Innovation : Tabrasco vous fait vivre en direct les sensations d’un athlète

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Dans un entretien à Geneva Business News, Xavier Veuthey, CEO de Tabrasco, et Cédric Bornand, Professeur à la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD) à Yverdon-les-Bains, racontent l’aventure réussie de leur entreprise, ainsi que leurs ambitions et options stratégiques pour garantir un succès pérenne à la jeune société. Xavier Veuthey explique aussi les raisons pour lesquelles il a décidé d’abandonner son siège de CEO en 2014 et ce qu’il envisage de faire par la suite.

Qui n’a jamais rêvé de visualiser le rythme cardiaque d’Usain Bolt prenant le départ d’un 100 mètres ou celui d’un joueur de football s’apprêtant à tirer un penalty? Une jeune entreprise vaudoise permet déjà cela pour les archers. Lors de la phase finale de la Coupe du Monde du tir à l’arc qui a eu lieu à Tokyo en septembre 2012, les téléspectateurs ont pu voir sur leur écran le rythme cardiaque des athlètes !

En effet, Tabrasco a obtenu un marché de la Fédération internationale de tir à l’arc pour produire des appareils permettant de mesurer la fréquence cardiaque des archers lorsque ceux-ci s’apprêtent à décocher leurs flèches. Une telle fonctionnalité pourrait significativement améliorer la popularité d’une discipline sportive qui passionne pour l’instant moins que le 100 mètres, par exemple.

L’exploit de Tabrasco a consisté à produire et commercialiser un tel appareil en moins d’une année. Cet objet miniature, qui ne mesure que trois centimètres (3 cm), est placé sur le bas du corps afin de ne pas interférer avec le tir de l’archer. Les données biométriques mesurées sont alors transmises via un réseau sans fil à un serveur informatique d’où elles sont extraites pour être analysées ou affichées sur l’écran du téléspectateur. Au-delà du fait que le produit peut améliorer l’attractivité télévisuelle d’un sport, il sert aussi aux professionnels à améliorer leur performance. Ceux-ci peuvent en effet corréler leur performance avec les données biométriques mesurées et ainsi identifier les conditions physiologiques qui favoriseraient le plus leur réussite dans une compétition. Quand verra-t-on un tel service dans les autres sports ?

 

« Tout a commencé sur la terrasse d’une taverne à Athènes en marge d’un congrès en 2008 lorsque la Fédération Internationale de Tir à l’Arc m’a parlé pour la première fois de ses besoins. »

Xavier Veuthey, CEO Tabrasco

Le produit et les défis relevés

Geneva Business News: Votre appareil de mesure du rythme cardiaque connaît un vif succès un peu plus d’une année après la naissance de Tabrasco. Il est déjà utilisé par la Fédération Internationale de Tir à l’Arc. Comment vous est venue l’idée d’un tel produit?

Xavier Veuthey : Tout a commencé sur la terrasse d’une taverne à Athènes en marge d’un congrès en 2008 lorsque la Fédération Internationale de Tir à l’Arc m’a parlé pour la première fois de ses besoins. C’était avant les Jeux Olympiques de Beijing. Nous étions assis là, au pied de l’Acropole, au-dessus de l’Agora, un lieu certainement symbolique pour les archers. La fédération avait la volonté de rendre son sport plus excitant pour le téléspectateur de manière à susciter plus d’engagement de la part de celui-ci. Le moyen envisagé était de mesurer le rythme cardiaque des athlètes, étant donné que ce paramètre avait un impact important sur la performance de l’athlète. En effet, plus le rythme cardiaque de l’archer est bas et maîtrisé, plus ferme est la trajectoire de la flèche et plus de chances celle-ci a d’atteindre le centre de la cible. Le spectateur peut ainsi se plonger dans les variations d’adrénaline de l’athlète, d’où un engagement plus important de sa part dans la compétition. De retour en Suisse, j’ai consulté mes contacts à la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud afin d’évaluer la faisabilité d’un tel projet. C’est ainsi que les discussions ont commencé. Il était évident que nous ne pourrions pas être prêts pour les jeux de Beijing. Il a fallu deux ans pour s’accorder sur les besoins et les différentes solutions. L’aboutissement de ce processus a été la création de Tabrasco au premier semestre de 2011 et le lancement du produit une année plus tard.

