Entretien avec Jaïlyna, artiste chanteuse et auteur-compositeur

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« Celui qui ne persévère pas n’arrive à rien, il faut croire en soi-même pour que la vie croit en toi »

Jaïlyna, en première partie du concert de Sly Johnson au MàD

Jaïlyna, sur scène le samedi 19 février 2011, en première partie du concert de Sly Johnson, au MàD (Moulin à Danses) à Genève © Claudine JURMANN-PERDRISAT pour GBNews

Jeune femme infiniment sympathique, attachante et non moins talentueuse,
« self-made-woman », Jaïlyna enlumine sa musique de soul et de groove. Un timbre de voix très particulier et mélodieux qui n’appartient qu’à elle. Auteur-compositeur-interprète et guitariste, son talent lui a déjà valu de collaborer avec des artistes et des projets tels que : MTV à New York, Rosetta Stoned, Yo Majesty, Matt Knobel (Lenny Kravitz), Larry Gold (Erykah Badu et Jill Scott), pour ne citer qu’eux. Jaïlyna a chanté en première partie d’un « after show » des Black Eyed Peas Elle a signé en 2010 avec le label YES-I-AM, présentée au MIDEM de Cannes en janvier dernier, son premier Opus sortira en mars 2011.

Charismatique, avec une beauté intérieure évidente qu’il est impossible d’ignorer. Dotée d’un humour intelligent et fin que peu de personne peuvent se vanter de posséder, Jaïlyna a toutes les qualités pour devenir, non pas quelqu’un de très bien car elle l’est déjà, mais une artiste reconnue pour ses talents musicaux, d’écriture et d’interprétation. Belle « inside and outside », elle dégage le respect, tant par sa personnalité que par son parcours jalonné de difficultés.

De parents espagnols et français, Jaïlyna est genevoise d’adoption depuis toujours pourrait-on dire. Son envie de faire de la musique a commencé dès sa plus tendre enfance avec une profonde attirance pour la musique et les instruments, quels qu’ils soient. Sa famille ne comprenait pas pourquoi leur fille suscitait un tel engouement étant donné qu’aucun d’entre eux ne jouait d’un instrument de musique, pas plus ne pratiquait le chant. Enfant, son père lui ramenait à chaque retour de ses voyages d’Espagne des petites guitares en bois sur lesquelles elle « grattait » en rêvant de devenir une grande musicienne. Dès lors, une évidence apparue, la musique fera partie intégrante de sa vie. Autodidacte, n’ayant jamais pris de leçons de musique, uniquement quelques cours de chant privés à Genève après ses vingt ans, c’est sa détermination, en s’entraînant et en écoutant infatigablement de la musique dans sa chambre et à l’insu de tous, de son enfance à son adolescence, qu’elle a appris à chanter.

Jaïlyna

Jaïlyna © DR

Le chant ne l’attirait pas plus que cela, jusqu’au jour où à l’âge de six ans, elle entendit chanter pour la première fois Withney Houston à la radio et, subjuguée par sa voix, su dès lors que sa vie ne serait désormais pas dévouée qu’à la musique mais également au chant. En grandissant et aujourd’hui encore, son admiration se porte sur Erykah Badu et Me’shell Ndegeocello, artistes américains auteurs-compositeurs-interprètes qui font exclusivement ce qu’ils ont envie. Elle fut bercée également par des chanteurs tels que Michael Jackson, Stevie Wonder, Marvin Gaye et Prince que sa mère écoutait en boucle.

Bien évidemment, elle a rêvé de suivre des écoles de musique et de chant. Par faute de moyens et parce que passionnée et combative, elle a décidé d’œuvrer seule chez elle, jours et nuits avec assiduité, rien ni personne n’aurait pu lui faire changer d’avis. Cette persévérance et cet acharnement lui font percevoir aujourd’hui le bout du tunnel, après une longue et difficile traversée en solitaire. Un courage, disons-le, extraordinaire et hors du commun.

Jaïlyna aime toutes les musiques confondues et refuse de se cataloguer dans un style spécifique : « c’est comme les sentiments, tous les jours ils changent, nous sommes déjà enfermés dans tellement de catégories, on nous impose des limites dans tout et je m’y refuse de plus en plus pour tout ce qui touche à la musique ».

Artiste éternellement insatisfaite, son but est de composer un album qui lui plaise à 100%. Malheureusement, n’étant pas complètement musicienne et libre de pouvoir jouer de tous les instruments autant qu’elle le souhaite, elle est obligée de trouver des musiciens dont la connexion musicale est parfaite. De manière à mieux exprimer musicalement ce qu’elle ressent, elle se perfectionne actuellement en guitare et piano en suivant des cours sur Internet. Cela peut faire sourire certains et ils ont tord. C’est bien connu que les autodidactes se réalisent par passion et détermination qui les font devenir performants, contrairement à ceux qui ont l’opportunité de suivre des études sans grande conviction ou par obligation, sans avoir le feu sacré.

