Janet Gomez ou une nouvelle lumière sur l’alimentation
14 février 2012 // 0 CommentairesD’origine nigérienne et guyanaise, née en Angleterre, Janet Gomez est arrivée à Genève pour travailler comme traductrice auprès d’une organisation internationale. En 2004, elle fonde Nutri-Jyoti. A la fois thérapeute diplômée en nutrition naturopathique, conseillère en nutrition ayurvédique et végétarienne, praticienne de Reiki, professeur de Yoga et auteur, elle offre toutes ses ressources aux personnes en quête de bien-être.
Portrait d’une femme charismatique aux milles facettes.
Pouvez-vous nous expliquer votre parcours et nous raconter comment est né votre intérêt pour l’Ayurvéda?
Lorsque je suis arrivée en Suisse, il y a plus de dix ans, j’ai entrepris une formation en Reiki. Ensuite, ayant toujours eu un intérêt pour la nutrition, je suis rentrée en Angleterre pour y suivre une formation de nutrition naturopathique. J’ai connu par la suite l’Ayurvéda à travers l’organisation Sivananda, qui a un centre à Genève, où je suivais des cours de yoga. En 2003, j’ai suivi leur programme de nutrition ayurvédique qui consistait en un stage avec de la pratique, contrairement à la formation suivie en Angleterre, plus théorique.
En 2007, j’ai poursuivi une formation pour devenir professeur de yoga. Au cours de ma pratique, je me suis rendu compte que l’enseignement était une bonne méthode d’approfondissement et un moyen de m’obliger à maintenir un niveau de performance exigeant. Chaque année, je suis des formations continues dans ces domaines. L’année dernière, j’ai décidé d’aller en Grèce pour suivre une formation de massage thaï, surnommé « le yoga des paresseux ». L’été prochain, j’irai aux Etats-Unis pour rencontrer un praticien ayurvédique afin d’apprendre à analyser le pouls selon la méthode de cette médecine ancestrale.
Dans mes activités, j’ai la chance d’apprendre des autres au quotidien. Toute personne qui vient me voir m’apporte des éléments enrichissants.
Vous avez fondé Nutri-Jyoti en 2004. Comment décririez-vous ses activités et son but ?
Nutri vient de nutrition et Jyoti de mon nom spirituel qui signifie « lumière » ou « flamme » en sanskrit. Mon idée était de susciter un intérêt pour la nourriture et le bien-être chez les gens. Il ne s’agit pas uniquement de nourriture pour le corps. Les méthodes que j’ai apprises vont beaucoup plus loin : elles permettent aussi de nourrir l’émotionnel, le mental et le spirituel. Ces approches de la nutrition me fascinent !
Concernant les activités de Nutri-Jyoti, elles ont bien sûr évolué au cours des années. J’offre depuis toujours des cours de cuisine, car c’est ce qui intéresse la plupart des gens, ainsi que des consultations individuelles. En annexe, j’ai proposé des ateliers et des brunchs pour des personnes qui n’étaient pas forcément désireuses d’apprendre des techniques de cuisine mais qui souhaitaient découvrir les principes de cette façon de s’alimenter.
Dernièrement, j’ai eu l’idée de créer une table d’hôtes pour les gens qui ont peu de temps à midi. Cela leur permet de découvrir les saveurs de cette façon de cuisiner et me permet à moi d’avoir un contact autre que virtuel avec les personnes qui visitent mon site web.
Je vends également des objets qui sont liés au bien-être comme le kit Neti pour nettoyer les voies nasales selon la pratique yogique. Dernièrement, lors d’une de mes activités, une participante a découvert le gomasio (condiment fait de graines de sésame grillées et de sel marin) et voulait s’en procurer ; je propose donc mes préparations à la vente sur demande.
Votre support essentiel semble être votre site internet. Quels sont les avantages et les problématiques qui découlent ?
Beaucoup de gens me trouvent à travers la Toile. Les personnes qui arrivent sur mon site internet peuvent s’inscrire pour recevoir ma newsletter en français ou en anglais, comportant des informations sur mes prochaines activités mais également des conseils nutritionnels de valeur. Je propose également un cours gratuit intitulé « 5 clés alimentaires pour retrouver votre vitalité » à recevoir dans sa boîte e-mail. Les gens peuvent également me suivre sur mon compte Twitter (http://twitter.com/janetgomez). Ce sont les moyens pour contacter les gens à travers internet que j’utilise et que j’ai perfectionnés.
Les personnes intéressées peuvent bien entendu toujours prendre contact par téléphone mais elles disposent de ce premier choix sur internet leur permettant de décider si elles veulent aller plus loin et si elles ont envie de me connaître. J’aime que les gens aient une petite idée de mon approche avant de me contacter.
