To Télétravail or not?

Print Friendly, PDF & Email

Le 18 mai 2010 est désigné comme le premier jour du télétravail en Suisse…Et si je ne vous le communiquais pas, cela aurait pu passer totalement inaperçu. Tout comme cette forme de travail se cache déjà éventuellement dans votre entreprise. Non ? Alors j’ai envie de vous dire gare aux organisations qui ne donnent pas la place nécessaire à ce mode de travail puissant.

De quoi parle t- on exactement? Télétravail, travail à domicile, travail nomade, télécentre, … Les appellations sont nombreuses, voire trompeuses.

Birgit Peeters
© Birgit Peeters

Leur point commun est la notion de distance par rapport à la maison mère, endroit fixe, stable et commun à tous ses employés. Et si on travaille une partie de son temps chez soi alors?

Dans l’état pur de son existence, le télétravail indique un mode de travail qui diffère de celui le plus communément appliqué , à savoir un collaborateur qui se rend à son bureau officiel. Congestion du trafic, en moyenne 40 minutes par jour de temps passé dans les transports, pollution à gogo, interruptions fréquentes sur le lieu de travail, on accepte tout cela, plus ou moins facilement, et ce depuis plus d’un siècle. Par habitude ? Par conviction? Par peur du changement ? Par ignorance ?

C’est une pandémie grippale qui récemment nous a ouvert les yeux sur ce mode de travail. Nous risquons de l’oublier aussitôt pour passer davantage à ce que nous préférons : la commodité de ce que nous connaissons déjà. Soyons un peu plus écolo et avant-gardiste !

« Oui, mais chez nous, on fait déjà du télétravail, c’est facile ». J’applaudis l’application de cette mesure mais je suis réticente à l’appeler un télétravail encadré. Il peut en effet s’agir d’employés qui continuent leur travail à domicile : surcharge de travail ou achèvement de ce qui n’a pu l’être au bureau à cause des interruptions. Interruptions allant jusqu’à 44 fois par jour selon diverses études – soit une interruption chaque 11 minutes !

Une éminence de l’université fustigeait récemment le télétravail en l’accusant de transférer les emplois à l’étranger. J’ai gentiment mentionné qu’il parlait en fait de télécentres, des structures sous-traitant certaines fonctions de l’entreprise, parfois situés à l’étranger. En effet, la notion de distance revient mais il ne faut pas confondre télécentre avec télétravail. Et puis il y a les salariés autres que ces catégories. Ceux qui osent demander si travailler à partir de chez eux serait possible…Si affirmatif, nous avons ici à faire àdu cas par cas, souvent enclenché à l’initiative du salarié lui-même. En résulte un télétravail occasionnel donc « facile » à organiser… car pas vraiment organisé !

Je vous invite aujourd’hui, ce 18 mai, à vous arrêter un moment pour imaginer ce que le télétravail pourrait faire pour vous. Le télétravail, le vrai, celui qui est pensé et planifié comme mode de production à part entière. Les chances d’un réel succès pour l’organisation, le manager et le télétravailleur seraient grandissimes. Donc imagination d’abord. Ensuite, réflexion. Pensons « moins de temps de trajet » donc économies et diminution de pollution. C’est un classique mais dans un monde congestionné il faut commencer à faire au lieu de prêcher ! Réduction de la taille des bureaux, pas mal du tout dans un pays aux loyers scandaleusement chers, je demande pardon aux agents immobiliers qui me lisent. Concentration accrue ? Il est certain que travailler depuis chez soi limite considérablement les interruptions multiples, pour peu que le télétravailleur ait un minimum de rigueur. En effet, l’amélioration de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est souvent citée en faveur du télétravail. Ma position est mitigée : oui mais. En effet, on peut également augmenter cet équilibre au sein de l’organisation avec des mesures d’aménagement du travail. Le télétravail s’y prête évidemment bien à condition de ne pas avoir un enfant hurlant à côté de vous (Les mamans-lectrices, ne vous fâchez pas tout de suite ) ! Je suis maman et je télétravaille une partie de mon temps. Le secret, c’est de reproduire des conditions de travail similaires à celle de l’entreprise, donc d’avoir de la rigueur. Si vous êtes à la maison, c’est pour mieux vous concentrer, avoir des conditions moins stressantes qu’au bureau. Pour ma part, j’ai juste l’avantage de pouvoir faire tourner une machine à laver et la sortir à ma pause-midi. Cet équilibre est donc possible et agréable mais ce n’est pas un argument unique ni prépondérant pour instaurer le télétravail de façon durable et encadré.