Jaïlyna

Jaïlyna © Claudine JURMANN-PERDRISAT pour GBNews

Jaïlyna avoue, sans honte ni prétention, avoir participé à un télé-crochet, la Star Academy pour ne pas la citer, il y a quelques années lors de la deuxième saison de l’émission, parce qu’elle était complètement désespérée. Elle a passé le premier « casting » et a été sélectionnée. Une fois rentrée, elle s’est dite : « mon Dieu, je ne peux simplement pas faire ça ! » et elle n’y est pas retournée. Elle a eu le courage et l’audace d’y participer par nécessité pour ensuite y renoncer par conviction. Aujourd’hui encore et malgré des moments d’immenses découragements, elle ne regrette rien. Ce qui la désole dans ces télé-réalité, c’est que même si les artistes sont talentueux, les maisons de disques sont tellement branchées « business » que toute magie et créativité sont anéanties, au détriment de faire de l’argent. Au lieu de concorder avec le style de l’artiste qui a gagné, c’est l’artiste qui doit s’adapter à eux. Les chanteurs qui ne font que de l’interprétation arrivent peut-être mieux à gérer ces situations, car ils ne chantent pas leurs propres compositions. Par contre, pour les auteurs-compositeurs-interprètes, c’est une énorme frustration.

Si Jaïlyna pouvait exhausser un vœu d’une baguette magique, elle voudrait être heureuse dans son monde musical et ne plus devoir penser aux lendemains qui déchantent, de façon à pouvoir consacrer tout son temps et toute son énergie à sa passion et à rien d’autre. Avoir les moyens de rendre les personnes qu’elle aime heureuses et d’apporter un mieux à sa famille.

Le plus difficile dans le milieu artistique, c’est de devoir commuter d’une situation à une autre qui l’empêche de créer comme elle le souhaiterait ; à ses yeux c’est un manque de liberté très pesant. Sa franchise lui fait admettre évidemment que ce bonheur tant attendu se concrétise pour « mettre du beurre dans les épinards », car jusqu’à présent elle les a connus à l’eau… sans compter le fait de pouvoir donner des concerts à travers le Monde, car elle aime voyager et être en contact avec des cultures différentes. Les pieds sur terre et sans la grosse tête, elle se voit dans un grand bus voyager partout avec « sa famille musicale » pour chanter tous les soirs dans une ville différente.

Jusqu’à la réalisation de son CD, elle a donné de petits concerts à Genève, Nyon, Lausanne ainsi qu’à New York et Washington. Comme ceux-ci ne lui ont pas permis de savoir de quoi demain sera fait, en parallèle, lorsqu’il ne lui restait plus rien en poche lors de périodes de « vaches maigres », elle travaillait dans les milieux sociaux avec les enfants ou effectuait des missions temporaires comme secrétaire. Jaïlyna déteste ces périodes-là, car elle ne peut pas parallèlement se consacrer à sa musique autant qu’elle le voudrait.

Coming from Spanish hills and French valleys, between light and dark, amongst tears and dreams. Hopeless dreams of living in a [Simple World]…I crossed millions of melodious roads, looking for my own symphony, met flowers and one [Dandelion] that stayed in my heart for a precious while then flew away…

I was [Wasting My Time] always looking for [The Right Place], thinking what was out there would help me to find [What I Need] to just be me, but all the answers were inside me…

So my heart came back home, needing to go [Back To The Kitchen] to feed my soul and embrace my music, [my Love], my [O].

So [Thankful], yes I am

Jaïlyna

Pour ce premier album qu’elle a baptisé « Roughs », son inspiration d’auteur-compositeur est venue il y a quatre ans, dont les chansons ont été composées en pratiquement un mois à peine. Ses textes n’ont pas de messages particuliers, excepté qu’ils lui ont servie de thérapie et permis d’évacuer une période extrêmement difficile et douloureuse sur un plan personnel. Tellement affectée qu’elle se devait d’exorciser ses sentiments intérieurs, l’inspiration est alors venue brusquement. Jaïlyna a aussi entrepris des voyages à travers le Monde pour trouver l’inspiration et la liberté musicale, avec pour ainsi dire pas grand-chose en poche. Cet album est donc totalement écrit de sa plume, excepté une chanson et trois autres qui ont été coécrites. Il n’est pas encore distribué que Jaïlyna doit déjà entamer l’écriture et la composition du deuxième à venir qu’elle enregistrera à Miami. Ses prochaines chansons parleront de thèmes qui lui tiennent à cœur en y changeant le style de musique pour passer à autre chose.

C’est, en effet, après des années d’apprentissage et de tâtonnements que Jaïlyna aura la chance de démarrer son album avec l’aide de ses proches et amis qui créeront le label « Yes I am » avec également le soutien de la Ville de Genève.

