Suisse : Le pari de l’illégalité au nom de la formation professionnelle

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Le municipal socialiste Oscar Tosato a propulsé, ce mercredi, Lausanne au cœur d’un débat national sur l’accès aux clandestins à la formation professionnelle.
Le nouveau projet de l’exécutif de la capitale vaudoise consiste à engager des jeunes sans-papiers comme apprentis après que ceux-ci aient terminé leur scolarité obligatoire dans l’un des établissements de la ville.
Entre 200 et 300 enfants lausannois seraient sans papiers soit 1.5 % dont 20 à 30 finissent chaque année leur scolarité obligatoire ; leur reste le Gymnase en solution « légale » mais aucune formation professionnelle n’est prévue pour ces jeunes.
Pour la première fois, l’une des plus grandes villes du pays compte défier les lois fédérales. Ce qui n’est pas au goût du ministre de l’intérieur, le libéral Philippe Leuba qui demande une analyse au Service juridique de l’État en estimant que la loi serait ainsi violée. Il menace la Ville d’une dénonciation administrative et pénale. Les apprentis concernés, risqueraient une dénonciation au Service de la population.
Claude-Alain Voiblet, chef de groupe de l’UDC lausannois, crie au scandale politique et se joint au ministre en prévoyant un référendum en cas d’acceptation par le Conseil communal.
Grégoire Evéquoz, président de la Commission latine de l’enseignement post-obligatoire et directeur général de l’office de l’orientation et de la formation professionnelle du canton de Genève, dénonce cette idée en la qualifiant de « travail au noir », il ajoute qu’à sa connaissance, aucune autre ville en Suisse n’a tenté cette expérience.
Le Conseil national devrait se réunir en mars prochain afin de statuer sur le projet en question. Par ailleurs, plusieurs textes demandent une solution à ce programme, dont celui du Vert genevois, Antonio Hodgers. Selon ce dernier, scolariser des enfants jusqu’à la fin du cycle obligatoire pour les laisser ensuite sur le tas tient de l’hypocrisie. De plus, cela encourage le travail au noir, plaide le conseiller national.
Si le projet est approuvé par le Conseil communal, il pourrait démarrer en 2010 ou 2011, car beaucoup d’enfants traînent, ne savent pas quoi faire, sans formation et sans travail.

Sources : Romandie.com, Le Temps, 24 Heures du 17 février 2010

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