Comment fabrique-t-on un tel produit en moins d’une année? Quels ont été vos principaux défis ?

Xavier Veuthey : Le développement a effectivement pris une année, après les deux années consacrées à peaufiner les besoins, la faisabilité technique et le plan d’investissement. Nos défis ont été de deux ordres : d’abord technologique, puis « business ». Nous nous sommes aperçus très tôt que la réussite du projet dépendait de l’acceptation de l’appareil par ses utilisateurs finaux, c’est-à-dire les archers. Où fallait-il poser un tel appareil sans déranger l’archer ? De la réponse à cette question dépendait le choix de la technologie. Les ingénieurs avaient imaginé une palette d’options.

 « Il était inacceptable pour un archer de porter un appareil à un endroit, tel le haut du corps, où il aurait été gêné dans son activité de tir. (…) Changer de référence tout en faisant des mesures fiables était notre principal défi technologique. »

Cédric Bornand, Prof. HEIG-VD

Cédric Bornand : Il était effectivement inacceptable pour un archer de porter un appareil à un endroit, tel le haut du corps, où il aurait été gêné dans son activité de tir. Pourtant, le haut du corps aurait été l’endroit idéal, puisque l’étalonnage des mesures cardiaques est fait aujourd’hui par rapport à cet emplacement. Changer de référence tout en faisant des mesures fiables était notre principal défi technologique. Nous avons convenu avec la fédération internationale de tir à l’arc de poser le capteur sur le bas du corps, en particulier sur la jambe. En plus de l’emplacement du capteur, un autre souci qui a surgi lors des discussions est l’utilisation des données ainsi collectées sur les archers. Lors d’une compétition, il ne faudrait certainement pas permettre aux athlètes d’avoir accès aux mesures biométriques de leurs concurrents. Il est donc apparu essentiel de bien appréhender l’environnement dans lequel notre produit serait utilisé.

XV : En plus des considérations d’écosystème, un autre défi, de type « business » cette fois-ci, a été de passer de l’intuition à une ébauche de plan d’affaires susceptible d’intéresser des partenaires et investisseurs potentiels. Surtout pour un produit qui change les références de mesure et est soumis à autant de contraintes d’utilisation ! Nous avons eu la chance de bénéficier des facilités uniques mises en place par le Canton de Vaud et l’incubateur Y-Parc SA. Ces facilités couvrent à la fois le financement et l’accompagnement tout au long de la phase de lancement. Sans ces appuis, nous aurions eu plus de peine à lancer notre produit en un temps aussi court.

On comprend aisément que votre produit intéresse une fédération qui affiche la volonté d’augmenter sa notoriété. Qu’est-ce que votre produit apporte à l’athlète ?

« Notre produit permet à l’athlète de connaître ses forces et faiblesses en situation réelle de stress et ainsi de définir une meilleure stratégie d’entraînement. C’est un plus indéniable qui n’existait pas auparavant. »

Cédric Bornand

CB : Les mesures sur les athlètes sont aujourd’hui faites dans des laboratoires, donc bien loin des conditions réelles d’une compétition. Notre produit mesure des données alors que l’athlète est dans des conditions réelles d’entraînement et de compétition. Il permet donc à l’athlète de savoir comment il se comporte, sur le plan physiologique, lors d’une compétition. Cela lui permettra de connaître ses forces et faiblesses en situation réelle de stress et ainsi de définir une meilleure stratégie d’entraînement. C’est un plus indéniable qui n’existait pas avant le lancement de notre produit.

Vous semblez n’avoir pas eu besoin d’un plan d’affaires pour commencer à développer votre produit. Était-ce dû à un concours de circonstances ou à l’excellence de votre projet?

