Créativité on the workfloor

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Appliquer des solutions créatives pour mieux organiser le travail ? Les impératifs de la crise, le besoin de rester compétitif, l’envie de se différencier, les besoins du personnel… De nouvelles formes de travail sont en train d’apparaître. Le 9h-17h classique sera peu à peu remplacé par des horaires « à la carte » avec une organisation du travail plus créative où l’employeur regardera les résultats et plus le présentéisme de son employé.

Birgit Peeters
© Birgit Peeters

Le mot « créativité » est certainement une notion qui nous parle. On pense d’abord à tout ce qui sort du cadre « normal » se référant ainsi aux artistes comme à tous ceux qui n’empruntent pas les sentiers battus. Cependant, chaque être humain possède en lui un côté créatif. Selon la définition de Wikipedia, la créativité, c’est la capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème. A votre avis, est-ce que vous travaillez dans un environnement créatif? Votre organisation de travail est-elle créative?

Le constat est assez général : la plupart du temps, l’environnement de travail dans notre société est organisé de manière rationnelle, les processus sont préparés et prévisibles. En effet, cela permet d’établir un cadre référentiel sans lequel il serait difficile de progresser. Le système scolaire classique, les hautes écoles et l’université, les profils de recrutement sur le marché du travail s’inspirent du modèle cartésien, au nom de l’efficacité. A force de standardisation, nous risquons cependant de sous-estimer la facette créative ou originale de l’esprit humain !
La créativité est un vecteur hyper puissant. Elle ouvre sur ce que l’on ne connaît pas encore et dépasse ainsi ce qui est déjà maîtrisé. Bien sûr, comme elle induit un changement, elle peut faire peur. Du coup, on préfère souvent rester en terre connue face à des problèmes nouveaux. Faire « un peu plus de la même chose » n’est pas toujours une solution pour dépasser une difficulté, il est même souvent nécessaire de déplacer notre regard en prenant du recul pour résoudre un problème.

Voici deux exemples concrets qui illustrent combien peut coûter cher à l entreprise une occasion ratée d’introduire une solution créative.

Un laboratoire employant 15 personnes paie actuellement les conséquences de sa politique RH que l’on pourrait caractérisée de « sens unique ». Sens unique, car on ne tient pas compte des cycles de vie du personnel, notamment lorsque certains employés se trouvent confrontés à des engagements familiaux importants. Faute de n’avoir pu se poser les bonnes questions, au bon moment, ni sur les raisons de la morosité générale ni sur la baisse de motivation, l’entreprise voit partir trois de ses meilleurs employés. Coût estimé par départ : 100’000 CHF par personne. L’application d’un aménagement du temps de travail ou d’un temps partagé aurait pu éviter cette débâcle. Si cette entreprise avait entamé une réflexion, avec les employés de préférence, pour concilier les objectifs de production avec des horaires adaptés aux priorités familiales, tout le monde aurait été gagnant !

Une future employée, travaillant dans un domaine pointu, signe un contrat de travail à durée indéterminée avec un taux d’occupation à 100 %. La mauvaise nouvelle, c’est que la DRH lui avait promis un 80 % lors de l’entretien d’embauche. Cette personne est loyale ; elle accepte cette condition et bosse dur. Cependant, elle souhaite réduire le temps de son trajet (2 ½ heures par jour !). Elle désire également pouvoir rentrer à temps chez elle pour réviser les devoirs avec ses trois enfants. Bien sûr, le père pourrait également aider ses enfants, mais la répartition des tâches domestiques n’est pas mon propos ici.
La charge de son travail et son cahier des charges ont été estimé à 100 %. Sauf que… pendant la crise, le poste qu’elle occupe exige 100 % de sa disponibilité, voire 120 %. La réalité est qu’une charge de travail est souvent soumise à des fluctuations à la baisse ou à la hausse. Une entreprise pourrait, utiliser une autre logique, celle des résultats et non de la présence au bureau. Si on lui avait accordé les 80 % prévus au départ, pensez-vous que l‘employée modèle se serait strictement limitée à travailler 32 heures par semaine ? Je n’incite pas aux heures supplémentaires, mais probablement qu’en cas de nécessité, elle aurait accepté de travailler davantage, en aménageant ses horaires.

La solution clé à ce problème est le suivant : il est probable que la motivation intrinsèque de cette personne pour son travail bien accompli aurait été bien meilleure si ses besoins avaient été pris en compte. Le travail à 80% correspondait mieux à sa situation et l’aurait aidé à développer sa confiance et la pérennité de son engagement professionnel. La DRH lui a mentit pour des raisons obscures et ce genre de « couac » de départ peut se révéler très nocif pour l’entreprise et le parcours professionnel de l’employée.

La créativité signifie adaptation et flexibilité qui peuvent tout aussi bien rimer avec une bonne organisation du travail. Le nombre de départs de seniors à la retraite reste un des grands défis de notre société postmoderne. Ils seront de plus en plus nombreux à quitter la vie dite « active » ; ce qui entraîne une pénurie de compétences. En Belgique, 80% des offres d’emploi proposées à partir de 2010 représentent des remplacements de retraités. Actuellement, on demande aux employés de s’investir au travail sur une plus longue durée que leurs aînés. C’est un fait bien établi : on vit plus longtemps ! L’espérance de vie en 2000 était de 75 ans pour un homme et de 81 ans pour une femme, il sera respectivement de 84 et de 89 ans en 2050.
On peut se demander quel sera l’impact de ce nouveau phénomène à moyen terme sur les charges sociales et sur l’économie.

Et la vie de l’entreprise dans tout cela ? Elle ne peut pas toujours faire du sur-mesure en fonction des changements dans la vie de ses employés, mais il est peut-être temps de mener la réflexion. Les préoccupations d’un chef d’entreprise sont souvent d’un autre ordre. Ce dernier doit maintenir une bonne performance, sinon il risque d’être dépassé par la concurrence ou même de disparaître. Dans ce cas, les phénomènes que nous venons d’aborder semblent bien loin : aménagement du temps de travail, mesures aidant à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, créativité dans l’organisation du travail. Ces mots inspirent et exaltent certains, comme ils en laissent d’autres très sceptiques.
A mon avis, la solution réside dans une conciliation entre le pôle du labeur et la production des biens et services, dans un respect mutuel. L’idéal serait que l’invention et le souci de bien faire son travail puissent rayonner, puisqu’ils font partie de l’être humain.
Une meilleure organisation est définit par plus de créativité dans l’aménagement du temps de travail donnant plus de disponibilités tout en respectant les exigences et les besoins de l’entreprise.

Birgit Peeters

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Birgit Peeters est la fondatrice d’Aquincum. Sa motivation principale : aider les entreprises à innover dans leur organisation du travail afin de garder une longueur d’avance par rapport à la concurrence, ce qui est particulièrement important pour les PME. Son ouverture d’esprit, sa capacité transversale et interculturelle, ses compétences de juriste, son charisme naturel et ses compétences de manager vous aideront à optimiser votre organisation du travail. Elle est lauréate du Fonds Prince Albert en Belgique, récompense nationale pour managers créatifs, entreprenants et performants. Ancienne cheffe d’entreprise, elle préconise de déléguer les tâches non clés de l’entreprise à une personne de confiance. C’est cette conviction qui l’a amenée aujourd’hui à créer sa propre activité à votre service.

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