Conseiller d’Etat

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En quoi consiste le métier de Conseiller d’Etat? Qu’est-ce qui motive des individus à  faire de la politique et à  devenir des personnalités publiques? Le Conseiller d’Etat en charge du département de l’instruction publique, M. Charles Beer a accepté de nous rencontrer pour répondre à  nos questions.

Charles Beer
© François Schaer

Pouvez-vous nous décrire d’une manière générale en quoi consiste la fonction de Conseiller d’Etat?

La fonction de Conseiller d’Etat se concentre sur deux axes essentiels : le premier consiste à  faire partie d’un gouvernement qui gère les affaires de la république, prend des décisions de sa compétence, saisit le parlement d’un certain nombre de projets et notamment de projets de loi en les défendant devant le parlement, développe des relations extérieures de façon à  être soutenu de manière générale dans la communauté suisse comme dans la région frontalière.
Le deuxième axe, c’est d”˜être chef de département et responsable d’une administration. Dès lors il s’agit d’organiser, gérer et surveiller certaines activités au sein de ce département qui relève de tout ce qui est de l’ordre de l’instruction publique au sens de l’école obligatoire, l’enseignement post-obligatoire, la formation des adultes, la formation tertiaire au niveau universitaire ou HES ainsi que la recherche qui y est rattachée. La politique sociale et sanitaire en faveur de la jeunesse, la culture et le sport font également partie des missions de cette fonction. Depuis la dernière législature, la politique de la ville en fait également partie.

Qu’est-ce qui vous a motivé à  accéder à  cette fonction? D’o๠vient votre intérêt pour ce métier?

L’amour de la politique que j’ai découvert à  13 ans dans le cadre des débats présidentiels de 1974 en France entre Giscard et Mitterrand. A partir de ce moment, j’ai compris que la politique était une passion et que si l’opportunité m’était donnée de m’engager en politique, je le ferai.

Pouvez-vous nous décrire une journée type de travail?

Il n’y a pas de journée type de travail, je peux avoir une journée de 17 heures comme une journée de 9 heures. Certains jours, je me rends à  Berne, d’autres à  Lausanne, certains encore o๠je suis ici, d’autres au parlement. Tous les mercredis, j’ai les réunions du Conseil d’Etat qui durent généralement toute la journée. Les lundis, je passe beaucoup de temps dans des réunions internes.

Pouvez-vous nous citer un événement qui vous a ému ou marqué dans le cadre de votre fonction?

Le dernier peut-être : une visite scolaire dans une école pour enfants sourds, o๠ces enfants ont entamé une chorale et chanté dans un premier temps, puis ensuite des chansons avec leurs mains, dans la langue des signes.

Quel est votre parcours professionnel?

J’ai obtenu une maturité et un diplôme d’assistant social. Entre les deux, j’ai effectué énormément de petits boulots sur les chantiers, dans des usines, à  la voirie ou comme livreur. Suite à  ma formation, j’ai travaillé comme assistant social au service de la protection des mineurs. J’ai ensuite intégré l’association des commis de Genève (devenue UNIA entre temps) pendant 15 ans, tout en exerçant parallèlement durant les dernières années un mandat de député.

Quels sont selon vous les critères pour être un bon dirigeant?

Je pense qu’un bon dirigeant est quelqu’un qui sait vivre avec son époque et son temps tout en bénéficiant d’une certaine chance. Une chose évidente en politique est que rien n’est jamais logique. Je pense qu’il faut dès lors avoir un certain charisme, un esprit de synthèse, une force de travail importante, un sens du contact et le goût pour le conflit.

Pouvez-vous nous citer les points positifs et négatifs de votre métier?

Ce sont exactement les mêmes. Quand il y a un gros dossier avec un grand affrontement, lorsque le dénouement est positif, c’est probablement l’expression des plus grandes joies. A l’inverse, c’est l’expression des moments les plus négatifs.

Quels sont les projets que vous désirez mettre en place dans le cadre de votre fonction?

Il y en a plusieurs : le premier est le processus d’harmonisation scolaire qui concerne toute l’école obligatoire et l’élément qui lui est directement lié, rétablir le mercredi matin pour les élèves d’école primaire.

Le deuxième élément est indiscutablement de développer le projet dit « Pointe de la Jonction » qui doit rassembler les démarches sur les recherches sur le cerveau et les recherches sur le plan artistique. Ceci sous entend rassembler les HES et les Ecoles d’arts sur un site autour d’une articulation originale que constitue le lien entre cerveau, émotion et création artistique.

Le troisième projet est la loi sur la culture avec quelques institutions phares dans le cadre de la nouvelle loi cantonale, par exemple, le Grand Théâtre.

Le quatrième projet est de développer une politique du sport en lien avec les communes, de façon à  développer d’une part le sport pour tous et d’autre part, le sport de compétition.

Enfin, le dernier point est de pouvoir cibler tous les éléments de politiques publiques, économiques, sociales et éducatives par rapport aux quartiers populaires les plus défavorisés du canton.

Avez-vous eu des peurs à  surmonter ou des doutes?

Des doutes oui, mais ceux-ci sont tournés sur la méthode à  utiliser pour mettre sur pied des projets, et en aucun cas sur mon engagement pour la fonction, sur mes valeurs ou les projets à  mener.

Avez-vous également d’autres projets d’avenir?

J’en ai beaucoup, et je dirais même trop pour pouvoir les développer.

Auriez-vous un conseil à  donner à  quelqu’un désireux de travailler dans la fonction publique? Quelles compétences sont nécessaires pour travailler dans ce domaine?

La fonction publique veut dire beaucoup de choses. Les fonctions sont très variées. Je pense qu’il faut en premier lieu avoir le goût pour une profession et ensuite de vouloir le faire dans un cadre qui repose sur un principe d’égalité de traitement entraînant un certain nombre de lenteurs ou de difficultés qui demandent détermination et patience.

On parle d’un nombre important d’engagement au sein de l’Etat de Genève, et plus particulièrement dans l’enseignement, quels seront les profils recherchés?

Ce sont essentiellement des enseignants, des personnes qui ont une licence ou un master dans une discipline que l’on enseigne et qui ensuite suivent également une formation pédagogique qui leur permettent d’enseigner.

Quelle est la force de Genève aujourd’hui?

Toujours le fait d’être une cité internationale et d’être une des régions d’Europe avec un des plus gros taux de croissance au niveau démographique et économique, notamment au niveau de la collaboration avec la France voisine.

Quels sont les efforts que Genève devrait faire afin d’améliorer sa situation en matière d’emploi et de formation?

Accepter que c’est du travail tant au niveau des écoles, des HES, etc. qu’au niveau du politique, des entreprises que l’on peut trouver les marges de l’amélioration des conditions générales et non par des projets économiques, politiques ou pédagogiques qui s’inscrivent dans des vues de l’esprit voire de spéculation.

En d’autres termes, d’être un peu plus tourné vers le travail et l’exigence; un peu moins vers l’opportunité et la facilité.

Une conclusion personnelle?

Le facteur de travail comme facteur de cohésion est d’autant plus accessible pour chacune et chacun de par le fait que l’on a, à  la fois la possibilité de se former et à  la fois de vivre une passion. Je dirais que la passion donne un certain nombre de débouchés et motive pour le travail.

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