Delance

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Créée en 1996 par Giselle Rufer, l’entreprise DELANCE commercialise des montres suisses haut de gamme dédiées aux femmes. Si la passion de sa fondatrice est l‘horlogerie et la création, sa mission est d’encourager les femmes à réaliser leurs rêves. Entrepreneure de l’année 2008, elle est aussi très engagée dans différentes associations féminines régionales et internationales.

Portrait d’une femme courageuse et conquérante.

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© Delance

Quel a été votre parcours professionnel?

J’ai quitté l’école avant mes 15 ans pour faire un apprentissage de commerce, puis à 25 ans, j’obtenais une maturité fédérale scientifique, préparée seule à la maison, en faisant deux enfants. Puis, j’ai finit le brevet d’enseignement secondaire en formation artistique. J’ai été la première femme diplômée comme ingénieure en informatique de la Haute Ecole Technique de Bienne et finalement diplômée d’entrepreneurship de l’Université de Neuchâtel. Le tout accompagné et entrecoupé d’emplois dans des domaines différents avec divers niveaux de responsabilité.

Comment en êtes-vous arrivé à l’horlogerie?

Par hasard. Après avoir constaté que les femmes avaient du mal à être acceptées en égales dans les métiers de l’informatique, j’ai pris la décision courageuse de changer de direction et d’accepter un poste de responsable des ventes pour le lancement de Flik Flak. Ce fut le succès qui a réveillé ma passion pour l’horlogerie. J’étais née et avais grandit dedans.

Pourquoi avez-vous décidé de créer une gamme de montres uniquement pour femmes?

Alors cheffe de produit d’une grande marque, je cherchais une montre qui me convienne dans leur collection. Je voulais une montre qui me donne la mesure de l’infini, le temps des femmes, une montre qui exprime la vie, l’harmonie et la recherche personnelle. Une montre symbole ayant une signification pour moi et pour toutes les femmes du monde. Comme je ne la trouvais pas, j’ai décidé de la créer.

Comment gérez-vous votre entreprise ; participez-vous à toutes les étapes, de la création au lancement?

J’ai eu l’idée de la montre, j’ai fais un plan d’affaires puis j’ai créé l’entreprise. J’ai travaillé avec une amie bijoutière pour développer le design avec un ami technicien pour les plans. Puis, je me suis adressée aux fournisseurs adéquats avec qui j’ai développé chaque composant de la montre, l’environnement et tout le matériel publicitaire. Je travaille avec un réseau d’artisans et l’assemblage se fait dans un atelier géré par une femme. Si je travaille essentiellement avec des femmes c’est parce qu’elles sont venues à moi et que nous nous sommes bien entendues. Quelques hommes sont aussi de la partie ; tout se passe très bien et c’est moi la capitaine sans casquette ou le chef d’orchestre, mais sans baguette…


© Giselle Rufer

Comment passe-t-on du stade « cadre salarié » (Flik-Flak – Omega) à « entrepreneur indépendant ». Cela doit favoriser quelques « cheveux blancs » non?

Mon tempérament entreprenant, indépendant et décidé m’a été très utile toute ma vie, mais n’était pas très bien accueilli dans une grande entreprise où il faut savoir rester à sa place en « gardant » celle d’une femme, c’est-à-dire, sous les ordres d’un homme. Je veux bien travailler avec un homme mais pas sous lui. Donc, il ne m’a pas été difficile d’être ma propre cheffe et pour les cheveux blancs, il y a de très bons produits (rires) !. Le principal avantage est qu’on travaille comme on veut, librement, quinze heures par jour et souvent sept jours par semaine. De toute façon, j’ai toujours travaillé intensément.

D’après-vous quelles sont les qualités essentielles qu’il faut avoir pour faire ce métier?

Pour se lancer, il faut absolument être persuadé que l’on va réussir. Il faut faire ce que l’on aime avec des gens que l’on aime pour des gens que l’on aime. Je sais que parler d’amour en affaire semble inapproprié mais si j’ai tenu malgré les coups durs c’est grâce à cet amour qui me venait de toute part et que je donnais sans compter… Pour être plus prosaïque:

Pour être entrepreneure, il faut savoir choisir ses partenaires, être entreprenante, courageuse, travailleuse, savoir décider sans connaître la réponse et être prête à tout perdre et à recommencer sans perdre l’estime de soi et des autres.

Pour être créatrice, il faut avoir de l’intuition, du goût, du flair, savoir imaginer un produit fini et parvenir à le réaliser… tout un éventail de qualités.

D’où trouvez-vous votre source d’inspiration?

L’inspiration me vient lorsque je me promène dans la campagne, quand je parle avec mes clientes, mes fournisseurs, mes partenaires et collaboratrices, quand je ne cherche pas et que je suis ouverte à l’intuition.

Quels sont les côtés passionnants de votre métier et les côtés plus rébarbatifs?

J’adore rencontrer des gens, visiter des pays, créer, participer, m’amuser en travaillant avec une équipe pleine d’idées et de créativité comme au jardin d’enfants.

J’aime moins la comptabilité, les gens qui vous font des promesses et qui ne les tiennent pas, les centaines d’emails qu’il faut trier et répondre, les vols annulés, les profiteurs et les emmerdeurs qui vous grignotent votre temps.

Giselle Rufer
© Giselle Rufer

L’horlogerie est statistiquement un métier d’homme. Avez-vous dû vous battre pour vous faire connaître?

Oui et je me bats encore… heureusement je suis une bagarreuse, j’aime quand on me dit que c’est impossible… et j’y arrive la plupart du temps…

En fait, je me préoccupe assez peu de ce que les bêtes et méchants, les envieux disent. Ils ne m’intéressent pas, ils n’existent pas. J’accorde toute mon attention aux gens positifs et encourageants, hommes et femmes et là nous sifflons en travaillant.

Connaissez-vous des femmes qui font le même métier que vous?

Il y a 50% de femmes dans l’horlogerie, mais je suis la seule qui a créé son entreprise elle-même.

Avec le recul, quels conseils donneriez-vous à ceux qui désirent devenir entrepreneur de nos jours?

Réfléchissez bien et si c’est vraiment ce que vous voulez faire alors allez-y, vous trouverez le chemin. Si ça ne fonctionne pas, recommencez…

Les entrepreneurs sont les héros de demain, ce sont eux qui construisent le monde. Construisons-le bien, dans le respect les uns des autres et de notre belle planète.

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