L’évolution du métier de photographe

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Divers points de vue de photographes

 

Le métier de photographe a beaucoup évolué ces dernières années. La technologie et surtout sa miniaturisation a permis le développement de machines beaucoup plus performantes que par le passé. Leur diffusion, non seulement dans les entreprises, mais aussi dans le cadre de la famille s’est généralisé. Si l’on se réfère simplement aux photocopieuses, reproductions faites par les photographes au départ, actuellement beaucoup de ménages suisses en possèdent une, intégrée à un scanner et une imprimante. De même pour les appareils photo, leur utilisation s’est simplifiée et miniaturisée, leur qualité améliorée au fil des années au point qu’ils sont intégrés d’office sur tous les téléphones portables. Il devient donc de plus en plus rare que l’on fasse appel à un photographe pour un certain nombre de prises de vue, ou du moins à l’extérieur.

L’évolution du métier de photographe

© Idée & Concept: Javier de la Cruz Photo & Post-production: Catherine Ferret

 

 

Nous avons souvent une idée préconçue sur la manière de travailler de certaines professions. La photo, métier artistique, en fait partie. Les voyages lointains, les mannequins, immortalisées au bord de plages ensoleillées ou dans des hôtels fabuleux, tout cela existe, mais ce n’est pas le travail de la majorité des photographes, loin s’en faut. Un certain nombre d’entre eux travaille dans l’ombre des studios à rectifier un éclairage, déplacer un flash, utiliser un nouveau fond, choisir le meilleur angle de prise de vue pour saisir la partie la plus photogénique d’une montre, d’un bijou, de pièces d’argenterie anciennes ou pour révéler les détails d’un tableau.

 

Différentes manières de travailler sont possibles comme j’ai pu m’en rendre compte avec M. M. Aeschimann, photographe spécialisé dans les reproductions de tableaux, de pièces d’argenterie, de sculptures et de meubles pour des sociétés de ventes d’antiquités ainsi qu’ avec un autre photographe, M. Pierre qui prend des prises de vue de montres et de bijoux. Ces deux photographes ont appris leur métier à l’école de photo de Vevey, pour le pratiquer dans des studios professionnels afin de parfaire leurs connaissances. Ils ont par la suite ouvert leur propre atelier, par choix ou par nécessité et par envie.

 

Disons le d’emblée, la prise de vue en noir et blanc n’est quasiment plus demandée par les clients (une à deux fois par an au maximum). Les prises de vue sont donc toutes effectuées en couleur, mais si M. Aeschimann travaille encore avec des films argentiques dont la technique est fiable et qui résiste au temps de manière sûre, son concurrent et ami utilise, lui, des appareils numériques. Cette nouvelle méthode de travail a en effet trouvé sa place dans les ateliers professionnels. Même si ce changement ne s’est pas fait sans quelques difficultés, la course aux pixels impose de s’adapter et d’acquérir régulièrement du matériel coûteux. D’autre part, la diminution de l’offre, en matière de films argentiques, tous formats confondus, annonce son déclin dans les années à venir. Cependant, le travail en argentique continue, car les négatifs sont souvent scannés avant de passer chez l’imprimeur ou dans les laboratoires. Pour M. Aeschimann, ceci lui permet de mieux appréhender les reproductions, en terme de peinture ou de gravure en particulier. Ce procédé impose toutefois un temps plus long consacré au développement des films et rallonge le délai de livraison du produit finit.

 

Le numérique donne en effet à son utilisateur la possibilité de travailler en continu et permet de voir le résultat de son travail en temps réel, ce qui s‘avère des plus utile au vu des délais très courts imposés par la production et le marché. La qualité du numérique s’améliorant sans cesse, il offre de grandes possibilités de travail en post production et un meilleur contrôle du produit final. D’ailleurs, M. Pierre officie dans son atelier avec un photographe entièrement dévolu au travail sur écran, le logiciel de référence dans ce domaine étant sans conteste Photoshop, même s’il en existe d’autres. Il faut dire que le numérique a modifié notre perception des images, tant en matière d’esthétique qu’en qualité. Il n’est pas rare, en effet, de devoir prendre plusieurs parties d’une même photo d’une montre ou d’un bijou pour n’en faire plus qu’une au final, afin que la netteté ou les détails dans les ombres ou les hautes lumières soient optimisés. Avec les nouvelles possibilités de corrections offertes par le numérique, les exigences qualitatives sont devenues plus élevées.

 

Pour conclure, je dirais que la photo numérique est un moyen à disposition du photographe de studio sur lequel il peut compter pour trouver de nouvelles sources d’inspirations ou de nouvelles manières de travailler. Toutefois, quelques soient les méthodes de travail, il n’en demeure pas moins qu’une bonne photo débute à la prise de vue et demande une bonne appréhension de l’éclairage des sujets à photographier pour les mettre en valeur et que l’œil, la vision, l’inspiration du photographe restent son principal outil.

 

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