Premiers États généraux de la formation continue

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Vendredi 24 septembre se tenaient à Renens les premiers États généraux de la formation continue organisés par la Conférence Romande de la Formation Continue. Cette journée d’échanges avait pour objectif de réfléchir avec les différents partenaires – institutions, entreprises, associations- aux enjeux et aux défis de la formation continue alors que déjà se prépare en coulisse un projet de loi-cadre qui devrait voir le jour en 2011.

États généraux de la formation continue
États généraux de la formation continue
© Conférence Romande de la Formation Continue

Si l’échéance est proche, les défis sont de taille. A travers des ateliers thématiques, des exposés et une table ronde, les participants ont tenté d’identifier les faiblesses de la formation continue en Suisse, et plus spécifiquement en Suisse Romande. Trois problématiques, qui constitueront le fil rouge de cette journée de réflexions, se sont dégagées : l’accessibilité, la validation des acquis de l’expérience et le financement, avec en toile de fond le manque de coordination des acteurs du marché, les inégalités géographiques et finalement l’absence de consensus autour de la définition même de la formation continue.

Chaque année, plus de 5 milliards de CHF sont investis dans la formation continue en Suisse. Un chiffre qui démontre certes combien elle est au centre des préoccupations étatiques, institutionnelles et économiques mais qui laisse percevoir des problèmes de gestion.

L’accessibilité pour tous

Sans qualification de degré secondaire II, il est difficile voire impossible d’accéder à la formation continue.
Le constat est unanime et la question de l’accessibilité, au cœur de tous les débats.
Comment rendre la formation continue accessible à tous ? Des dispositifs d’incitation tels que le CAF (chèque annuel de formation) ont montré leurs limites. Le public initialement visé est resté en marge tandis que les employés qualifiés ont continué à se former. Pourtant, la réinsertion par la formation continue est une question récurrente dans les débats. Déjà dans les années 90, la nécessité de soutenir les formations de base avait été affirmée pour ne pas stigmatiser des publics déjà fragilisés mais au contraire leur permettre de conserver ou de retrouver un emploi. Vingt ans plus tard, le constat est identique et les raisons invoquées telles que le manque d’accès à l’information et d’encadrement, la complexité des démarches ou encore la rigidité des formations, inchangées.

La validation des acquis de l’expérience

Deuxième pilier de la réflexion sur la formation continue, la validation des acquis de l’expérience pourrait apporter une réponse concluante au problème d’accessibilité. Tous les acteurs présents ont ainsi réaffirmé la nécessité de prendre en compte l’expérience « non-formelle » et « informelle » acquise tout au long de la vie (par opposition à la formation scolaire initiale dite « formelle ») et ce, pour permettre aux personnes qui n’auraient pas bénéficié d’une éducation suffisante de pouvoir évoluer et continuer à développer de nouvelles compétences. Parallèlement, une réflexion s’est ouverte sur l’intérêt d’encourager la perméabilité entre les formations et l’instauration de formations certifiantes. L’enjeu est d’autant plus fort que la mobilité géographique et la versatilité de l’économie conduisent de nombreux employés à se reconvertir et/ou changer d’entreprise. L’intérêt d’inscrire la nouvelle loi sur la formation continue dans un contexte international n’aura d’ailleurs pas échappé aux intervenants et à l’audience.

États généraux de la formation continue
États généraux de la formation continue
© Conférence Romande de la Formation Continue

Le financement

« Si vous pensez que la formation est chère, essayez l’ignorance ! » Boutade ou constat amer, le financement des formations continues reste une question épineuse et ce malgré les 5 milliards de CHF injectés chaque année. Vache grasse pour certains, vache maigre pour d’autres, les méthodes de financement divisent. Qui de l’État, des entreprises ou des individus doivent soutenir l’effort de la formation continue ? Comment instaurer un système de financement rationnel, équitable et durable ? Ces questions exigent de se pencher sur la nature et l’objectif social de la formation continue en tenant compte non seulement des spécificités régionales et individuelles mais aussi des enjeux démographiques et économiques. Dans un monde de plus en plus compétitif, la formation continue apparaît comme une arme de choix pour les entreprises et les espoirs que la révision du système soulève n’en sont que la preuve éclatante.

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