Trois questions à Michel Drucker

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Michel Drucker, journaliste et animateur à la télévision et à la radio française, si populaire qu’il n’est plus nécessaire de le présenter, était à Genève le vendredi 28 juin 2011, à la FNAC, pour dédicacer son dernier livre : « Rappelles moi ». Bien que n’ayant pas de rendez-vous, il a bien voulu répondre à mes trois questions, naturellement.

Michel Drücker

© Catherine Ferret pour GBnews

J’aurais bien aimé passer plus de temps avec lui pour lui poser quelques questions supplémentaires sur son métier. Mais finalement il me reste son livre. En le lisant j’en apprends davantage sur ce monsieur si populaire. Toujours courtois, chaleureux sans être trop familier, il a finalement toujours su trouver la bonne attitude, le bon ton afin de n’être jamais trop distant ni trop indiscret. Mettre à l’aise c’est tout un art! Et c’est ainsi qu’il entre tous les dimanches après-midi dans le foyer de millions de téléspectateurs grâce au petit écran. Ses émissions ont toujours fait la part belle à ses invités : aux artistes, comédiens, sportifs, politiciens, troubadours en tous genres, qu’il reçoit. Il ne joue pas les matadors, comme beaucoup de présentateurs, actuels ou passés, qui tuent leurs invités à coup de questions assassines alors qu’eux-mêmes ont encore tout à prouver! Cet homme, dont la spécialité rappelons-le est l’interview, me fait dire que ce métier de journaliste, peut être un des plus beaux métiers du monde quand il est bien mené.

 

La débutante que je suis, voulait croiser même fugacement le « Boss », me faire adouber. Une fois passée devant lui, je serai fin prête à conquérir le monde du business et pourquoi pas du show business… prête à poser toutes les questions et à tous. Je suis presque sûre que s’il pouvait, modestie oblige, il me dirait que finalement on est toujours des éternels débutants dans ce métier. D’ailleurs, lors de l’interview il mettra l’accent sur le fait qu’« il faut rester en éveil, en état de curiosité permanente »!

 

Un journaliste ne devrait-il pas toujours être comme un enfant qui découvre sans cesse de nouvelles choses avec des raisons de s’émerveiller des autres ? Car quand on fait ce métier comme il le fait, on va à la découverte de l’autre constamment. L’autre étant un territoire dont la mémoire recèle des trésors de souvenirs, si nombreux parfois qu’ils font paraître plus vaste le monde qui nous entoure, et surtout plus riche. Et puis « le voyage que l’on fait vers l’autre n’est-il pas le plus beau des voyages »…comme a pu le dire cet autre journaliste et écrivain Paul Morand?
En arrivant devant lui, je n’avais même pas le trac… Quand je l’ai entendu parler avec humour, amour et générosité et que je l’ai vu se faire interviewé à son tour par M. Musy journaliste à Radio Zone, j’ai trouvé drôle de le voir dans la position du « questionné » quand si souvent c’est lui qui pose les questions. Et j’ai ressenti, quand il m’a parlé, ce que ses invités doivent ressentir, une mise en confiance.

 

Alors je lui ai demandé : « est-il plus difficile d’interviewer ou d’être interviewé ? »

« D’abord j’aimerais préciser une chose : pendant longtemps j’ai cru que les réponses étaient plus importantes que les questions et par la suite je me suis rendu compte que les questions étaient aussi importantes et que pour faire une bonne interview il fallait être deux! Mon métier est passionnant, mais à l’heure actuelle je prends beaucoup de plaisir à écrire et à être face à mon public lors des séances de dédicaces. Je suis très heureux de voir que mon livre plaît, et c’est vraiment une belle surprise à chaque fois de voir que les gens sont intéressés par ce que j’écris. Par-dessus tout, j’aime ce contact direct avec les gens que je n’ai pas lors de mes émissions. Aussi ce livre est comme un témoignage et un hommage que je rends à mon père, à mon frère. Et ce qui me fait plaisir c’est que ce livre me survivra. C’est une prolongation… »

 

Quelle qualité faut-il avoir pour être un bon journaliste ?

Il m’a répondu en pesant ses mots: « Il faut être curieux de tout, s’intéresser à tout… tout dire… être en éveil en permanence… s’intéresser aux autres, ne penser qu’aux autres. »

 

Quel défaut faut-il avoir pour être un bon journaliste?

« Etre curieux de tout, ne pas avoir peur d’aller à la rencontre des autres, avoir le souci du détail et ne pas avoir peur de rentrer par la fenêtre si la porte est fermée. Ça ne veut pas dire être indiscret mais pour obtenir de bonnes interviews, il faut être convaincant et persuasif. Et finalement ce n’est pas un défaut. »

 

Bien évidemment je ne manquerai pas d’appliquer ses conseils.

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