Edelweiss
1 juin 2011 // 0 CommentairesRédactrice en chef de « Edelweiss », Laurence Desbordes nous parle du magazine féminin et de mode que son équipe et elle concoctent chaque mois afin de nous faire partager les tendances de la cité et une façon de vivre avant tout suisse, et suisse romande!

© Catherine Ferret pour GBnews

Laurence Desbordes
© Catherine Ferret pour GBnews
Comment et quand est né votre magazine?
« Edelweiss » est né il y a13 ans. Le tout premier magazine a vu le jour en octobre 1998 exactement.
Par qui est financé votre magazine?
« Edelweiss » est la propriété du groupe Ringier qui finance donc le magazine.
« Edelweiss » est un magazine mensuel, comment s’organisent vos sessions de travail sur un mois?
Nous parlons en « semaines » non consécutives et non en « mois ». 4 semaines sont consacrées à une parution: la première séance de rédaction se déroule deux mois et demi avant la parution d’un magazine. Chaque journaliste a sa propre rubrique mais doit se charger également de la rédaction d’autres articles, qu’il choisit. Deuxième étape : un mois avant la parution, chacun me fait parvenir ses articles et photos. Là , les choix sont finalisés. Puis 15 jours avant la date butoir le magazine est envoyé à l’imprimerie.
Nous travaillons donc toujours à cheval sur deux éditions en même temps, celle qui est sur le point de sortir et celle qui sortira le mois suivant.
Vous ne faites pas de reportages sociaux, politiques ou engagés contrairement à bon nombre de magazines de mode, pourquoi ce choix?
Nous faisons des reportages, par exemple ce au mois de mai nous avons fait une enquête sur les coulisses du ballet Béjart. En dehors de ce type de reportages nous n’avons pas de messages à délivrer. Nous ne sommes pas dans la lutte féministe ou féminine. Le but de notre magazine est de faire rêver et il y a d’autres magazines en Suisse Romande qui s’occupent de ce type de reportages sociaux, comme le journal «Fémina» ou l’«Emilie». Edelweiss se veut chic et glamour. Nous voulons faire rêver les gens et les faire sortir d’une actualité pas toujours très gaie. Si on commence à parler de sujets trop sensibles on est hors cible.
De manière générale qu’est ce qui fait la différence entre votre magazine et un autre magazine de mode? Quels sont vos points forts?
On reste quand même un mensuel féminin, pas seulement un magazine de mode comme l’est « Vogue », par exemple. Chez « Edelweiss » on parle avant tout d’un univers féminin et on porte également un regard pertinent, et féminin, sur les évènements qui se déroulent en Suisse Romande! Quant au point fort de notre magazine c’est le ton. Un ton qu’il n’y a pas ailleurs. On ne copie pas la presse française. On fait de la proximité. On parle de ce qu’il se passe ici, au niveau de la mode, de la beauté. Il y a tant de talents, de marques qui naissent en Suisse- beaucoup sont d’ailleurs des initiatives féminines- alors on ne va pas dire à nos lecteurs « regardez ce qu’il se passe à Paris ! ». Non, notre volonté est de dire « Regardez les choses géniales qu’il y a autour de vous ! »
Quelle est la différence entre votre magazine presse et votre magazine on-line?
Pour l’instant nous faisons avant tout du portage. C’est-à -dire que le jour o๠« Edelweiss » sort en kiosque nous mettons en ligne 3 ou 4 sujets que nous avons traités dans le magazine. Par la suite nous ajoutons 2 ou 3 news par jour. Cela devrait changer en octobre prochain car nous développerons notre magazine on-line.

