Formation Continue: Le Luxe et les Métiers d’art s’enseignent à l’Université de Genève

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Offrant à la fois une ouverture sur de nouvelles perspectives professionnelles et un accompagnement du développement personnel, le Service de la Formation continue de l’Université de Genève propose plus de 230 programmes destinés à des personnes déjà intégrées dans le monde du travail. Les cours, dispensés dans des matières variées (telles que le droit, la gestion, la santé) permettent à ce public un approfondissement certain de leurs connaissances, et une ouverture autorisant parfois des changements de carrières. Afin de mieux cerner les enjeux de tels enseignements, Geneva Business News a rencontré responsables et « étudiants » de la formation Créations de Luxe et Métiers de l’Art, ainsi que Vacheron Constantin, l’un de ses sponsors.

 

© GBN/Stephane Bieganski

 

Une approche universitaire théorique et pratique du domaine du luxe.
Genève a beau être l’une des capitales mondiales du luxe, il n’y existait aucune formation généraliste dans ce domaine jusqu’à encore récemment. C’est à la suite du colloque international Luxes et internationalisation XVème-XIXème siècles organisé par les professeurs Nadège Sougy et Patrick Verley que le Service de la Formation continue a contacté les deux enseignants historiens afin d’organiser un cycle de 13 conférences informelles, qui s’est ensuite institutionnalisé en débouchant sur l’obtention d’un certificat. Depuis, le principe est resté le même : mettre en relation, dans le cadre d’une formation théorique, des personnalités ayant des compétences différentes dans des domaines variés du luxe. La formation « Créations de l’Art et Métiers du Luxe » s’est ainsi construite comme une offre autonome et alternative, volontairement pluridisciplinaire. Parmi les intervenants de 2009 Joëlle Ben Hamida, directrice adjointe de Pictet et Cie, Juan Carlo Torres, CEO de Vacheron Constantin, ou encore Philippe Le Moult, directeur des relations institutionnelles de Dior Couture, se relaieront pour traiter de thèmes tels que la mondialisation, le marketing, la contrefaçon, ou encore la création dans le secteur du luxe.
Institutionnellement rattachée à la section HEC de l’Université de Genève depuis la rentrée 2008, la formation « Créations de Luxe et Métiers de l’Art » permet à une quinzaine de participants sélectionnés sur leur expérience professionnelle, leur niveau d’étude et leur motivation à élargir leur approche dans ce domaine particulier, d’obtenir un diplôme reconnu au niveau européen. Le fait qu’elle devienne, à partir de septembre 2009, une option possible dans le cadre d’un MBA HEC montre, selon Nadège Sougy, que « cet espace de travail est loin de n’être qu’une simple caisse de résonnance pour des professionnels ». Tout en proposant un séminaire pédagogique au caractère magistral, la formation n’hésite pas se déplacer hors les murs pour des visites de terrain : demi-journée dans les ateliers Vacheron Constantin, visite de la Fondation Yves Saint-Laurent à Paris, ou d’ateliers confidentiels viennent ajouter, aux aspects purement théoriques enseignés, les questions soulevées par le savoir-faire des métiers de l’art. Et chaque année, la grille de cours est réévaluée en fonction de l’actualité du secteur, permettant ainsi de coller au plus près aux préoccupations des professionnels du secteur.
Un espace de rencontre pour professionnels et passionnés du luxe.
