Le Bien-être au travail: un investissement essentiel et rentable!

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Assurer le bien-être du personnel de son entreprise par le biais de cours de sport, d’installations confortables, de repas équilibrés ou de sorties entre collègues devient, peu à peu, incontournable. Grâce à un environnement agréable, des conditions de travail optimales et des facilités pour résoudre les tracas quotidiens, les performances des employés seraient améliorées, leur créativité boostée et les fléaux que sont l’absentéisme et le présentéisme seraient efficacement combattus. De même, l’amélioration des relations entre collègues offrirait une plus grande rapidité dans l’exécution et la transmission des informations. Ce n’est pas un hasard si les entreprises se soucient de plus en plus de cet aspect, car les avantages sont nombreux, comme le souligne Sandra Bellani directrice des Ressources Humaines de Losinger : « ces pratiques permettent non seulement de favoriser le bien-être de nos collaborateurs, afin de maintenir puis accroître notre performance économique mais aussi d’inscrire nos relations professionnelles dans la durée ».

© Google

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Se sentir bien, pour donner le meilleur de soi-même

Se sentir bien au travail c’est donc, en premier lieu, la garantie de donner le meilleur de soi-même. Le bien-être au travail est même devenu un argument pour attirer les meilleurs éléments. Sur la page de recrutement de Google, l’entreprise californienne s’autoproclame « The best company to work for », ce qui n’est pas de la publicité mensongère puisque la firme de Mountain View figure régulièrement depuis 2007 dans le top 5 établi par le magazine américain Fortune, qui désigne les entreprises où il fait bon travailler. La philosophie de Google est résumée par son co-fondateur Larry Page de la manière suivante : « We don’t want you to have a great job. We want you to have a great life. We provide you with everything you need to be productive and happy on and off the clock ». Un employé heureux et en bonne santé le sera aussi dans sa vie privée et véhiculera une image positive de l’entreprise à laquelle il s’identifiera davantage, sans chercher à la quitter. Sandra Bellani confirme cette idée: « Nous avons mis sur pied notre démarche en 2007, afin de fidéliser nos collaborateurs et de leur permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie privée ». Faire en sorte que l’employé ne se préoccupe pas de ses soucis quotidiens pour qu’il se concentre pleinement sur son travail, voilà la clef d’un rendement optimal. C’est pourquoi, parmi les aides que Google offre à ses nouveaux employés, on retrouve, entre autres, la recherche d’un appartement, ou d’une garderie.

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Se changer les idées pour être plus créatif

Mais ce n’est pas tout ! Au siège de Zurich, les 600 employés qui évoluent dans une ambiance pop multicolore qui ferait pâlir d’envie les éternels adolescents, disposent d’un grand choix de nourritures et de boissons gratuites à toute heure. Nul besoin donc de se préoccuper de faire les courses. De même, alors que certains traversent la ville pour se rendre au fitness, tentent de caser dans leur agenda un rendez-vous chez le coiffeur, ou rêvent d’un massage pour apaiser leurs douleurs lombaires, les « Googlers » eux, n’ont pas ce souci puisque tout est sur place. Ainsi on y trouve une salle de sport qui abrite différents cours tels que le spinning, le yoga, ou tai chi, et même la possibilité d’être conseillé par un entraîneur. Côté détente, le collaborateur appréciera une grande salle de massage qui n’a rien à envier aux instituts de la place, un coiffeur qui vient rafraîchir les coupes des employés toutes les deux semaines et, comble du confort, une salle de détente surnommée la « Water Lounge », dans laquelle des aquariums incrustés à même la paroi éclairent des fauteuils de relaxation et des baignoires remplies de gros carrés de mousse. Le cadre et la musique évoquant les profondeurs de l’océan permettent de déconnecter totalement et de se vider l’esprit. De retour au bureau, le travail n’en sera que plus efficace, comme l’explique Matthias Meyer, le chargé de communication de Google Zurich : « Rester huit heures par jour devant l’écran de son ordinateur n’est pas productif. Comme les bonnes idées ne viennent pas forcément au bureau, nous mettons à la disposition des « Googlers » différentes salles de jeux équipées de babyfoot, Wii, Guitar Hero, Air Hockey, billard et autres jeux de société. Dans chacun de ces espaces se trouve un tableau blanc sur lequel les ingénieurs peuvent écrire leurs idées, lorsqu’elles surgissent, par exemple, en pleine partie de billard ».