XV : Je dirigeais une société (F2FX) qui avait déjà une assise auprès des fédérations sportives. Nous ne démarrions pas de zéro. Ceci a certainement rassuré nos interlocuteurs. Le fait que la demande pour le produit provienne d’un client, la Fédération Internationale de Tir  l’Arc, a aussi servi d’élément rassurant. Pour le reste, le concours de circonstances est surtout dans le fait que cette fédération ait pensé à nous pour développer ce produit, mais ce n’était pas totalement fortuit, nos produits précédents avaient déjà satisfait les fédérations internationales de sport.

Stratégie de croissance

En plus du tir à l’arc, quels autres sports envisagez-vous de convaincre à l’avenir?

« Nous envisageons de décliner notre produit pour huit sports. Pour ce faire, nous devrons bien connaître les données physiologiques pertinentes pour chaque sport (…) (et) tenir compte du fait que, dans beaucoup de sports, l’athlète sera en mouvement. »

Xavier Veuthey

XV : Nous envisageons de décliner notre produit pour huit sports. Pour ce faire, nous devrons bien connaître les données physiologiques pertinentes pour chaque sport, ce qui entraînera un énorme travail de recherche supplémentaire. En outre, il faudra tenir compte du fait que, dans beaucoup de sports, l’athlète sera en mouvement et qu’il faudra faire des mesures sur un corps mobile. Ceci rajoute une difficulté supplémentaire que n’ont pas les appareils de mesure classiques utilisés dans le bureau du docteur ou dans un laboratoire. Nous collectons déjà beaucoup de données grâce à notre capteur. L’étape suivante sera d’évaluer la pertinence de ces données pour les différents sports et d’étudier l’environnement dans lequel notre produit sera utilisé à chaque fois. Comme pour la première version de notre produit, nous ferons appel à Human Centricity, une entreprise qui a développé une plate-forme innovante de prédiction de l’acceptation d’un produit par les usagers avant que ce produit ne soit largement diffusé. Human Centricity a été et sera un de nos atouts dans l’extension de notre produit à d’autres sports.

Actuellement, vous semblez miser beaucoup sur l’utilisation de votre produit dans les compétitions sportives, d’où vos bonnes relations avec les fédérations basées dans la région lémanique. Il est clair que le potentiel d’un tel marché (c’est-à-dire les compétitions sportives, les entraîneurs et les athlètes) est encore énorme. Envisagez-vous toutefois d’autres marchés comme celui des sportifs amateurs? D’aucuns pourraient imaginer une vente par Internet, par exemple.

« A terme, le marché des sportifs amateurs nous intéresse. Ce nouveau segment de marché est différent de notre cible actuelle qui est le sport professionnel. (…) Il faudra dans ce cas simplifier encore plus notre produit ou, en tout cas, la présentation des résultats. »

Xavier Veuthey

XV : A terme, le marché des sportifs amateurs nous intéresse. Ce nouveau segment de marché est différent de notre cible actuelle qui est le sport professionnel. En effet, si un sportif professionnel ou un entraîneur n’ont aucune objection à passer du temps pour analyser les données afin d’obtenir des informations stratégiques, le sportif amateur qui s’entraîne une demi-heure par jour aura moins de patience. Il faudra dans ce cas simplifier encore plus notre produit ou, en tout cas, la présentation des résultats.

Afin d’élargir votre marché aux sportifs amateurs, ne serait-il pas envisageable de mettre votre technologie sur les smartphones ou de conclure des partenariats avec des fabricants de smartphones ?

XV : C’est envisageable. Nous prévoyons de développer des applications pour les smartphones. Ce sera notre premier pas vers les sportifs amateurs. Pour le court terme, c’est l’option que nous avons choisie et qui nous apparaît comme ayant le meilleur rapport bénéfice-coût. A moyen terme, une intégration industrielle plus poussée dans l’environnement des smartphones sera évaluée.

A priori, on pourrait penser qu’un produit fabriqué aussi rapidement présente peu de barrières d’entrée et que n’importe qui pourrait facilement et rapidement entrer sur le marché et vous  concurrencer. Comment vous prémunissez-vous contre une telle éventualité? Quels sont vos avantages concurrentiels et/ou comparatifs ?

