Casual Friday

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Quitter la cravate, tomber la veste, troquer son tailleur ou son costume trois pièces pour un jeans et un T-shirt afin de partir directement en week-end après le travail est une coutume pratiquée par bon nombre d’entreprises majoritairement d’origine nord américaine, mais pas uniquement. Toutefois, si le Casual Friday paraît, à première vue, un jour durant lequel l’employé peut se permettre davantage de fantaisie, voire un certain laisser-aller, la réalité est tout autre. De plus, les codes à respecter sont propres à chaque entreprise ce qui rend l’exercice périlleux pour un non-initié.

Casual Friday
© Julie Bauer pour GBnews

Une pratique née à Hawaï

Cette coutume est apparue pour la première fois en 1947, à Hawaï. Cette année-là, les autorités d’Honolulu accordèrent le droit aux ouvriers de porter la chemise à fleur sur leur lieu de travail durant certaines périodes de l’année. Plus tard, dans les années 1960, la chemise hawaïenne devenait l’accessoire incontournable du vendredi, ce qui donna lieu à l’appellation « Aloha Friday ». Dans le reste du pays, la pratique du Casual Friday est née bien plus tard, sur fond de mai 1968. L’idée première était de donner de l’air aux travailleurs évoluant dans un environnement cravaté parfois étouffant. Mais ce n’est qu’à la fin des années 1970, aux Etats-Unis et dans le reste du monde grâce à l’accès à la production de vêtements à prix réduits, ainsi qu’aux importantes campagnes des grands producteurs que la pratique du Casual Friday s’imposa peu à peu. Très en vogue à la fin des années 1990 et au début des années 2000, durant ce que l’on a baptisé la génération point com, elle s’est étendue dans bon nombre d’entreprises internationales à travers le monde grâce, notamment, aux filiales procédant d’Amérique du Nord. De nos jours, cette tradition tend cependant à disparaître. La crise de ces dernières années semble, en effet, avoir poussé les patrons vers un retour au sérieux et vers l’imposition d’un code vestimentaire beaucoup plus strict.

Le Casual Friday existe aussi à Genève

Dans les entreprises genevoises, le Casual Friday n’est pas très populaire du fait qu’une grande majorité pratique cette coutume à l’année. En d’autres termes, si la fonction de l’employé ou l’image de l’entreprise ne le requière pas, le code vestimentaire est plus ou moins permissif. C’est le cas, par exemple, chez MCI où les salariés sont assez libres dans leurs choix vestimentaires, puisque le jeans et les basquets sont autorisés, mais doivent bien évidemment veiller à porter la tenue adéquate en cas de rendez-vous avec un client. C’est pourquoi, dans certains établissements, les employés prennent soin d’avoir des vêtements de rechange toujours à portée de main, soit dans leur voiture, soit dans leur vestiaire, afin de parer à tout imprévu.

En revanche, dans les entreprises où la façon de s’habiller est importante, le Casual Friday est impensable, comme c’est le cas à la Raiffeisen où l’image de la banque et le respect de ses clients priment avant toute chose. La tenue vestimentaire ne change donc pas d’un iota, du lundi au vendredi. Toutefois, dans le milieu bancaire cette règle n’est pas exclusive. Ainsi, à la banque Sarasin, la coutume n’est pas officiellement approuvée, mais certains collaborateurs se le permettent. Toutefois, il y a tout de même des codes : le jeans reste interdit. De même, les RH veillent et sont prêts à intervenir si un employé venait à se présenter dans une tenue jugée trop négligée. Cependant, dans le département dévolu au Private Banking, comme un client peut débarquer à tout moment, la cravate se doit de rester en place.

Casual Friday
© Julie Bauer pour GBnews

Casual, mais pas négligé

Le Casual Friday n’est donc pas pratiqué dans toutes les entreprises et possède aussi des codes différents pour chaque établissement, ce qui n’est pas sans créer des difficultés. Pour y remédier, un nouvel arrivant se doit de connaître les règles en vigueur avant de commettre l’imper de débarquer vêtu d’une façon inappropriée. S’informer au préalable auprès des collègues ou lire le règlement des RH est donc primordial. En ce qui concerne les consignes à respecter, il ne faut surtout pas oublier que le Casual Friday ne signifie pas un laisser aller total dans la tenue. Il faut être décontracté, mais pas trop. Ce qui est tout un art. Ainsi, selon l’entreprise, l’employé pourra ôter sa cravate ou son veston, porter des ballerines ou un polo, mais la fantaisie s’arrêtera là. L’apparence détendue devra impérativement rester classe et professionnelle. Ailleurs, les jeans, t-shirts, baskets seront tolérés. Bien sûr, toujours en prenant soin de rester présentable en toute circonstance. Le décolleté plongeant, la jupe ultra courte, le jeans troué, le pantalon de training, les t-shirts à slogans provocateurs, les vieilles baskets ou les tongs restent toujours bannis du lieu de travail.

Mais attention à ne pas tomber dans l’extrême inverse ! Venir au bureau tiré à quatre épingles mettra vos collègues dans l’embarras et sera mauvais pour la cohésion du groupe et l’esprit d’équipe. C’est une mésaventure qu’a expérimenté la succursale de la Mobilière du Grand-Lancy où les employés eux-mêmes, n’ont pas joué le jeu. Le Casual Friday a donc été abandonné, faute de participation. Les quelques personnes qui venaient au travail en tenue plus décontractée se sentaient mal à l’aise face à leurs collègues en costume.

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