Sciences de la communication

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Le monde des médias et de la communication étant en pleine mutation, pour mieux le comprendre et le maîtriser, une formation à la page est nécessaire. Le Dr. Patrick Amey, maitre d’enseignement et de recherche, présente le Master en sciences de la communication et des médias de l’Université de Genève. En janvier dernier, nouveauté : un Institut en sciences de la communication, des médias et du journalisme, dont le but est de mener des recherches dans ce domaine, a ouvert au sein de la même Université.

Patrick Amey
Patrick Amey
© Elena Ruggiero-Jeker pour GBNews

Quels sont les objectifs et les atouts de ce Master?

Notre master a pour objectif de donner une formation générale et adaptée aux étudiants qui veulent exercer par la suite une profession en rapport avec la communication institutionnelle et avec le domaine des médias et du journalisme. Nous proposons une formation pluridisciplinaire qui propose à la fois des cours obligatoires regroupés en tronc commun et de nombreuses options de spécialisation à choix (droit des médias, traitement de l’information, économie des média, etc.). D’ailleurs, nous mettons l’accent sur l’apprentissage de méthodes et de techniques d’analyse qui permettent aux étudiants d’acquérir des compétences notamment en analyse du discours, analyse de contenu, ou techniques d’entretien.

Quelle est la spécificité de votre formation?

L’une des spécificités de notre Master est de proposer deux mentions : celle en « Communication et médias » et celle en « journalisme ». Les étudiants de la mention « Communication et médias » bénéficient d’une formation généraliste qui leur permet d’avoir une culture générale dans ces domaines. Leur cursus se termine par la rédaction d’un mémoire empirique qui présente les résultats d’une recherche personnelle. Les étudiants de la mention « Journalisme » suivent aussi des cours (déontologie du journalisme, d’écriture journalistique, de journalisme économique, humanitaire, etc.), mais se familiarisent en même temps avec les pratiques journalistiques en participant à des stages professionnels et à des ateliers animés par des praticiens. Les étudiants sont amenés à rédiger des articles et à contribuer à la production d’émissions de télévision et de radio. Ils obtiennent à la fin de leur cursus une carte de presse internationalement reconnue.

Quels sont les principaux débouchés de ce Master?

La formation est adaptée aux exigences du marché du travail. Diplômés, les étudiants de la mention « Communication et médias » trouvent du travail dans les organisations internationales, dans l’administration et les institutions publiques, dans le domaine des médias (presse, chaîne de télévision, Net), mais bien sûr aussi dans les entreprises du secteur privé (ex. : relations publiques, bureaux de presse, étude sur les publics ou les consommateurs). Quant aux étudiants diplômés de la mention « Journalisme », on les retrouve dans les médias suisses et européens, en entreprises de presse, à la télévision et à la radio, mais également dans le domaine du webjournalisme.

Selon quels critères choisissez-vous les étudiants pour les deux filières et quelle est la provenance des candidats ?

Tous les étudiants peuvent s’inscrire à ce Master en « communication et médias », quelque soit leur ancrage disciplinaire initial pour autant qu’ils soient détenteurs d’un diplôme de « Bachelor ». Nous recevons plus d’une centaine de candidatures chaque année et procédons à une sélection qui tient compte de la qualité des dossiers (bons résultats des évaluations aux examens du Bachelor notamment) et de la motivation des étudiants.

Pour la mention « Journalisme », nous sélectionnons les candidats sur la base d’entretiens individuels et testons leur maîtrise de l’écriture et leurs aptitudes à l’argumentation. Précisons aussi que le fait d’avoir déjà réalisé un ou plusieurs stages est un atout.

Quelle est la plus-value de la formation en communication -médias et en journalisme au moment où les étudiants cherchent à entrer sur le marché du travail?