« Nos avantages concurrentiels sont : nos relations privilégiées avec les fédérations sportives, notre excellente connaissance des données physiologiques des sportifs, notre position de pionnier, et notre technologie qui a été brevetée »

Xavier Veuthey et Cédric Bornand

XV : Du point de vue du business, la première grande barrière d’entrée est constituée par les relations que nous avons réussi à tisser avec les fédérations. Ces relations durent depuis de longues années. La seconde barrière est évidemment toutes les connaissances physiologiques que nous avons accumulées sur les sports. Il ne faut pas non plus oublier la barrière que constitue notre position de pionnier, c’est-à-dire de première entreprise à commercialiser un produit qui reproduit la montée d’adrénaline que subit un athlète pendant une compétition.

CB : L’algorithme que nous avons développé et breveté constitue aussi une grande barrière de protection. Il faudra plusieurs années d’efforts pour trouver quelque chose de meilleur. Etant donné notre expérience et les évolutions que nous avons déjà planifiées pour notre produit, nous avons une bonne confiance dans nos chances de maintenir notre avance technologique et commercial.

 

Quelles sont les prochaines évolutions de votre produit?

XV : Comme je l’ai indiqué, nous allons décliner notre produit pour huit autres disciplines sportives, ce qui conduira à inventer d’autres formules pour mesurer les valeurs physiologiques pertinentes pour chacun des sports. Le produit connaîtra donc des évolutions majeures. Nous envisageons aussi des partenariats au travers desquels nous pourrons coupler notre produit avec d’autres appareils. Enfin, l’élargissement du marché aux sportifs amateurs fait partie aussi des axes d’évolution de nos produits.

Comment voyez-vous Tabrasco dans 5 ans?

« (Dans cinq ans,) je nous vois non seulement multiplier notre chiffre d’affaires par un facteur important mais aussi consolider les bases d’une croissance durable. »

Xavier Veuthey

XV : Je vois Tabrasco croître très rapidement avec beaucoup de succès dans tous les axes d’évolution que je vous ai mentionnés plus tôt. Je nous vois non seulement multiplier notre chiffre d’affaires par un facteur important mais aussi consolider les bases d’une croissance durable au bénéfice des clients, des employés, des actionnaires et des organes qui nous ont aidés dans notre développement.

CB : Sur le plan technologique, nous aurons aussi beaucoup innové d’ici cinq ans pour consolider notre avance. La technologie aura certainement aussi évolué. Nous suivons les efforts de recherche en cours, comme ceux consistant à implanter une puce sous la peau afin de recueillir des données biométriques. Vous me demanderez certainement si une telle avancée pourrait menacer Tabrasco. N’oublions pas que notre algorithme permettant de mesurer le rythme cardiaque à un endroit autre que le haut du corps a été breveté. Tabrasco a donc toutes les chances de pouvoir se greffer sur nombre des avancées actuellement en phase de recherche. Je suis donc confiant dans l’avenir de Tabrasco sur le plan technologique.

Gouvernance

Plusieurs entrepreneurs s’accrochent à leur poste de CEO aussi longtemps qu’ils le peuvent. Vous êtes une exception, car vous avez annoncé votre retrait de votre poste pour 2014. Vous semblez même avoir déjà recruté votre successeur. Quelles sont les raisons de ce retrait?

XV : Nous avons chacun un profil qui nous rend plus utile et épanoui dans l’une ou l’autre phase du cycle de vie d’une entreprise. Le mien est plus en adéquation avec le lancement d’une entreprise qu’avec la gestion de celle-ci en phase de croisière. J’adore définir des stratégies, monter et animer une équipe dans le but de lancer un produit ou une entreprise. Lorsque celle-ci est sur les rails de sa croissance, je pense que la gestion doit en revenir à quelqu’un ayant un profil plus financier et économique.

Comment voyez-vous votre vie après  2014? Encore d’autres projets d’entreprises ?