© Catherine Ferret pour GBnews
Quel public est visé?
Notre cible est la femme de 25 à 35 ans. C’est une universitaire-citadine, pas forcément célibataire, ni seule. Mais c’est une femme qui a envie de voir ce qu’il se passe autour d’elle et qui ne reste pas centrée sur sa vie de famille, même si elle a des enfants. Comme vous pourrez le constater on ne parle pas des enfants dans notre magazine.
Il m’a semblé avoir vu aussi une édition masculine!
Oui, « Edelweiss » a aussi une édition consacrée aux hommes qui s’appelle « Edelweissmen » mais celle-ci paraît tous les 6 mois en plus de l’édition d’ « Edelweiss » !
Vous exportez-vous?
Non, Nous ne nous occupons pas d’exporter le magazine pour l’instant. En général les Suisses présents à l’étranger et intéressés par « Edelweiss » sont des abonnés. A Paris, par exemple, nous aurons peut-être bientôt notre magazine présent dans une librairie du quartier du Marais mais cette visibilité sera plus une carte de visite que du merchandising.
Quel serait votre magazine frère-spirituel?
Nous avons eu à une époque le magazine « Jalouse ». Nous nous en sommes inspirés, imprégnés. D’ailleurs l’ancienne maquette de notre magazine avait été réalisée par les concepteurs de la maquette de « Jalouse ». Mais aujourd’hui je pourrai dire que nous avons notre propre ton et identité. Et à ma connaissance « Edelweiss » ne ressemble à aucun autre magazine.
Comment recrutez-vous, par quel biais ? Réseaux, agences, écoles?
Nous ne recrutons jamais par le biais d’agences. Par réseau, oui évidemment, si quelqu’un que je connais me dit : « Un tel est vraiment bon »¦ », cela peut s’avérer intéressant. Mais la plupart du temps le recrutement se fait par le biais des candidatures hors norme que j’ai reçues et qui ont retenu mon attention. En ce moment notre équipe est complète. Nous ne recrutons pas.
Quelles sont vos exigences ou critères quant au recrutement de vos futurs collaborateurs?
Nous avons besoin ici de journalistes ayant une excellente culture générale et possédant une très bonne capacité rédactionnelle. Ils doivent s’intéresser non seulement à la mode mais également à la culture actuelle sous toutes ses

© Catherine Ferret pour GBnews
formes. Un collaborateur « type devra être familiarisé avec les termes de la mode et de la beauté, il doit être pluridisciplinaire et son style doit correspondre à l’esprit d’ « Edelweiss ». Soit c’est une stagiaire qui devra me montrer ce dont elle est capable, soit c’est un RP (inscrit au registre professionnel) qui a déjà une expérience significative. Et on aménagera le programme de travail de ce nouveau collaborateur en fonction de ses affinités par rapport aux différentes rubriques. Mais l’écriture c’est comme l’image de la société, c’est très important, et donc cette personne doit extrêmement bien écrire!
Faites- vous appel parfois à des intervenants extérieurs? Prenez-vous des stagiaires, pigistes ou photographes ? Quelle formation donnez-vous à vos collaborateurs, vos employés?
Bien sûr nous prenons des stagiaires, mais pour les garder par la suite. Ces stagiaires sont issus du C.R.F.J (Centre Romand de Formations des Journalistes). Ils doivent suivre neuf semaines de cours sur les deux ans de stage au sein de la rédaction. Et il y a aussi toujours la possibilité d’une formation continue, d’assister à des cours professionnels au C.R.F.J pour compléter leur formation de base. Concernant les pigistes, nous n’en n’engageons pas car nous sommes suffisamment nombreux ici pour rédiger nos articles. Quant aux photographes, ils sont recrutés par la rédactrice en chef du service photo qui se charge d’en mandater pour les différents reportages et rubriques.
Est-ce un métier stressant? Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de l’édition d’un magazine?
Bien sûr nous avons un certain stress mais quand même moindre par rapport à la presse quotidienne. Les inquiétudes sont liées à la sortie du magazine et aux impondérables. Mais jusqu’ici tout s’est bien passé. Et le timing par rapport à l’imprimerie, bien sûr, c’est LA contrainte, de même que s’assurer que les articles soient rendus par les journalistes dans les temps.
Quel est votre rôle en tant que rédactrice en chef?
En général mon rôle consiste à proposer ou choisir les sujets des articles, et superviser. Mais à « Edelweiss » l’équipe est très inspirée et il s’agit plus de freiner les journalistes. Il faut également relire tous les textes, revoir la maquette avant parution, avoir une vision d’ensemble. Aussi il faut gérer une équipe et les rapports d’égo qui peuvent surgir. Enfin il y a l’aspect administratif qui représente 30 % du travail.
Comment voudriez-vous voir évoluer votre magazine?
Le magazine ne cesse d’évoluer puisque nous avons changé trois fois de maquette en treize ans d’existence! La dernière mouture date d’avril 2011. Mais nous ne nous reposons pas sur nos acquis. Et je dirais qu’il n’est pas question d’évolution mais d’une perpétuelle remise en question.

© Catherine Ferret pour GBnews
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