Genilem ou l’aide à la création de 250 entreprises en 15 ans

écrit par GBNews-Reporters   // 1 novembre 2010   // 0 Commentaires

Genilem, association à but non lucratif, a pour mission de favoriser la création d’entreprises innovantes dans tous domaines, via un diagnostic, des conseils et une assistance au démarrage. Fondé en 1995, Genilem s’active pour le renouveau de l’économie suisse en contribuant à générer des emplois et des activités de croissance.

Chaque mois se tient un « coup-de-pouce et Grill » où le jury de Genilem pose un diagnostic à au moins quatre porteurs de projets présélectionnés. Actuellement, Genilem Vaud-Genève accompagne 32 entreprises et quelques 400 porteurs de projets qui les ont sollicités depuis janvier 2010.

Genilem, présent dans plusieurs cantons et aussi au Burkina-Faso, Algérie et Mali, est composé de 25 employés, sans compter le personnel à temps partiel. Le comité de sélection constitué d’un jury d’une quinzaine de personnes, tous bénévoles, déterminent avec le Conseil quels sont les projets retenus. Genilem est financé par les contributions de ses parrains: entreprises, institutions, communes (collectivités publiques) et Etats (pouvoirs publics).

Par Diane Jeanmairet et Anne-Catherine Armbruster

 

Rencontre avec le fondateur et Président d’honneur de Genilem, Monsieur Armand Lombard.

Armand Lombard de Genilem
Armand Lombard, Président d’honneur
© Diane Jeanmairet & Claudine Jurmann pour GBNews

D’où vient le nom Genilem?

Au début, nous cherchions avec les fondateurs un nom. Monsieur Jean-Philipe de Tolédo, conseiller municipal du parti radical, voulait l’appeler « Génération, Innovation » qui symbolise le fait que nous nous adressons à la génération qui veut bien innover. Quelqu’un de notre groupe trouvait que GEN faisait trop prétentieux, parce que GENI faisait penser à « génie » et nous y avons ajouté LEM.

Certains pensaient que « lem » avait une connotation trop lémanique, comme nous avions commencé par Vaud et Genève. Mais, il fallait trouver un nom qui sonne et qui rappelle les innovations émergentes. Un jour, un monsieur m’appelle et me dit « C’est fantastique Genilem, c’est le LEM qui est allé sur la Lune, c’est très joli ». Depuis, c’est devenu Genilem. Pour rappel, le module lunaire ou LEM (pour Lunar Excursion Module) est le véhicule spatial utilisé dans le cadre du programme spatial américain Apollo (1961-1972) pour débarquer des hommes sur la Lune.

En deux minutes, qui êtes-vous Monsieur Lombard?

J’ai fondé Genilem. J’ai travaillé longtemps dans une banque privée dont vous pouvez deviner le nom et j’avais envie en voyant le travail fourni à la clientèle, qu’était la gestion de leurs fortunes, de passer leurs titres en actions. Je me suis dit qu’ils aimeraient peut-être financer des projets ou participer à des entreprises plus personnalisées que Nestlé ou qu’une Microsoft dont on ne va jamais pouvoir approcher directement le Président ou le directeur général. Je voulais mettre à la disposition de petits entrepreneurs les portefeuilles de mes clients.

Après de longues discussions, je me suis aperçu que ce n’était pas possible au sein de la Banque et j’ai pris la décision d’en sortir. J’ai pensé créer Genilem qui allait à la rencontre de ces petites entreprises en démarrage. Il fallait bien leur offrir quelque chose pour mettre une entreprise sur pied (il ne faut pas oublier que Genilem est une entreprise). J’ai eu la chance de rencontrer une dame, Anne Saudamm, qui était en train de monter exactement la même entreprise. On a alors fondé cette entreprise ensemble en partageant les mêmes idées. Nous avons eu un coup de chance fantastique !

J’ai été sollicité par la télévision pour commenter le projet de deux jeunes entreprises qui se présentaient. C’était lors du téléjournal en 1995-96. J’ai fait ma petite évaluation à la TV et dans les deux mois, nous avons eu plus de 80 demandes. Genilem était à peine en formation. J’avais dû donner mon avis sur une petite entreprise de camionneurs internationaux. Suite à cela,nous avons eu plus de 25 demandes de camionneurs qui voulaient créer leur entreprise. C’était absolument fantastique et c’est ainsi que Genilem a démarré.

Au bout de quelques mois, nous étions quelques-uns et très rapidement nous avons trouvé les fonds auprès de grandes entreprises existantes de la région genevoise, prêtes à parrainer et à investir dans Genilem. Bien sûr, c’était parrainer parce qu’ils ne gagnaient pas un sou. Le seul gain qu’ils retrouvent dans l’investissement de Genilem, c’est une image. Ils la retrouvent beaucoup plus en interne, en disant à leurs salariés « vous voyez, c’est Genilem qui soutient le démarrage de notre entreprise ». En revanche, ils ne se retrouvent jamais en fonds, parce qu’ils n’en retirent aucun bénéfices. Les coûts sont minimes. Il n’y a pas de revenus immédiats, c’est un financement aux entreprises par tiers, dont les sources sont : un tiers avec les parrainages d’entreprises et le sponsoring, un tiers venant d’une institution privée/ chambre de commerce, syndicats patronaux ou la banque cantonale et un tiers de l’Etat. Mais avec l’exclusion de plus de 35%.Dans les cas où le montant dépasse, c’est très difficile d’être une entreprise privée et d’être trop subventionnée par l’Etat.

Armand Lombard de Genilem
Armand Lombard
© Diane Jeanmairet & Claudine Jurmann pour GBNews

Quels sont les critères de sélection des projets retenus (taille, idée, place sur le marché)?

Il faut que les projets soient innovants et possèdent une énergie redoutable. Ils doivent pouvoir s’auto-financer pendant 2 à 3 ans le temps que les marges générées par le chiffre d’affaire venant de leur production, soient suffisantes pour les faire vivre et leur payer un salaire. Donc il faut une énergie, un courage, beaucoup de temps, un moral d’acier et surtout de l’innovation. L’entreprise doit pouvoir absolument subsister seule pendant un certain temps, parce que Genilem ne leur verse pas un centime. Genilem les conseille en étudiant le concept gratuitement pendant les 3 premières années. Statistiquement, 90% des entreprises qui ont commencé avec nous, sont toujours en vie au bout de 3 ans et c’est un bon taux.

Comment se passe concrètement la sélection des projets?

L’encadrement proposé par Genilem n’est pas compliqué, c’est assez intensif pendant les trois premiers mois pour que le jeune entrepreneur mette en place son plan d’affaires. C’est à lui d’écrire, de réfléchir et de bien décrire son projet. Notre encadrement est très important, mais nous avons été surpris parce qu’il est plus gros que ce que l’on croyait. Le candidat ensuite se présente devant le comité de sélection.

C’est très éprouvant, c’est un dur quart d’heure. Le candidat se présente devant 12 à 15 chefs d’entreprises. C’est assez impressionnant surtout pour ces jeunes gens qui sont littéralement décomposés. Ils sont préparés par leurs coachs, les gestionnaires de Genilem. Le jeune candidat est averti que le moment pourrait être très difficile. Nous avons un sablier : durant 15 minutes nous lui posons des questions. Ensuite, il sort de la salle le temps que nous délibérions pendant 15 minutes. Nous applaudissons si le projet est accepté ou nous prenons congé. La deuxième phase de l’encadrement qui est importante consiste à lui transmettre ce qui a été dit lors de la délibération avec les membres du jury, les chefs d’entreprises.

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