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Qui est légitime pour enseigner l’anglais des affaires aujourd’hui ?

Écrit par Julie Brandt
Paru le 30 avril 2026

enseigner anglais affaires

Pendant longtemps, beaucoup d’apprenants adultes ont considéré qu’un locuteur natif était automatiquement le meilleur enseignant d’anglais. Or, le native speakerism repose sur une idéologie ancienne, qui ne reflète plus totalement la réalité de l’anglais aujourd’hui.

Cette idée reste encore bien présente chez certains étudiants, recruteurs et institutions. Pourtant, dans un monde où l’anglais est utilisé entre personnes de langues maternelles différentes, cette vision mérite d’être réexaminée.

 

L’anglais n’est plus seulement une langue nationale

Dans “The Practice of English Language Teaching”, Jeremy Harmer rappelle que l’anglais est utilisé aujourd’hui comme la langue de communication internationale. Son usage s’est développé de manière rapide et massive dans les domaines aussi variés que l’économie, l’information, les voyages ou encore la culture.

Concrètement, le contexte mondial le montre très clairement : l’anglais s’est imposé, au fil des dernières décennies, comme une véritable langue-pont, ou, plus précisément une lingua franca. Son utilisation est devenue la norme dans le monde des affaires, dans l’éducation, lors de réunions internationales ou les échanges numériques. Or, dans ces contextes, les interactions ont souvent lieu entre locuteurs non natifs.

Si la fonction de la langue a changé, alors nos critères pour évaluer un enseignant devraient évoluer aussi.

 

Ce que les apprenants recherchent

Certains professionnels associent encore le “native speaker” à l’authenticité, à un bon accent et à un anglais perçu comme plus “réel”. Cette préférence est compréhensible : elle repose souvent  sur une image rassurante, valorisante voire prestigieuse. Pourtant, un bon enseignant ne se résume pas à sa langue maternelle.

Les apprenants ont avant tout besoin de clarté, d’une progression structurée, d’explications accessibles, d’un feedback utile et d’un enseignant capable de comprendre leurs difficultés. À cet égard, un enseignant non natif peut parfois offrir une perspective différente : ayant lui-même appris la langue, il connaît les obstacles, repère plus facilement certaines erreurs fréquentes notamment les interférences avec la langue maternelle de l’élève et peut incarner un parcours d’apprentissage réussi.

A titre personnel, en tant que mère de trois enfants anciennement scolarisés dans un système bilingue, j’ai longtemps trouvé rassurant que leur parcours repose sur un enseignement de tradition britannique dispensé exclusivement par des locuteurs natifs. En revanche en tant qu’enseignante de Business English de langue maternelle française, mon regard est plus nuancé dès lors qu’il s’agit d’adultes qui cherchent à améliorer un anglais de terrain, concret et opérationnel.

Alors, faut-il être pour ou contre le native speakerism en Business English ? Sur le terrain, la réponse semble bien plus subtile.

Lorsque je rencontre mes apprenants pour la première fois, je leur demande souvent ce qui compte le plus pour eux : la fluidité ou la précision. La précision arrive presque toujours en seconde position. Ce qu’ils recherchent d’abord, c’est la capacité à s’exprimer avec plus d’aisance, plus de clarté et plus de confiance dans des situations professionnelles réelles.

Deux de mes apprenants adultes, engagés dans un parcours de 2h30 d’anglais pratique par semaine, m’ont livré des observations particulièrement intéressantes sur leurs motivations, leurs critères de choix et leur vision de l’anglais dans l’évolution de leur carrière.

Roberto, 36 ans, assistant administratif multilingue, cherche avant tout à gagner en clarté, tant dans sa pratique orale que dans sa compréhension globale. Son verdict est très net : ce qui compte le plus dans le choix d’un enseignant, c’est sa pédagogie et sa manière de transmettre.  Il attend de son professeur qu’il sache s’adapter à son niveau afin de lui permettre de participer pleinement et de progresser. Peu importe l’origine de l’enseignant : si celui-ci n’a pas l’empathie nécessaire pour comprendre ses blocages, il ne le choisira pas. Roberto apprécie particulièrement les cours actifs, inclusifs et stimulants, dans lesquels il peut être impliqué et mis au défi.