Je vous entends penser « mais alors le travail en groupe et l’isolation ? » Ainsi nous arrivons en effet au paragraphe des obstacles, car c’est ce que nous aimons davantage entrevoir. Je préfère vous parler de solutions, il se trouve que j’en ai une panoplie dans mon sac ! Déjà, personnellement je trouve que la notion de « team work » est utilisée à tort et à travers. C’est presque devenu un mot sacré à épeler avec justesse. Nous avons tous du travail individuel et du travail collectif à fournir. Je souligne que « télétravail » et « travail en groupe » ne sont pas opposés du tout. C’est une autre idée reçue que je tiens à démonter dans ces quelques lignes. Je préfère le mot interdépendance. Isolation ? Cela vous arrive aussi de vous sentir isolé parmi plein de gens quand votre énergie du moment n’est pas au top. On peut se sentir isolé dans la foule, comme on peut se sentir seul avec des collègues autour de nous. J’avoue, le télétravailleur doit rester vigilant à s’entourer socialement. Il y a des solutions pour cela. Mais ne vous trompez pas : tout télétravailleur n’a pas un profil asocial comme chaque salarié en entreprise n’est pas forcément un animal social. Vous avez du tout, partout, c’est cette diversité qui est magnifique !

Cette diversité est peut-être une des raisons de la réticence à vouloir organiser le télétravail de façon approfondie et accompagnée. Car un « one shot » est plus facile à organiser. Mais alors le télétravail ne reste qu’une option et c’est dommage car il peut signifier un choix stratégique. Je vous préviens : aujourd’hui c’est une option, demain cela sera une nécessité. Commençons déjà par l’attribuer 2 jours par semaine et de façon encadrée. Le télétravail est une opportunité même si cela demande un effort initial. Ma conviction est que nous évoluons vers un recrutement, une carrière d’employé « à la carte ». Par exemple, comment retenir ce talent que vous ne pouvez payer davantage pour cause de budget ? Lui offrir la possibilité de s’organiser autrement, de gagner en temps et en efficacité, de mieux gérer son temps sont des arguments qui valent de l’or. Et vous vous y retrouverez largement. A la carte, car tous les profils, les postes, les fonctions ne s’y prêtent pas forcément.

Les nouveaux outils de travail (notamment informatiques et collaboratifs) qui font notre quotidien continueront à se développer, se perfectionner, à rendre nos vies plus faciles si nous savons les utiliser à bon escient. Si ces outils existent, c’est qu’il y a un besoin à accomplir. Ils nous aident à travailler autrement et le font déjà.

Alors pourquoi prendre le télétravail en considération ? Je n’accepte pas de mandat d&rsqu
o;accompagnement en télétravail pour être à la mode. Mais j’estime qu’il faut penser sérieusement à intégrer ce mode de travail au sein de l’organisation. Le talon d’Achille est plutôt le « comment » et pour y parvenir professionnellement je vous incite à vous faire accompagner – par moi de préférenceJ. Car un télétravail encadré est un télétravail bien vécu par les parties prenantes. L’encadrement garantit le succès d’une organisation de travail qui peut être un choix de mode opératoire, comme une mesure qui s’ajoute à une organisation existante. Mais dans les deux options, faisons de manière à ce que l’année prochaine le 18 mai soit célébré avec des témoignages de votre part. J’espère vous retrouver l’année prochaine, entretemps je vous invite à visiter mon site internet www.aquincum.biz.

Birgit Peeters

Aquincum Logo
© Aquincum

Birgit Peeters est la fondatrice d’Aquincum. Sa motivation principale : aider les entreprises à innover dans leur organisation du travail afin de garder une longueur d’avance par rapport à la concurrence, ce qui est particulièrement important pour les PME. Son ouverture d’esprit, sa capacité transversale et interculturelle, ses compétences de juriste, son charisme naturel et ses compétences de manager vous aideront à optimiser votre organisation du travail. Elle est lauréate du Fonds Prince Albert en Belgique, récompense nationale pour managers créatifs, entreprenants et performants. Ancienne cheffe d’entreprise, elle préconise de déléguer les tâches non clés de l’entreprise à une personne de confiance. C’est cette conviction qui l’a amenée aujourd’hui à créer sa propre activité à votre service.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.