Si les étudiants participants sont quasiment tous issus du milieu professionnel du luxe, leur profil et leur motivation varient fortement en fonction de leurs parcours respectifs. Si la plupart négocient avec leur employeur pour un financement ou des aménagements d’horaires, certains peuvent profiter d’une période de chômage pour une réorientation alors que d’autres sont envoyés sur décision de leur Directeur des Ressources Humaines afin d’acquérir de nouvelles connaissances. David Riboli, Responsable Développement Modèles Cadrans chez Rolex, voit dans cette formation un moyen de « rencontrer des intervenants de tous milieux, portant un regard particulier sur le secteur. Elle nous ouvre les yeux sur le monde du luxe en général, sur ces méthodes de communication, sur les modes de consommation des pays émergents, mais aussi des grands consommateurs que sont l’Europe, le Japon ou les USA ». Enfin, certains étudiants choisissent la formation à la carte, ne participant qu’à certains modules, lorsqu’ils souhaitent avant tout approfondir leurs connaissances sur un domaine bien précis, ou encore rencontrer des personnalités insérées dans ce domaine.
Car la formation « Créations de Luxe et Métiers de l’Art » est aussi un « formidable outil de réseautage, mettant en relation les étudiants aussi bien entre eux qu’avec les intervenants » nous indique Nadège Sougy. Le relationnel y occupe en effet une place importante, et permet parfois la création de projets communs. Ainsi, un banquier et une parfumeuse ont-ils pu fusionner leurs intérêts, moyens et compétences pour organiser un évènement sur l’odorat et le vin. D’autres personnes, par ce moyen relationnel, peuvent aussi trouver un nouvel emploi. Pour Brigitte Berthet, Responsable Communication de la Formation, cet outil est un formidable moyen de rencontres « qui font avancer les gens vers des horizons qu’ils n’auraient pas osé explorer auparavant ».
Un sponsor de renom dans le secteur du très haut de gamme : Vacheron Constantin.
En faisant découvrir à un public diversifié des métiers encore très proches de l’artisanat, la formation « Créations de Luxe et Métiers de l’Art » contribue à les promouvoir et les pérenniser. Dès lors, un partenariat entre l’Université de Genève et Vacheron Constantin semblait évident.
En effet, hormis une vision commune tournée vers l’excellence, ces deux institutions partagent au travers de cette formation des valeurs qui définissent leur identité.
Le fait que les professeurs Sougy et Verley soient deux historiens de renommée internationale a grandement joué dans le choix de ce partenariat. Pour Samira Marquis, Directrice du Département Ressources Humaines de Vacheron Constantin, « notre Maison a contribué de manière significative à l’histoire et au patrimoine de l’horlogerie. Toutes les entreprises ne peuvent se targuer de 250 années de savoir-faire cumulés! ». Le rapprochement de ces deux institutions paraît donc quasiment naturel, tant l’histoire revêt une importance particulière pour elles deux.
De plus, la formation constitue l’un des piliers de la culture de la Manufacture Vacheron Constantin, « elle est dans notre ADN, dans nos gênes » nous indique Samira Marquis. En effet, l’acte fondateur de Jean-Marc Vacheron en 1755 a été l’engagement d’un apprenti. Les savoirs et savoir-faire dans le domaine de l’horlogerie sont essentiellement transmis par le biais d’une formation sur le terrain, fonctionnant sur l’interaction d’un binôme maître/apprenti plutôt que sur un apprentissage purement théorique. La formation « Créations de Luxe et Métiers de l’Art » s’intéresse quant à elle aux professions des secteurs du marketing et de la communication. Elle n’en apporte pas moins « une très forte valeur ajoutée aux personnes qui la suivent » nous fait remarquer Samira Marquis. Cette dernière a d’ailleurs proposé à deux de ses collaborateurs de suivre cette formation, afin de leur donner une vision et une culture plus générale du luxe.
Offrant chaque année à une quinzaine de professionnels du luxe la possibilité d’élargir leurs connaissances de ce secteur et d’étoffer leur réseau de relation, la formation « Créations de Luxe et Métiers de l’Art » demeure aujourd’hui encore la seule du genre en Suisse romande et en Europe. En apportant une nette valeur ajoutée à la carrière parfois longue de ses étudiants, elle n’est que l’un des exemples de ces filières rattachées au Service de la Formation continue de l’Université de Genève permettant de relancer ou de renouveler une carrière.

 

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