Ping Pong Google

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Encourager la pratique d’un sport et donner des conseils santé

Dans les autres entreprises, selon les budgets et les possibilités, des structures similaires voient le jour. La pratique du sport est, par exemple, très souvent encouragée. Chez Losinger, qui compte 887 employés en Suisse, les abonnements sont cofinancés à une hauteur de 300 francs par an. De même, des cours de yoga, de spinning et de pilates sont organisés sur les pauses de midi. Du côté des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), des cours de yoga ou d’autres sports sont aussi proposés par le biais d’une association culture et loisirs. Le milieu hospitalier s’y prêtant bien, les HUG organisent aussi des campagnes qui concernent non seulement le personnel et les patients, mais aussi la population genevoise. Ils encouragent, par exemple, l’exercice physique en préconisant l’usage de l’escalier, plutôt que celui de l’ascenseur. De même, un service spécialisé assiste ceux qui souhaitent arrêter de fumer en leur offrant diverses méthodes et conseils. Enfin, un programme de cellule dos qui intègre des cours de formation sur la manière de se tenir, sur l’identification des victimes de ce mal, sur la nature de celui-ci qui peut être multiple : physique, psychosomatique, début d’un burn out, etc. a été mis sur pied. Cela permet ainsi de rediriger les patients vers la personne adéquate avec un diagnostic et une solution. Chez Losinger, on veille aussi à la santé des employés, comme l’explique Sandra Bellani : « Chaque chef peut faire appel aux conseils d’un ergonome, d’un sophrologue ou d’un diététicien pour donner aux membres de son équipe une meilleure compréhension des attitudes génératrices de stress et un premier éclairage sur les comportements et positions à adopter pour gagner en sérénité et en équilibre ». Préserver la santé des collaborateurs de l’entreprise passe aussi par une nourriture appropriée. Aux HUG, la cafétéria possède le label « Fourchette verte », ce qui assure une nourriture saine et équilibrée dans un environnement qui respecte les règles d’hygiène et de tri. Chez Google, l’employé a, à tout moment, accès à des douceurs, des sodas ou des fruits. Toutefois, les menus du jour sont ornés de différentes couleurs qui guident les consommateurs dans leur choix en leur indiquant les aliments bons pour leur santé et ceux qui le sont moins, voire pas du tout.

Dunk Google

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Favoriser les contacts entre collègues

Ces activités n’améliorent pas seulement la forme des employés, elles leurs offrent aussi l’occasion de croiser des collègues des autres départements. Cela favorise une meilleure communication et une rapidité d’exécution. Chez Google, tout le bâtiment est d’ailleurs pensé de façon à ce que les collaborateurs se rencontrent et se mélangent dans les divers décors thématiques qui ornent les étages. De la cafétéria à la salle de sport en passant par les petits salons, les anciennes télécabines transformées en isoloir, les salles de jeux ou la bibliothèque, tout est ouvert. La transition d’un étage à l’autre se fait même par une perche, à la manière des casernes de pompier ! Aux HUG, on mise aussi sur ces échanges pour apporter des améliorations dans la vitesse d’exécution. De cette manière, comme l’affirme le Directeur des Ressources Humaines, Jacques Hertzschuch: « Les activités permettent de créer des réseaux ce qui facilite, par la suite, les contacts entre les collaborateurs et, de ce fait, les patients sont plus vite diagnostiqués ».

