France: Discrimination salariale d’employés homosexuels

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Pour la première fois, deux économistes de l’université d’Evry ont étudié la discrimination salariale entre hétérosexuels et homosexuels. Ils ont découvert un fossé de 6,5% dans le privé et de 5,5% dans le public. Ce résultat est basé sur un échantillon de 904 cas. « Après avoir écarté tous les biais qui auraient pu fausser les résultats, nous arrivons à un écart de rémunération que l’on dit inexpliqué » détaille Thierry Laurent, co-auteur de l’étude. Seuls les hommes sont concernés. Les moins diplômés et les plus jeunes sont les moins discriminés, alors que l’écart va grandissant avec les diplômes et l’expérience. Les résultats de l’étude se rapprochent des écarts de salaires observés à l’étranger, mais il faut y ajouter la « prime de mariage » concédée en France. Un homme marié gagnera en effet en moyenne 4% de plus qu’un célibataire. Les homosexuels ne pouvant avoir accès au mariage sont donc pénalisés. Selon une étude parue en octobre 2007 aux Etats-Unis, sur l’étude 91’000 cas, un salarié gay gagne en moyenne 23% de moins qu’un homologue marié. En France, ces différences de salaire s’expliquent par une homophobie ambiante. Un sondage CSA réalisé en mars 2009, révélait que 28% des salariés du privé ne se sentent pas « très à l’aise » avec le fait qu’un collaborateur soit homosexuel reste que la lutte contre cette discrimination est difficile. Et de rappeler que cette différenciation peut-être passible de trois ans de prison et 45’000 euros d’amende.

Source: Libération. 23.08.2010