Démographie, seniors et immigration : les défis du marché du travail Suisse

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Retraités et démographie

Le huit millionième Suisse vient de naître et verra sans doute le XXIIe siècle. Il y a une chance sur trois qu’il soit d’origine étrangère. Son espérance de vie approche les 100 ans. Les rentiers de 2050 sont déjà nés et cette année-là nous atteindrons les 9 millions si la croissance et l’opinion le permettent. Selon Rainer Münz, Professeur démographe bâlois, cette prévision est fiable car la démographie réserve peu de surprise.

Ses éventuels freins seraient le faible nombre des naissances et  le volume de la population qui dépendent fortement de l’immigration. Cette dernière peut être ralentie par la situation économique et l’opinion. L’immigration est essentiellement européenne car il n’y a jamais eu autant d’habitants qu’en ce moment au sein de l’UE et de l’AELE, mais la population européenne comme celle de la Suisse va se réduire. (Cela dépendra donc de ce qu’il adviendra de l’immigration hors Union Européenne.)

L’immigration comble le déficit du au vieillissement de la Suisse «c’est pratique et permet de s’économiser une restructuration du marché du travail» observe Rainer Münz. Le problème est repoussé à plus tard. Recruter du personnel à l’étranger est plus facile et moins coûteux que d’offrir des conditions de travail attrayantes aux seniors. Ainsi, des entreprises qui se plaignent du manque de personnel qualifié recrutent à l’étranger tout en envoyant beaucoup de personnel compétent à la retraite.

A terme, l’immigration ne viendra plus forcément compenser le vieillissement de la population et le marché du travail devra se préoccuper de conserver les compétences des séniors. Nombreux sont les aînés qui travailleraient volontiers plus longtemps, si on voulait bien leur aménager des horaires attrayants. Des personnes atteignant des âges de 90 ou 100 ans ne devraient plus d’entrer en retraite déjà à 64 ou 65 ans.

Chaque jour nous gagnons 5 heures de vie en plus

Nous vivons non seulement plus longtemps (2 bons mois par année) mais aussi avec une bonne qualité de vie et en meilleure santé.  «Pour fonctionner, le marché du travail réclamera une entrée en retraite plus tardive, une courbe salariale plus plate, une formation continue à vie et des emplois adaptés au vieillissement» résume Rainer Münz. La Suisse devra trouver une nouvelle forme de vie en société et les élus et les chefs devront ajuster leur façon de penser.

Le démographe bâlois Rainer Münz (58 ans) vit à Vienne, où il dirige de département de recherche et développement du groupe bancaire Erste Group Bank. C’est un des meilleurs experts européens. Il a enseigné auparavant dans plusieurs universités autrichiennes et allemandes et conserve un mandat d’enseignement à l’Université de St-Gall.

Pour en savoir plus, voir l’article paru dans Le Matin, 13.11.2012, Par Marc-Henri Jobin

 

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