Renforcer l’esprit d’entreprise

S’ouvrir aux autres, resserrer ou créer des liens avec ses collègues renforce aussi l’esprit d’équipe et l’identification à l’entreprise, ce qui est un bon moyen de garder ses effectifs et d’éviter le turn over ou la fuite des bons éléments. En effet, si on se sent bien dans l’entreprise pour laquelle on travaille et qu’on s’identifie aux valeurs qu’elle véhicule, on n’envisagera pas de la quitter. Les relations professionnelles s’inscrivent donc dans la durée ce qui est un autre avantage pour l’employeur. C’est pourquoi, aux HUG, où 10’000 personnes se côtoient, on entend développer cela ces prochaines années à travers le plan stratégique 2010-2014, comme l’explique Jacques Hertzschuch : « Nous voulons développer le sentiment d’appartenance aux HUG. Les employés se sentent en premier lieu attachés à leur service ou au département auquel ils sont affectés avant de se sentir des employés des HUG. Nous envisageons un programme de mobilité pour développer des activités extra-professionnelles en vue de créer un esprit de cohésion et un état d’esprit ». Du côté de Google, cet esprit d’équipe est renforcé par une philosophie d’entreprise atypique et une très forte identification à la marque cultivée au travers de rituels. Ainsi, les nouveaux collaborateurs, les « Nooglers », se présentent aux anciens lors du Thank God it’s Friday, la réunion de bureau hebdomadaire, en effectuant leur arrivée par le toboggan menant à la cafétéria.

Meeting Informal  Google

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Chacun reste à sa place

Pour renforcer leurs équipes, certaines entreprises vont plus loin, en organisant des sorties ou des séjours à l’étranger. C’est l’occasion de découvrir ses collègues sous un autre jour, dans une ambiance plus détendue. Cependant, si les barrières hiérarchiques paraissent plier, elles ne rompent pas, même si le risque est toujours présent, comme l’explique Jacques Hertzschuch : « Le management et la hiérarchie doivent avoir la sensibilité de savoir jusqu’où on peut aller. Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir le même comportement qu’avec des amis ou la famille. Les collaborateurs nous perçoivent toujours comme hiérarchie. Il faut être en permanence sous contrôle, c’est fondamental ! Il ne faut surtout pas tomber dans l’abus inverse, et devenir « potes ». En tant que hiérarchie, il faut rester dans sa position hiérarchique. Il y a un danger si on oublie cela ». Pour que l’expérience porte ses fruits, il faut que l’équipe soit au complet. Mais que se passe-t-il si un employé ne joue pas le jeu ? « Comme il n’y a pas d’obligation, personne ne juge ceux qui ne participent pas. Nous respectons leur choix. Il se peut que ce soit toujours les mêmes qui ne viennent pas, cela permet ainsi d’identifier un problème qui peut être relationnel ou professionnel au sein du groupe. Nous devons donc agir pour le résoudre ».

Meeting Gondola Google

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Respecter l’environnement

Pour établir le degré de bien-être au sein d’une entreprise, le respect de l’environnement entre aussi en ligne de compte. Chez Google, plusieurs mesures sont en place. Outre le recyclage des déchets et la pose de stores qui s’adaptent à la luminosité extérieure, la mobilité douce est fortement encouragée. Les employés reçoivent, pour ce faire, une prime qu’ils peuvent investir comme ils l’entendent dans un abonnement de transports publics. En 2008, l’employeur a même offert à tous les « Zooglers » (« Googlers » de Zurich) un vélo aux couleurs de la marque. L’usage de la vidéoconférence est aussi privilégié au maximum, afin de limiter les voyages et la pollution qui en résulte. Enfin, le 1% des bénéfices est injecté dans des projets philanthropiques qui comprennent notamment des solutions pour l’énergie renouvelable, des technologies permettant de mesurer la consommation d’électricité de chacun ou de surveiller l’avancée de la déforestation. Aux HUG, le prêt de vélos électriques et des aides financières pour ceux qui désirent acheter une bicyclette à crédit, entrent aussi dans les mesures écologiques de l’hôpital.

Bien être massage

© Julie Bauer pour GBNews

Le bien-être, on l’a compris, est devenu un élément primordial, quelle que soit la taille de l’entreprise. Dès lors, une partie du budget annuel lui est désormais alloué, et c’est là le seul véritable inconvénient. Toutefois, le sacrifice financier vaut la peine car, en retour, selon les employeurs, les collaborateurs sont plus motivés, les relations de travail sont optimisées, l’image de l’entreprise est améliorée et les performances sont en hausse. Il s’agit donc d’un retour sur investissement non négligeable.

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