En ce qui concerne la gestion de mon site, j’avais déjà une passion pour ce secteur et je jouais avec le code HTML (ndlr: format de données conçu pour les pages web). Il est vrai que cela prend du temps mais il est évident qu’il est préférable de le faire soi-même que d’attendre qu’un intermédiaire le fasse. De cette façon, je peux le mettre à jour dès que j’en ai besoin.
Je trouve que c’est une façon rentable de communiquer avec les gens. Il y a évidement d’autres méthodes de marketing mais elles sont plus chères et, selon mon expérience, pas forcément aussi fructueuses. Cette méthode prend évidement sur mon temps mais le retour est incontestablement positif.
Vous offrez beaucoup de conseils gratuits sur votre site internet et au moyen de votre newsletter. Est-ce une manière concluante de trouver de nouveaux clients ?
Je demande à mes nouveaux clients comment ils ont eu vent des mes activités et ils me répondent souvent qu’ils sont tombés sur mon site en effectuant une recherche sur le web. Dans un magasin, si vous entrez et posez des questions à une vendeuse concernant un produit, les informations qu’elle vous fournira vous donneront certainement davantage envie de l’acquérir que s’il est simplement là, à votre vue, sur un rayonnage. Vous vous demanderiez sans doute quoi faire avec… C’est pour cela que mon site offre des informations et conseils utiles de façon à ce que chaque visiteur puisse facilement les utiliser pour améliorer son bien-être. Par la suite, les gens sont libres de revenir pour en savoir plus ou pour s’inscrire à mes cours. D’autres se satisferont des ressources gratuites et cela me convient aussi.
Quel but visiez-vous avec votre livre intitulé « Recettes ayurvédiques faciles » ? A-t-il été atteint ?
J’étais très heureuse que les éditions Jouvence publient mon livre, car cela m’a permis de toucher beaucoup de gens en Suisse, en France et au Canada. Il s’agit de l’éditeur le plus connu de Suisse en matière de livres sur le bien-être. Cela m’a offert la possibilité d’aller au Salon du Livre de Genève et aussi de proposer des conférences dans le cadre de Mednat, le Salon des médecines naturelles qui se tient à Lausanne. L’année passée, j’ai même effectué une démonstration de cuisine à la demande de Payot dans le cadre d’un salon grâce à la recommendation de cet éditeur. J’ai donc vraiment pu élargir ma zone de clientèle potentielle et cela me satisfait beaucoup. J’ai rencontré un grand succès en France. Je donnerai prochainement un stage de cuisine végétarienne dans un ashram en France car la demande est importante.
On peut dire que vous offrez une incroyable palette de services, le plus récemment créé étant une table d’hôtes végétarienne ayurvédique. Où dénichez-vous de telles innovations ?
J’observe tout ce qui se passe autour de moi. Par exemple, pour la table d’hôtes, je me suis inspirée d’une émission en Angleterre intitulée « Come dine with me ». Selon un principe de l’Ayurvéda qui dit que notre capacité à digérer est meilleure à midi, j’ai simplement préférer organiser un déjeuner plutôt qu’un dîner. C’est une possibilité intéressante pour les personnes qui souhaitent avoir un premier contact avec moi et découvrir ma cuisine.
J’ai pu également remarquer que les gens qui viennent à cette table d’hôtes ont souvent des intérêts communs ; ils s’engagent dans de bonnes discussions et ce sont des moments très agréables et enrichissants pour nous tous.
Une autre activité que j’avais développée précédemment était « Talk and taste » ou « Information dégustation » en français. J’expliquais à mes convives les principes selon lesquels j’avais préparé le repas que je leur servais et répondais à leurs questions. L’idée m’est venue d’une amie qui voulait découvrir les principes de la nutrition ayurvédique mais qui n’était pas intéressée à en connaître les techniques de cuisine.
Les formations continues que je suis régulièrement m’apportent aussi leur lot d’idées. Il m’arrive également de m’inspirer parfois des activités d’autres thérapeutes. Les cours de yoga que je prodigue me donnent également une idée des besoins et attentes des participants.
Finalement, mes loisirs m’apportent beaucoup de nouvelles idées. Je suis membre active dans une association en France voisine qui soutient l’émergence des pratiques alternatives sociales et environnementales et qui propose de petites formations. J’en ai par exemple suivie une l’an passé sur les plantes sauvages comestibles et, aujourd’hui, je sers souvent de l’ortie dans mes plats. Je trouve passionnant de découvrir des ingrédients locaux à cueillir soi-même et qui possèdent toute l’énergie de la nature ! Les personnes que je rencontre dans cette association ont aussi des idées qui stimulent ma créativité.
