C’est sur l’île norvégienne du Spitzberg que se trouve la Réserve mondiale des graines, destinée à conserver les semences des différentes cultures de la planète.
Environ 900 000 espèces sont ainsi conservées dans un bunker construit à 120 mètres de profondeur. Inauguré en 2008, celui-ci offre une capacité de stockage de 1500m3 dans une atmosphère à -18 degrés.
Selon les spécialistes, les semences pourraient être conservées durant des milliers d’années dans ces conditions.
En mars 2017, c'est au tour de l’Arctic World Archive d'être ouvert.
Conçue par la société norvégienne Piql, elle a pour vocation de conserver l’histoire de l’Humanité, en cas de catastrophe mondiale notamment.
Différents types de données peuvent y être conservés, que ce soit des textes, des photos ou encore des vidéos. Si la réserve de graines est à but non lucratif et financée par l’État et différentes ONG internationales, le stockage de données lui est payant.
Toujours en Norvège, la société américano-norvégienne Kolos projette de construire le plus grand data center au monde, prévu pour 2018. Le site s’étendra sur 60 hectares près de la ville de Ballagan.
Le climat devrait profiter au refroidissement des serveurs, étant donné que les ordinateurs qui tournent en permanence produisent beaucoup de chaleur.
Au niveau énergétique, le centre de données pourrait consommer jusqu’à 1000 mégawatts par année d’ici à 10 ans selon les estimations. Il sera alimenté entièrement par des énergies renouvelables.
Dans la région arctique, Facebook à également installé deux data center, respectivement en Suède et au Danemark. Apple en possède également deux dans ce même pays, et un troisième est prévu pour 2019.
Ainsi depuis quelques années, l’Arctique et plus particulièrement les pays scandinaves sont de plus en plus utilisés comme lieux de stockage. Pourquoi un tel engouement ?
Tout d’abord ces pays possèdent une législation solide concernant la protection des données, ainsi qu’une bonne stabilité politique.
L’Arctique est également un lieu idéal, de par sa position, pour connecter l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.
Le climat permet aussi de refroidir les serveurs d’une manière écologique.
Un autre bon point est l’énergie renouvelable. En effet, la Norvège a récemment investi dans des centrales hydroélectriques et des fermes éoliennes, ce qui en fait l’énergie la moins chère d’Europe.
Pour autant, les données sont-elles vraiment en sécurité ? Au printemps dernier, la glace a fondu plus vite que prévu, occasionnant une inondation dans la Réserve mondiale des graines. Cependant, il s’agirait d’un défaut dans la construction qui a occasionné une fuite. Aucun dégât n'a été constaté.
Une telle concentration de données pourrait occasionner un risque stratégique pour la région. En cas de conflit, les data centers pourraient devenir une cible de choix. Il faudrait protéger les données contre le risque d’attaques informatiques ou militaires.
Néanmoins la Réserve mondiale de graines et l’Arctic World Archive devraient ainsi être à l’abri en cas de conflit. En effet, l’archipel du Svalbard où ils sont situés, est protégé par un traité international. L’archipel bénéficie de la même protection que l’Antarctique et la Lune.
Sources :
http://www.innovation-et-design.fr/data-bunker-de-fin-monde/
https://www.lematin.ch/monde/arctique-grenier-planete/story/30531923
http://www.latribune.fr/technos-medias/l-arctique-s-apprete-a-accueillir-le-plus-grand-data-center-au-monde-748006.html
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