Notre master permet aux étudiants d’acquérir des savoirs spécifiques et une compréhension générale de l’environnement professionnel des médias et de la communication. La mention « Communication et médias » vise aussi à développer des compétences méthodologiques et des aptitudes valorisées sur le marché du travail. Ainsi, avec le mémoire de fin d’étude, les étudiants soulèvent une problématique, proposent un diagnostic, utilisent des instruments de mesure adéquats pour vérifier des hypothèses, en se confrontant à une démarche à la fois analytique et synthétique qui leur servira dans leur futur métier. En fait, en fin de cursus, les étudiants ont des connaissances générales et actualisées et une capacité d’adaptation aux exigences du secteur de la communication qui est en pleine mutation aujourd’hui. Quant à la filière « Journalisme », elle fait appel aux aptitudes des étudiants à maîtriser les nouvelles pratiques et exigences de la profession de journaliste. Elle développe des compétences de pratique effective du journalisme, mais fournit aussi aux étudiants une vision d’ensemble des enjeux du journalisme (éthique, déontologique, aspects sociaux et économiques).

Si un étudiant trouve un travail avant la fin du Master, lui conseillez-vous de poursuivre la formation jusqu’à la fin de ses études et de renoncer à cette opportunité de travail, ou alors proposez-vous une solution alternative?

Si les étudiants ont l’obligation de suivre les enseignements du tronc commun durant la première année d’étude, ils peuvent toutefois moduler leur emploi du temps et décider de suivre davantage de cours en première ou en deuxième année d’étude. Le fait que les cours aient lieu pour l’essentiel durant 3 journées permet aux étudiants de travailler à temps partiel. Pendant leurs études, les étudiants des deux mentions ont aussi la possibilité de suivre un stage qui débouche parfois sur un engagement durable.

Quel est le profil de l’équipe pédagogique de votre Master?

Outre les chercheurs invités qui dispensent des cours, une équipe locale composée d’une dizaine de chercheurs en sciences de la communication et médias encadre les étudiants et prend en charge des cours, ateliers et séminaires. Sous la direction du professeur Uli Windisch, le Master regroupe des assistants de recherche, des collaborateurs scientifiques, des chargés d’enseignement et maître d’enseignement et de recherche qui proviennent autant de formations diverses (sociologie, sciences politiques) que spécialisées dans le domaine des sciences de la communication et des médias.

En janvier de cette année, un Institut des sciences de la communication, des médias et du journalisme a été mis en place à l’Université de Genève. Quels sont les objectifs de cet Institut?

Cet Institut regroupe les membres des équipes qui développent depuis de nombreuses années des recherches portant sur les médias, l’information et la communication en général. L’objectif de cet Institut est de réaliser des recherches fondamentales pour le compte d’organismes privés ou publics, mais également des recherches appliquées destinées à des entreprises privées.

Quels sont les domaines de compétences des équipes de chercheurs faisant partie de votre Institut?

Alors que certains chercheurs de notre Institut sont spécialisés en études des publics (sondages, « focus groups » ou entretiens individuels) et en mesure des impacts ou de la réception de campagnes d’information, de campagnes publicitaires, d’autres membres de l’équipe ont une longue expérience en techniques d’analyse des discours d’information (rhétorique, argumentation). Nous avons aussi développé depuis quelques années un volet de recherche portant sur les pratiques et les usages des médias et des nouveaux médias, approche centrée notamment sur les usagers et Internet.

Quels sont les types de mandats réalisés et les secteurs d’activité qui vous ont sollicité par le passé?

Université de Genève
© Université de Genève

Nous avons réalisé de nombreuses recherches mandatées par des institutions de recherche nationale (Fonds national de la recherche), des organismes publics (ex. : Office fédéral de la communication), mais aussi des sociétés de services et des entreprises privées (notamment un constructeur de téléphones portables). Nous sommes aussi régulièrement approchés par des institutions politiques ou des entreprises de presse. Enfin, nous nous appuyons sur un réseau de partenariats avec d’autres Instituts de recherche et des Universités suisses et étrangères (ex. une recherche comparative sur la formation des journalistes) et participons notamment à un observatoire international des médias et du journalisme (Obsweb).

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