Je fais également partie du SEL Du Lac (www.seldulac.ch) ou Système d’Echange Local. Dans cette association composée d’environ 130 membres, on s’échange des produits, des services et des conseils. C’est encore une possibilité de s’enrichir d’expériences sans passer par un échange monétaire. Les personnes se mettent simplement d’accord sur la valeur d’un service ou d’un conseil. Cela m’a vraiment permis de valoriser les services que je propose.
Vous pratiquez des tarifs très compétitifs. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
Pour moi, il est important de garder des prix compétitifs et de proposer des services de qualité à tout le monde. Je souhaite que mes conseils soient accessibles à tous les budgets. Ainsi j’offre des conseils par ma newsletter, un cours gratuit online et mon livre de recettes est vendu à un prix très abordable.
Je suis aussi membre agréé de l’ASCA (association pour faire reconnaître les médecines complémentaires par les assureurs). Les personnes qui ont peu de moyens mais une assurance complémentaire peuvent ainsi obtenir le remboursement de mes séances. Je travaille aussi dans une entreprise où je donne des cours de Yoga. Je continue à suivre des formations dans le but de me perfectionner et de partager mes connaissances aussi souvent que je le peux. Le fait de maintenir des prix abordables me permet de valoriser mon image et de toucher un maximum de personnes.
Quel est le bilan de cette petite entreprise généreuse après huit ans d’activité et comment voyez-vous son avenir à moyen terme ?
Durant ces huit ans, j’ai rencontré des gens extraordinaires et ces rencontres stimulent mon travail. J’ai acquis beaucoup de connaissances à travers des formations et des échanges.
En matière de marketing et en tant qu’indépendante, j’ai appris également beaucoup de choses. Je ne dirais pas que je suis une experte mais j’ai vraiment évolué dans ma manière de communiquer et j’ai l’impression que l’image de Nutri-Jyoti est aujourd’hui bien établie, que les personnes ont une bonne idée de ses activités.
Le livre se vend bien et d’ailleurs je suis actuellement en négociation avec Jouvence pour une nouvelle édition !
J’ai bien élargi la gamme des services que je propose mais surtout je vis des moments vraiment mémorables. Lorsque j’écoute les gens autour de moi, je réalise que ce qui compte vraiment dans la vie, ce sont nos expériences. Nutri-Jyoti me permet de vivre des moments riches et intenses, de beaux moments de partage et d’échange. Et c’est ce que je souhaite pour les huit prochaines années à venir !
Pour conclure, auriez-vous un conseil à prodiguer à une personne qui souhaiterait démarrer une activité dans le domaine du bien-être ?
Travailler en indépendant, ce n’est pas une voie évidente. Il faut avoir une véritable passion pour le domaine dans lequel on se lance. L’enthousiasme des débuts ne peut pas durer tout le temps et il faut trouver de nouveaux moyens de stimuler son intérêt. Dans mon cas, les contacts avec d’autres thérapeutes et avec ma clientèle me nourrissent et me soutiennent.
Un indépendant travaille souvent seul, il aura donc besoin de sortir, d’avoir des loisirs. C’est la raison pour laquelle je suis bénévole dans des associations, dont je retire beaucoup de bénéfices d’ailleurs.
Il faut également faire preuve de ténacité, être discipliné et organisé.
Pour moi, il est également important de garder des moments de silence. Chaque matin, j’accorde quelques minutes à la méditation. Je commence ainsi la journée de façon calme et concentrée et je travaille de manière plus efficace. C’est une pratique découlant du yoga et de plus en plus répandue. Les bénéfices sont avérés. Pour moi, cette pratique est devenue essentielle, tout comme certains exercices de yoga que j’accomplis quotidiennement et qui me permettent de détendre mon corps et de me ressourcer mentalement.
J’aime chanter des mantras, qui sont des chants sacrés, répétés dans le but de canaliser le mental. Cela m’apporte beaucoup de paix. Ce sont des chants dévotionnels et méditatifs qui nous permettent d’ouvrir notre cœur et trouver un grand calme intérieur.
Finalement, lorsqu’on veut travailler dans le bien-être, il faut évidemment aimer les gens, se nourrir de rencontres. Il faut avoir une certaine humilité. J’apprends tous les jours de chaque personne que je rencontre, de chaque client, de chaque étudiant.
Nutri-Jyoti - www.nutrijyoti.ch – info@nutrijyoti.ch
Janet Gomez, fondatrice : 078 681 35 23
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