Mémoire vivante aux 75 ans de la libération d’Auschwitz-Birkenau

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auschwitz

Lundi dernier, des survivants d’Auschwitz et des représentants de plus de 50 pays ont commémoré le 75ème anniversaire de la libération de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique. Les anciens prisonniers présents, vêtus de bonnets et d’écharpes à rayures bleues et blanches ont passé à travers l’ancien camp et ont demandé à ce que la communauté internationale s’attache au devoir de mémoire, malgré le temps qui passe.

Lors de cette cérémonie, L’UNESCO à rendu hommage à la mémoire des victimes de l’Holocauste et a réaffirmé son engagement à lutter contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les autres formes d’intolérance à travers du discours de Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO :

« Il y a 75 ans, les 100e et 322e divisions du « premier front ukrainien » de l’Armée soviétique atteignaient le camp nazi de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, dont le nom même symbolise la barbarie commisse dans ces camps de concentration (…) Il nous revient donc de lutter contre les discours, où qu’ils s’expriment, qui cherchent à nier l’existence de la Shoah, qui en relativisent l’ampleur ou qui tentent d’absoudre de leurs crimes les assassins et leurs complices.

C’est précisément le rôle de l’UNESCO de tout mettre en œuvre pour mieux armer les esprits, pour renforcer les défenses intellectuelles de chacun, en un mot pour éduquer – car on ne naît pas antisémite, on ne naît pas raciste : on le devient. (…) Prévenir l’irréparable, préparer les nouvelles générations à un avenir plus sûr et plus pacifique : voilà la mission que l’UNESCO »

 

Les survivants demandent de ne pas oublier ce qui s’est passé à Auschwitz

L’Holocauste a non seulement profondément touché les pays où des crimes nazis ont été commis, mais comme l’horreur ne connaît pas de frontières, le traumatisme s’est également répandu à travers le monde. Sept décennies après ces événements, les survivants demandent aux États d’entretenir le souvenir : Eduquer, informer, se documenter. La commémoration de ce funeste anniversaire passe également par une réhabilitation des sites historiques qui ont été laissés à l’abandon.

 

Mémoire vivante

Cette cérémonie a réuni plus de 200 survivants et de nombreux dirigeants internationaux. Bien que leur nombre diminue, les véritables protagonistes étaient encore 200, sorties vivants des camps.

Parmi eux, Elza Baker a pris la parole pour “exiger” aux dirigeants présents que la mémoire d’Auschwitz ne soit pas perdue.

“Contre le temps et l’oubli, il faut se battre”… “Pendant des décennies après 1945, le génocide des Sinti et des Roms a été largement ignoré. Aujourd’hui, nous savons qu’environ 500 000 Sinti et Roms ont été victimes d’une d’extermination systémique”, a-t-elle souligné.

 

Sur les 23 000 prisonniers du « camp gitan », près de 90% ont été assassinés

Elza Baker est née en 1935 à Hambourg. Après la naissance, elle a été adoptée par Augusta et Emil Matulatów. Comme sa mère biologique était sinti, les nazis l’ont reconnue comme gitane et l’ont emprisonnée avec des milliers d’autres sintis et roms dans le soi-disant camp gitan. En avril 1944, elle a été emmenée et envoyée à Auschwitz. Six mois après, elle été amené au Ravensbrueck où elle a rencontré quatre de ses frères et sœurs biologiques. Le père adoptif d’Elza a finalement été autorisé à sortir sa fille du camp en septembre 1944. En 1963, ils ont émigré en Grande-Bretagne.

 

« Je voudrais pleurer, parce que je ne peux que déchirer ce passé avec des larmes »

Une autre survivante, Bathsheva Dagan a déclaré dans son discours vouloir « pleurer parce que je ne peux que déchirer ce passé avec des larmes … Nous avons entendu des coups de feu près du camp et nous savions que les troupes de libération arriveraient bientôt… Nous avons réussi à intérioriser ce qui s’est passé et à être conscient que le cauchemar était terminé.  C’est difficile pour moi de cacher mes sentiments…  Je suis avec vous 75 ans après ma grande souffrance dans cet endroit » .

Bathsheva Dagan est née en 1925 à Łódź sous le nom d’Izabella Rubinstein. Après l’entrée des Allemands, la famille s’est enfuie à Radom. Là, ils se sont retrouvés dans un ghetto duquel elle s’est échappée en 1942 grâce avec de faux documents pour se rendre en Allemagne.  Après quelques mois, elle a été arrêtée et envoyée à Auschwitz. Elle y est restée jusqu’au début de 1945, date à laquelle elle et d’autres prisonniers ont été évacués à Ravensbrueck puis à Malchow. Le 2 mai 1945, elle a été libérée par l’armée britannique.

 

Pour plus d’info :

https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000372570

https://tvn24.pl/polska/batszewa-dagan-przemowienie-na-obchodach-75-rocznicy-wyzwolenia-obozu-auschwitz-3398286

https://www.dw.com/es/auschwitz-supervivientes-piden-que-no-se-olvide-lo-que-pas%C3%B3/a-52160636

https://es.unesco.org/news/auschwitz-birkenau-75-anos-despues-unesco-conmemora-aniversario-liberacion-del-campo-nazi

https://es.unesco.org/commemorations/holocaustremembranceday

https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000372570

Photo credit : alanbatt en Pixabay

Cari Clemente Cari Clemente

Au bénéfice d’une expérience internationale dans la gestion de projets au sein de différentes ONGs. J’ai occupé le poste de coordinatrice de projets. Ces 8 années d’expérience m’ont permis d’acquérir et consolider mon savoir-faire en matière de gestion de projets, gestion stratégique de partenariats, reporting et recherche de fonds. De plus, J’ai souvent eu à former les stagiaires, ce qui m’a permis de développer mes compétences en matière de supervision et Team-building. Dotée d’un esprit de synthèse et d’analyse, proactive, je me considère comme une personne rigoureuse, résistante au stress, autonome, polyvalente, responsable et respecte les délais.

D’origine espagnole, j’ai obtenu une licence en Sciences Humaines (Université d’Alicante) et un DEA en études européennes à l’Université de Genève. Plus récemment, je me suis spécialisée dans la thématique du Genre grâce à un CAS obtenu à l’IHEID (Institut de hautes études internationales et du développement), en plus d’une certification IPMA en gestion de projets.

Parfaitement bilingue Français/Espagnol avec un excellent niveau en Anglais.

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