Pour Amine, 40 ans, technicien support IT, le besoin d’adaptation est tout aussi central. Il accorde également une importance particulière à la bonne articulation de l’enseignant. Son objectif, en reprenant en main son anglais professionnel, est d’améliorer sa clarté, sa fluidité et son vocabulaire. Il apprécie particulièrement les interactions avec les autres apprenants, qui lui permettent de pratiquer un maximum pendant les cours.

Ces retours montrent bien que, pour beaucoup d’apprenants adultes, l’efficacité pédagogique, la clarté et la capacité d’adaptation priment largement sur la seule question de l’origine linguistique. Mais cette évolution du regard mérite aussi d’être examinée du côté des enseignants eux-mêmes.

 

Du côté des enseignants : légitimité et expertise

Vu du côté des enseignants, le native speakerism soulève une autre réalité : celle de la légitimité professionnelle. Dans certains cas, des enseignants expérimentés et bien formés continuent d’être évalués à travers leur accent, leur nationalité ou leur passeport, plutôt qu’à travers leur pédagogie. En Business English, où les besoins sont souvent concrets, ciblés et liés à la communication professionnelle réelle, ce sont surtout l’expertise, la capacité d’adaptation et la qualité de transmission qui devraient faire référence.

Dans l’anglais des affaires d’aujourd’hui, la légitimité ne devrait plus se mesurer à l’origine du professeur, mais à son impact réel sur la progression de ses apprenants.

Caroline, 58 ans, EAL Teacher et locutrice native anglaise évoluant dans un environnement multilingue, apporte un éclairage précieux. Pour elle, un bon enseignant repose avant tout sur une analyse rigoureuse des besoins de l’apprenant et la capacité d’en faire quelque chose d’utile. Elle souligne également un phénomène bien documenté : beaucoup d’apprenants non natifs développent une “attitude linguistique négative”, une perception dévalorisante de leur propre anglais, accompagnée d’un fort désir de “sonner comme un natif”. Issue d’un milieu multilingue, elle considère que ce parcours est un atout pédagogique : comprendre les difficultés de l’apprentissage de l’intérieur permet une transmission plus fine.

Agnès Huyton, 56 ans, ESP trainer spécialisée en Business English et communication clinique, fondatrice d’English Objective Sàrl, est encore plus directe. À la question de savoir si son parcours linguistique influence la façon dont les apprenants perçoivent sa légitimité, sa réponse  est sans détour : “Absolutely not. Why should it?” Pour elle, le métier de formateur va bien au-delà de l’enseignement de la langue, il implique la construction d’une relation de confiance, l’empathie, la création d’un espace sécurisant. Ce sont les compétences interpersonnelles, autant que la maîtrise de l’anglais, qui définissent un bon formateur. Son approche : immerger l’apprenant dans son propre univers professionnel, reproduire son monde, et toujours le placer au cœur de la démarche.

 

Et si la vraie question était ailleurs ?

Les témoignages recueillis, tant d’apprenants que d’enseignants, convergent vers la même conclusion : en Business English, ce n’est pas l’origine du professeur qui fait la différence, c’est son impact réel sur la progression de ses apprenants. La légitimité ne se lit pas dans un passeport. Elle se mesure dans la salle de classe.

Et si la vraie question n’était pas “qui enseigne ?” mais “comment adapte-t-on l’enseignement à celui qui apprend ?”

Crédit photo : Melpomene via DepositPhotos

Julie Brandt

Je suis formatrice en anglais des affaires et spécialiste de la communication interculturelle, basée à Genève. Je conçois des ateliers concrets et personnalisés pour les professionnels et les équipes multiculturelles, en combinant l’enseignement de la langue avec une approche qui prend en compte les préférences d’apprentissage, les styles de communication et les besoins de chaque apprenant. Je développe actuellement le Global Communication Model™, un outil destiné à aider les professionnels à mieux comprendre non seulement leur usage de l’anglais, mais aussi leur manière naturelle de communiquer, dans des contextes internationaux.

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