 8 millions à 56 millions par an, et, de stagiaire, Bernard Nicod devient associé.

 

A 28 ans, une entreprise à son nom

En 1979, Bernard Nicod crée sa propre entreprise, Nicod et Perret, qui doit bientôt être rebaptisée quand son associé part à la retraite. « Alors que je cherchais une nouvelle raison sociale, un client, grand homme de l’immobilier vaudois, ma dit: vous avez un beau nom et, à votre âge – j’avais 28 ans – vous vous êtes déjà fait un nom : le nom de votre entreprise est donc tout trouvé. »

A la même période, Bernard Nicod fait ses examens de courtier. «Il existait alors une patente cantonale, la plus difficile à obtenir, et une patente fédérale. Les examens étaient dirigés par des concurrents. Quant à moi, j’étais craint». Malgré de mauvais résultats à l’oral, il réussit brillamment les examens écrits et obtient sa patente de courtier. «J’ai très vite ouvert mon premier bureau à Montreux, puis un autre à Morges, puis d’autres encore.» A la patente cantonale, il ajoute la patente fédérale. «Et j’ai démarré comme une fusée.»

Actuellement, Bernard Nicod dispose de douze bureaux, uniquement en Suisse Romande. Il a construit 447 immeubles et a transformé 138 immeubles.

 

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