Vie professionnelle après 65 ans : 1/3 des suisses concernés

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Selon l’Office fédéral des assurances sociales, le tiers des Suisses de 65 à 69 travaillent après la retraite. Un autre tiers des Suisses partent en retraite entre 64 ou 65 ans

L’OCDE estime encore actifs 27% des Suisses de 65 ans et plus. Ce taux est en hausse depuis les années 90 et pourtant la 11e révision de l’AVS n’avait pas aboutie sur la question d’une année de travail en plus pour les femme. Le vieillissement de la population imposera sans doute une nouvelle révision.

(En France, 28% de la population de plus de 65 ans travaille encore. En Allemagne, le taux atteint 32% et au Japon, 35,5 %)

Seul un quart des retraités actifs  le sont par nécessite

La majorité des seniors maintient son activité essentiellement par choix. L’amélioration de l’état de santé est un facteur aidant à cette poursuite de l’ activité.

Ces retraités encore au travail sont d’anciens cadres qui se mettent à leur compte, des représentants de professions libérales qui optent pour un temps partiel (architectes, avocats, médecins ou autres) et des entrepreneurs qui ne veulent pas lâcher la société qu’ils ont créé. Donc une majorité de personnes avec une bonne situation professionnelle et souvent des personnes seules.

Mais cela peut également concerner des personnes avec un défaut de prévoyance du à leur parcours professionnel (anciens chômeurs de longues durées et particulièrement en fin de carrière, veuves ayant cotisé par intermittence, travailleurs immigrés arrivés tard en Suisse.

En différant l’âge de la perception de leur rente, ce qui est possible pendant cinq ans, certains bénéficient d’un rehaussement des mensualités au moment de la perception.  Percevoir son AVS à 70 ans fait grimper de 31,5% les mensualités. Idem pour le 2ème pilier depuis début 2012 et le 3e pilier depuis 2008. Ceci incite à maintenir son activité.

Les retraités ne sont pas égaux sur le marché de l’emploi. Certains secteurs et employeurs refusent de conserver les 65 ans et plus, quitte à favoriser les départs anticipés, à l’instar d’UBS qui encourage ses employés à partir tôt (retraite à 62 ans sans pénalisation de rente).

Entreprises : quelques exemples

D’autres tentent de retenir les aînés compétents, notamment l’Etat fédéral avec sa stratégie 2011-2015, mais obtient pour l’instant de modestes résultats: sur 37 000 employés, on n’en compte que 90 ayant atteint l’âge de la retraite.

Implenia (construction), 6000 employés : une trentaine ont passé l’âge de la retraite. En vertu de la pénibilité de la plupart des métiers du bâtiment, employeurs et syndicats se sont accordés sur le principe d’un départ à 60 ans.

Migros : sur 83 000 employés de la coopérative, 3000 ont déjà dépassé l’âge de la retraite, soit 3,6% de ses effectifs. Un niveau qui traduit une politique active de maintien des salariés âgés.

Hublot (horloger): lançait en 2006 un programme d’intégration des 65 ans et plus. 10 % des 70 employés faisaient alors partie de cette équipe. Il ne reste que trois personnes au-dessus de 65 ans. Le directeur de la maison, qui dit vouloir réengager des seniors qualifiés s’il en trouve, loue l’expérience, le savoir, la sagesse et le réseau qu’apportent ces travailleurs particuliers.

D’une manière générale, les employeurs méconnaissent la gestion des travailleurs seniors

Selon la directrice de l’Institut universitaire romand de santé au travail, Brigitta Danuser, les capacités cognitives restent solides mais le temps de réaction s’allonge, les gens se fatiguent plus vite. Le temps de travail devrait être flexibilisé à partir de 60 ans afin que les aînés puissent en économisant leurs ressources,  prolonger leur activité de quelques années. Ceci concerne autant les professions physiques que le travail cognitif.

Selon une étude d’Adecco de 2008, les entreprises suisses sont «les moins préparées d’Europe» à faire face au changement démographique caractérisé par le vieillissement

Face à des employeurs au cadre trop rigide, se sont constitués des groupes de retraités qui mettent en commun leurs compétences. Ces réseaux permettent aux seniors, hautement qualifiés essentiellement, d’être visibles pour leurs clients potentiels, tout en gérant leur temps de travail à leur guise. Ainsi les cadres supérieurs des entreprises ABB, Alstom et Bombardier se regroupent-ils au sein de Consenec, à Baden, dès l’âge de 60 ans. Un réseau d’une quarantaine d’experts, actifs comme consultants pour des clients tels que Renault, Orell Füssli, ou leurs anciens employeurs.

Jacques-André Perrothon 65 ans, ancien cadre d’Alstom et membre du groupement explique que « cela permet de réduire le temps de travail tout en relevant de nouveaux défis et c’est également une forme d’engagement quasi citoyen, en transmettant ce que nous avons appris.»

Régis Gross, 67 ans : «Notre philosophie est de faire profiter l’économie de ce que la vie nous a appris. Tout en continuant à nous sentir utiles et actifs.» exprime le responsable de la région romande pour Adlatus, qui fédère 400 retraités qualifiés en Suisse, tous domaines confondus.

Après avoir donné une vraie place aux jeunes dans les années 60, la génération des babyboomers transforme aujourd’hui celle que la société laisse aux seniors… qu’eux-mêmes taxaient autrefois de “vieux”.

Quelques chiffres…
33% des hommes travaillent encore à 66 ans (Office fédéral des assurances sociales).
27% de tous les Suisses de plus de 65 ans maintiennent une activité professionnelle (OCDE).
35% des hommes touchent au moins une partie de leur retraite dès 60 ans (Office fédéral de la statistique).
2500fr. par mois de salaire moyen pour les 65-69 ans actifs (Office fédéral des assurances sociales).

Le calculateur de la Confédération (www.acor-avs.ch) permet de mesurer la variation de sa pension AVS en fonction de l’âge de la retraite. Pour le 2e pilier, chaque fonds de pension a son système de calcul. Idem pour le 3e pilier, dont les cotisations restent déductibles des impôts. La personne qui souhaite un ajournement doit l’indiquer dans le cadre de sa demande d’AVS, à remplir au plus tard un an après le début de son droit à la retraite.

Selon article de Linda Bourget – L’hebdo – Mis en ligne le 13.07.2011

Avinna Vermeulen

 

 

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