Té Cunha, esthéticienne
6 février 2012 // 1 Commentaire
Une interview de Nadia Petro-Banziger et Klaudia Skopova
Dans son Institut de beauté à Genève, Té Cunha a tout prévu pour prendre soin au mieux de sa clientèle. Cet amour des autres, c’est précisément ce qui l’a conduite au métier d’esthéticienne, après d’autres expériences professionnelles. Elle nous présente l’essence-même de cette profession, et nous explique comment il est possible de s’y former.
Quartier de la Jonction, un matin de janvier. Avant de nous faire visiter son Institut de beauté Ladybird, Té Cunha nous accueille au café du coin où elle prend son petit déjeuner. Nous nous rendons ensuite dans son institut, situé à deux pas. Le lieu est petit, mais très fonctionnel. On y trouve trois espaces principaux: le coin dévolu au « powerplate », une célèbre machine permettant divers exercices de musculation; le coin destiné à l’esthétique elle-même, là où Té Cunha offre divers soins – épilation, massages, soins corporels – et enfin l’espace réservé à la manucure et à la pédicure, où travaille son collègue Alexandre. Ici, il est même possible de profiter des bienfaits d’un fauteuil relaxant au moment du bain de pieds et des soins.
GB News: Quel est votre parcours, personnel et professionnel?
Té Cunha: Je suis née en Allemagne de parents portugais. Ma famille est ensuite rentrée au Portugal où j’ai suivi mes études, obtenu mon Baccalauréat avant d’entrer à l’Université en section de médecine dentaire. Après mon mariage et la naissance de ma petite fille, j’ai interrompu mes études et ma vie a complètement changé. Je suis alors venue en Suisse où j’ai ouvert un restaurant que j’ai dirigé durant sept ans. Un jour j’ai eu le besoin de me consacrer à quelque chose qui me convenait encore davantage. Je ressentais une sorte de vocation en moi qui me poussait à aider les gens, à les écouter, à m’occuper d’eux. C’est donc tout naturellement que j’ai pris la décision d’arrêter la restauration, qui avait pour moi un but essentiellement financier. Et l’idée a germé de créer une école d’esthéticienne.
Par quel biais vous êtes-vous formée?
J’ai suivi une formation à temps plein d’une durée de deux ans, à l’école privée Vio Malherbe, à Lausanne. Par chance, ayant fait des études de médecine, je connaissais déjà bien l’anatomie. Il m’a fallu surtout me former à la pratique de cette profession.
Selon vous, quelles sont les principales qualités requises pour faire ce métier?
En premier lieu, il faut avoir le contact facile avec les gens. Il faut les aimer, tout simplement. Sans cela, on ne peut pas faire ce métier, d’autant plus qu’il s’agit d’un contact tactile direct. Il est facile de devenir esthéticienne, mais il est moins facile de le rester.
Est-il possible de suivre des stages pour apprendre à pratiquer?
Bien sûr! Dès l’âge de 15 ou 16 ans, il est possible de suivre un stage pour mieux se rendre compte de la nature du métier. Plusieurs écoles privées préparent au CFC d’esthéticienne. Actuellement, elles proposent une formation complète qui comprend aussi un stage, comme pour tout apprentissage. Ce n’était pas le cas lorsque j’ai appris ce métier ; il fallait alors trouver soi-même un stage auprès d’une esthéticienne installée.
Proposez-vous des stages de ce type dans votre propre institut?
J’ai régulièrement des stagiaires chez moi. Il s’agit le plus souvent de jeunes filles en 11e du cycle d’orientation qui viennent s’informer sur cette profession. Lorsqu’elles arrivent, elles ne pensent qu’aux aspects les plus agréables de ce métier. Prendre conscience du revers de la médaille, comme la vue du sang, ou le fait de devoir toucher une peau qui n’est pas toujours saine, est parfois une étape difficile. Toutes ne la surmonteront pas.
Quelles sont les premières démarches à effectuer si l’on souhaite créer son propre institut?
Tout d’abord, il faut avoir une excellente connaissance de son métier et un diplôme en poche. Ensuite, il s’agit de trouver une arcade et d’entreprendre les démarches auprès du Registre du commerce. Il est également nécessaire d’être en possession d’une attestation de non-poursuites.
Il convient également de trouver une gamme de produits cosmétiques à représenter et enfin de se constituer une clientèle. Afin d’être dans les normes, il faut évidemment entretenir son institut avec soin car le service d’hygiène peut intervenir à tout moment pour un contrôle.
Comment se constitue-on une clientèle?
La meilleure façon est le bouche-à-oreille, le réseau. Dans ce milieu, c’est la clientèle qui nous fait le plus de publicité. Elle nous sert d’image. La publicité en ligne, la diffusion de flyers peuvent aussi aider à développer son activité. Personnellement j’ai très vite réussi à me garantir la fidélité d’une clientèle de quartier. J’ai la chance d’être implantée dans un endroit stratégique, avec à proximité des banques, des crèches, des commerces, d’importantes sociétés, des services administratifs de l’Etat, ou encore l’Université.
Y-a-t-il beaucoup de concurrence?
Je pense que la concurrence est notre meilleure alliée. Plus elle est importante, plus on doit se distinguer. Pour moi, il s’agit d’une excellente façon de développer mon entreprise. La concurrence ne m’a jamais fait peur. Ce genre de challenge fait que nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers.
Quels sont les horaires d’une esthéticienne?
En tant qu’indépendante, je n’ai pas d’horaire fixe. J’adapte mes horaires selon les besoins de ma clientèle. Il faut être souple lorsqu’on a pour clientes des personnes qui travaillent. Mon institut est ouvert entre 12h et 14h. Certains jours, je travaille de 9h à 18h. D’autres jours, je commence à 7h le matin pour terminer à 22h.
Avez-vous d’autres projets ou des rêves encore inexplorés?
J’aimerais pouvoir agrandir mon entreprise. J’ai également reçu une proposition pour former des personnes, ce qui me réjouit beaucoup.
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Très bon article! Merci pour ces informations qui vont surement m’aider énormément.