Elle a donc enregistré aux Etats-Unis, à Philadelphie, avec Larry Gold, où elle a fait tous les arrangements. Une expérience indéfinissable, d’autant plus qu’on lui a donné la liberté de choisir les musiciens et les techniciens. Matt Knobel, qui n’est ni plus ni moins l’ingénieur chef de Lenny Kravitz et directeur de « South Beach Setai Studios » à Miami, a réalisé le mixage. Elle y est arrivée et tout s’est passé exactement comme dans ses rêves d’enfant « c’était juste magique ! ». Il lui aura fallu un chemin de croix de plusieurs années pour aboutir à cette extraordinaire aventure, mais cela n’en valait-il pas la peine et n’est-ce pas justice après tout?

Jaïlyna

Jaïlyna © Claudine JURMANN-PERDRISAT pour GBNews

La Suisse n’est pas visée par la distribution de l’album. Les pays principalement ciblés sont les Etats-Unis, la France et partout où ce sera possible. Sortir son CD en Suisse lui fait extrêmement plaisir, mais ce n’est pas un but en soi car c’est bien connu que rien ne s’y passe artistiquement parlant. Il existe des talents exceptionnels en Suisse qui n’arrivent pas à évoluer, car il n’y a pas de structure qui le leur permettent.

Le trac fait partie du métier, mais cela dépend surtout des musiciens qui sont derrière elle, complices et professionnels, pour se sentir « comme un poisson dans l’eau ». Plus il y a de monde à un concert, plus elle est à l’aise. L’artiste l’explique par le fait que dans des petites salles, le regard des spectateurs est plus palpable et peut mettre mal à l’aise. Jaïlyna ne se laisse pas impressionner : « je me maquille en mettant une bonne couche de mascara et je ne vois plus rien… ». Cela fait bientôt quinze ans qu’elle performe en concerts et au début, bien évidemment, elle était tétanisée, mais avec l’expérience de situations comme perdre sa voix, ne pas se sentir à la hauteur, oublier des paroles, se tromper dans les textes, trébucher ou même avoir bu un petit verre avec les copains avant le concert, elle a réussi à maîtriser son trac et ses peurs.

Elle finit par en rire et utilise ces situations pour faire de l’humour avec son public qui adhère totalement. Elle a tendance à lui raconter tout ce qui lui arrive plutôt que de feindre que tout est parfait et elle le fait avec une très grande finesse et intelligence. Pour l’artiste, être sur scène est justement l’endroit où il faut être soi-même, avoir un naturel déconcertant pour se rapprocher incontestablement du public. Ne surtout pas cacher ses propres défauts pour garder une certaine émotion et de la sincérité.

Jaïlyna

Jaïlyna © DR

Jaïlyna performe au MàD à Genève, le 19 février 2011 où elle assure la première partie du concert de Sly Johnson. Ses fans auront le plaisir de la retrouver dans l’intensité de ses performances scéniques à chaque fois uniques et son timbre de voix si particulier, le tout entremêlé de son éternel humour décalé pour leur plus grand bonheur. Elle a une aura particulière qui lui est propre. Chanteuse géniale, elle leur fera vivre un moment magique!

Dans l’immédiat, pas d’autres agendas, car son « manager » s’est rendu au MIDEM à Cannes le mois dernier pour la promouvoir auprès de professionnels et trouver une distribution lui permettant plus facilement des ouvertures. Le MIDEM est le marché international du disque et de l’édition musicale, le plus grand rassemblement des entreprises travaillant dans le secteur de la musique au monde. Dans l’intervalle, Jaïlyna préfère ne pas trop s’engager ayant déjà le label « YesIam », parallèlement coproduite par Matt Knobel à Miami.

La conclusion de Jaïlyna : « celui qui ne persévère pas n’arrive à rien, il faut croire en soi-même pour que la vie croit en toi et… c’est comme au Loto : 100% des gagnants ont tenté leur chance ! »

Nos envoyées exclusives en présence de Jaïlyna

Nos envoyées exclusives en présence de Jaïlyna, au MàD le 19.2.2011 © DR

Le samedi 19 février 2011 Jaïlyna en première partie du concert de Sly Johnson au MàD (Moulin à Danses) à Genève

Rue du Stand 20 – tél. 022 342 94 28

Ouverture des portes à 21h00

www.facebook.com/jailyna
jailyna.yesiamrecords.com
www.mattknobel.com

J’ai a eu un plaisir tout particulier d’interviewer Jaïlyna, femme d’exception, et la remercie vivement de m’avoir permis d’écrire son succès venant. Les opportunités de rencontrer des personnes qui m’émeuvent comme elle, humbles et sincères, sont rares et précieuses. Jaïlyna est un cadeau … On ne peut que lui souhaiter un succès aussi grand que l’amour qu’elle porte à la musique. « Elle a tout d’une grande ! »

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