« (Après 2014), je me vois toujours enseigner aux étudiants le goût d’entreprendre en leur montrant des exemples bien concrets de mon implication dans une aventure comme Tabrasco. »

Cédric Bornand

XV : Il y a différentes options. Nous verrons, le moment venu, laquelle sera la plus convenable. Il me semble prématuré de parler de mon avenir dans la phase où se trouve Tabrasco. J’ai annoncé mon retrait par souci de transparence. Je resterai associé d’une manière ou d’une autre au destin de l’entreprise.

CB : Je me vois toujours enseigner aux étudiants le goût d’entreprendre en leur montrant des exemples bien concrets de mon implication dans une aventure comme Tabrasco. Il est clair que tous les étudiants ne seront pas des entrepreneurs mais une sensibilisation aux problématiques de la création d’entreprise aidera toujours l’étudiant devenu salarié à élargir le champ des responsabilités de sa position et à comprendre les impératifs des dirigeants. Ma mission est de préparer les étudiants à créer d’autres Tabrasco, Kudelski ou Logitech.

Comment une entreprise en croissance comme la vôtre gère-t-elle son capital humain, c’est-à-dire ses collaborateurs ? Comment les recrutez-vous et comment essayez-vous de les garder ?

XV : Nous recrutons essentiellement par cooptation. L’exemple fréquent est celui de quelqu’un qui nous donne des conseils ou un coup de main sur un point particulier et qui plus tard montre son intérêt à nous rejoindre. Nous fonctionnons beaucoup par réseau. Depuis que la presse s’intéresse à notre produit, nous recevons beaucoup de candidatures spontanées et avons ainsi pu constituer une base de données très intéressante dans laquelle nous puisons à l’occasion. Avec le développement de l’entreprise, nous allons étoffer notre activité de gestion des ressources humaines.

Des entrepeneurs qui privilégient la simplicité

Xavier Veuthey, vous êtes un serial entrepreneur. D’où tenez-vous cette fièvre de l’entrepreneuriat ?

« Je suis issu d’une famille dont la tradition entrepreneuriale remonte à 1795, soit 217 ans de filiation. Le premier brevet de la famille a été déposé en 1897. Quant à moi-même, ma première aventure entrepreneuriale a eu lieu au Cameroun. »

Xavier Veuthey

XV : Je suis issu d’une famille dont la tradition entrepreneuriale remonte à 1795, soit 217 ans de filiation. Le premier brevet de la famille a été déposé en 1897. Quant à moi-même, ma première aventure entrepreneuriale a eu lieu au Cameroun. Dans le cadre d’un grand groupe, j’ai créé une filiale autonome qui exportait de l’ananas vers l’Europe. Ce fruit provenait aussi d’autres pays africains. J’ai été fier de constater, il y a quelques temps, que cette filiale existait toujours, même si le groupe fut démantelé et vendu en morceaux.

Beaucoup de dirigeants ont des habitudes bien ancrées comme de se lever tous les jours à 5h pour faire des exercices physiques. On pourrait parler de rituels dans certains cas. Qu’en est-il de vous ?

XV : Je ne me lève pas à 5h du matin pour faire des exercices physiques. Par contre, je prends mon temps pour déguster mon thé le matin. Je m’alloue une heure de temps pour penser aux défis de la journée et aux décisions que je serais amené à prendre pendant la journée. Dans les moments tempétueux où je dois affronter des situations difficiles, je privilégie les repas entre amis et la marche à la montagne. J’aime bien m’octroyer deux jours de retraite à la montagne où je me coupe de la civilisation, marche, dors dehors et me ressource. Mon séjour en Afrique m’a appris à simplifier mon lieu de vie, ce qui prédispose aussi beaucoup à aller à l’essentiel et à relativiser.

CB : Sans avoir connu un dépaysement à la mesure de celui décrit par Xavier, j’ai appris à m’occuper des choses sans m’en préoccuper. Mon lieu de vie est très proche de la nature qui est un élément évident de décompression. Mon rituel matinal est tout aussi naturel et précieux : je commence ma journée par un déjeuner en famille. Je puise mon énergie quotidienne de ce premier instant de communion familiale.

 

Propos recueillis par Constant Gbaguidi.

Photos: Tabrasco ©

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