Genilem ou l’aide à la création de 250 entreprises en 15 ans
1 novembre 2010 // 0 CommentairesQu’est ce qu’un créateur d’entreprise?
C’est quelqu’un qui veut créer son entreprise et des emplois, qui veut faire quelque chose de sa vie. C’est aussi une personne qui désire gérer son temps et qui pense que, c’est important pour l’économie. Cette personne a une idée folle ou innovante et désire aller au bout de son idée, de son rêve en le concrétisant. Les facteurs importants à prendre en compte sont l’argent, les emplois et l’énergie innovante. Ce doit être une personne qui a une énergie suffisante pour tenir sur la durée. Nous voyons très vite si la personne a le punch. C’est ennuyeux quand la personne est « entre deux ».

Armand Lombard
© Diane Jeanmairet & Claudine Jurmann pour GBNews
Une personne à qui vous refusez l’accompagnement peut-elle se représenter?
Non. La présentation n’a lieu qu’une seule fois. L’expérience n’est pas du tout facile, c’est très éprouvant.
Un monsieur de plus de 40 ans peut se présenter?
Bien-sûr. C’est souvent des 30 -35 ans, voire même 60 ans, des personnes qui arrivent à la retraite et qui ont un projet.
Une personne désirant monter son entreprise a repéré un lieu. Faites-vous le déplacement?
Non, ce n’est pas l’objectif de Genilem de lui dire que le loyer est trop cher ou qu’il est mal situé. On ne rentre pas en matière. Genilem, bien sûr, va regarder avec lui son budget, son fonctionnement. Nous allons nous occuper de son loyer uniquement, parce que ça fait partie des comptes.
Est-ce que vous faites le déplacement une fois l’entreprise constituée?
Oui bien sûr, c’est absolument nécessaire. Nous voulons voir comment l’entreprise est installée et quelle est sa personnalité une fois ouverte. Ceci nous permet d’évaluer si elle est dynamique ou complètement empesée, par exemple.
Il y a deux projets que je regrette de ne pas avoir eu le temps d’aller voir sur place : « BFC bières » des Franches Montagnes dans le Jura et « Flyer », les vélos, mais le déplacement se faisait sur une heure et demie et c’était trop loin. Le suivi s’est effectué par nos antennes du canton.
Combien d’entreprises ont été créées depuis 1995?
250 à 300 entreprises. Normalement une par 100’000 habitants par année. Il y a deux millions d’habitants en Suisse Romande, donc il en aurait fallu 21 par an au bout de15 ans. Nous en sommes à 250 au total.
Est-ce qu’il y a un domaine de prédilection?
Non absolument pas, mais il y a un domaine qui ne se porte pas bien c’est celui des hautes technologies, parce qu’ils ont besoin de beaucoup d’argent. Ce sont des groupes de chercheurs très sophistiqués. Ils travaillent en équipe de dix, ils demandent au moins 1 million par an. Ils ont besoin de travailler 10 ans pour sortir un produit dont en tout cas 7 à 8 ans où ils ne sortiront aucun produit. Donc, Genilem devrait assurer le financement et ce n’est pas possible. Seule exception faite pour Eclosion qui est un modèle de réussite.

Armand Lombard
© Diane Jeanmairet & Claudine Jurmann pour GBNews
Le jury qui sélectionne un projet travaille dans quel domaine?
Ce sont des entrepreneurs, des chefs d’entreprises. Pour les comités de sélection, et ce sont tous des bénévoles, les entreprises ne nous délèguent pas leur numéro deux. J’insiste pour que ce soit le patron qui se déplace pour informer la personne désireuse de monter son entreprise. Surtout quand l’entreprise est petite, parce que le patron connaît bien les problèmes et c’est lui qui s’engage auprès de Genilem. C’est le patron de l’entreprise qui est au courant des salaires, de faire une étude du marché et de régler parfois un conflit entre les employés, etc.
Nous avons une série de bénévoles. Je ne peux pas être précis sur le nombre de bénévoles à Genilem, il y a beaucoup de temps partiel. Dans mon réseau, mon comité est composé de trois à quatre dames à temps partiel et c’est très intéressant. Quand nous sommes plusieurs, le conflit et le dialogue s’ouvrent entre nous et c’est beaucoup plus diversifié. J’aime beaucoup!
Genève est-elle suffisamment dynamique par rapport à la création d’entreprises et les opportunités en termes d’emplois?
En matière d’innovation, ça vient de tous les coins, parce que ça ne dépend pas de l’Etat, ça ne dépend en fait de personne, mais de l’esprit ouvert de chacun, du plus jeune au plus vieux. La moyenne d’âge des personnes voulant créer leur entreprise est de 30 à 35 ans. D’abord, ils ont commencé un métier. Ils s’aperçoivent que ce métier les tue, que petit à petit ils ont pu se créer une petite épargne et qu’ils vont pouvoir tenir les 3 ans de démarrage. Ce sont des personnes qui bouillonnent et qui ont une certaine réflexion. Bien souvent, ils sont mariés avec des enfants et se rendent compte qu’ils doivent ramener de l’argent à la maison.
Ceux qui veulent monter leur entreprise évoluent. D’ailleurs, la mentalité a beaucoup évolué à Genève. Nous rentrons dans le domaine de l’environnement, les fruits, les légumes frais, bios. C’est innovant pour la société de créer son entreprise et de faire travailler des gens avec profit. A ce sujet, il existe une clause Genilem : le jeune entrepreneur s’engage à créer deux postes par année dans son entreprise.

© GENILEM
Y-a-t-il davantage de création d’entreprises pendant la crise ou plus de jeunes voulant démarrer leurs entreprises avec la conjoncture actuelle?
On aurait pensé qu’il y en aurait eu davantage avec les chômeurs en augmentation, mais nous n’avons pas vu de changement. Un jeune entrepreneur arrive toujours à se faufiler parmi toutes les difficultés et cherche les solutions aux problèmes, indépendamment des boums économiques.
J’essaie de dépasser le rythme d’une entreprise pour 100’000 habitants et de passer à 1,2 mais je vois que les gestionnaires ont beaucoup de peine. Non je ne pense pas, même si l’Etat et l’instruction publique font beaucoup pour nous soutenir.
Désormais, nous avons créé avec le département de l’instruction publique un prix pour monter son entreprise, parce qu’il est intéressant de stimuler les gens.
Quels sont les domaines futurs ? Est-ce qu’il y aura selon vous des nouveaux Business Modèles par rapport à la responsabilité sociale des entreprises émergentes?
Oui il faut que ça change ! Tant mieux si ça change, aujourd’hui il faut de la productivité et gagner de l’argent ! C’est l’objectif de la société.
Nous avons créé un label « Vert durable», label Genilem, que l’on va gratifier. Il repose sur l’entreprise future et sa réussite à long terme. Il faut que l’entreprise tourne, apporte de l’argent, qu’elle crée des emplois et applique une distribution équitable.
Les investisseurs voudront soutenir une entreprise qui a de l’impact. Un investisseur doit pouvoir raconter une histoire, quelque chose de très réaliste qui permette un rendement très large. L’impact est très important; il faut avoir un impact sur l’économie réelle !
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