Les professionnels de GBNews.ch s'allient à la puissance des technologies en intelligence artificielle générative, pour informer la communauté des affaires et le grand public, des dernières tendances et des évolutions du marché de l'emploi.

Agenda

Quel froid ! ...

Du 13 novembre 2025 au 30 août 2026

Le futur, c’est ...

Du 7 mai 2026 au 10 janvier 2027

À l’ombre des ...

Du 3 juin 2026 au 11 avril 2027

La Bâtie Festival ...

Du 25 août au 13 septembre 2026

Du Grand Cinéma ...

Du 26 août au 23 décembre 2026

Un prompt ne suffit pas : ce que BASE a changé dans l’architecture de ZIGOMA

Écrit par Henry Teran
Paru le 26 août 2026

BASE

Dans mon premier article, j’expliquais qu’une intégration utile de l’intelligence artificielle repose souvent sur une architecture hybride : l’IA interprète une demande libre, le logiciel applique les règles métier et l’utilisateur conserve la décision finale. Une question restait ouverte : où placer durablement les connaissances, les sources, les contrôles et les validations pour que cette méthode soit réutilisable au-delà d’un prompt ou d’un outil ?

Imaginez cette demande : « Prépare un devis pour un client avec cinq ordinateurs, cinq stations d’accueil, dix heures de prestation et une remise de 5 % sur le matériel. » Une IA peut la transformer en données structurées. Mais elle ne devrait ni inventer un prix, ni décider seule d’une remise, ni envoyer le document sans contrôle.

 

Pourquoi un prompt ne suffit pas                                    

Un chatbot peut résumer un document, préparer une réponse ou clarifier une idée. Le fonctionnement devient plus fragile lorsque la tâche doit être répétée, partagée ou reliée à des données réelles.

Un long prompt ne définit pas toujours quelle source fait autorité, dans quel ordre exécuter les étapes, comment traiter une exception ou quand demander une validation. Les corrections améliorent parfois le résultat du moment, mais restent souvent enfermées dans la conversation.

C’est ce qui m’a marqué lors de l’« Atelier Base », organisé par Innovaud le 13 août 2026 à Lausanne. J’y ai retrouvé plusieurs principes déjà présents dans ZIGOMA, mais sous une forme plus explicite. Je remercie Marie-Laure Gallez, Responsable Projet IA, ainsi que Charles-Edouard Bardyn, à l’origine de BASE, pour leur disponibilité et le temps consacré à mes questions. Les interprétations présentées ici restent les miennes.

 

BASE rend la méthode visible

BASE signifie « Bâtir des Assistants avec une Structure d’Expertise ». Ce n’est pas un nouveau modèle d’IA. Sa documentation officielle le présente comme un standard ouvert accompagné d’une implémentation de référence, permettant de décrire une méthode de travail dans des fichiers lisibles, modifiables et réutilisables.

Trois éléments suffisent pour en comprendre l’idée. Le processus décrit les étapes et les contrôles. Les compétences regroupent les connaissances nécessaires. Les sources indiquent les références à consulter : catalogue, fiche client, politique tarifaire ou modèle de document. La méthode ne reste ainsi plus dispersée entre les prompts, le code, la documentation et les anciennes conversations.

 

Avant BASE : une méthode réelle, mais dispersée

ZIGOMA est un ERP — un progiciel de gestion intégrémulti-entreprise en développement. Un ERP centralise les principaux processus d’une organisation ; « multi-entreprise » signifie qu’une même plateforme peut gérer plusieurs sociétés tout en séparant leurs données.

Avant l’atelier, les éléments nécessaires au devis existaient déjà, mais à plusieurs endroits. Les instructions destinées à l’IA se trouvaient dans les prompts et la logique applicative. Les règles de calcul et de contrôle étaient intégrées dans l’ERP. Les données clients et articles provenaient de la base, tandis que certaines conventions restaient dans la documentation. La validation finale appartenait déjà à l’utilisateur, mais la méthode n’était pas regroupée dans une structure unique, facile à relire et à faire évoluer.

 

Après BASE : séparer les responsabilités

J’ai commencé à structurer séparément les processus, les compétences, les sources, l’orientation vers le bon processus et les points de validation. Ces éléments sont développés et testés dans mon environnement local et dans le dépôt du projet. Ils ne sont pas encore déployés en production ni utilisés par des utilisateurs externes avec des données réelles.

Pour un devis, l’IA transforme la demande en données structurées : client, articles, quantités, heures de prestation et remise. ZIGOMA consulte ensuite la fiche client et le catalogue officiel. Les prix, les taxes, les totaux et les champs obligatoires restent calculés ou vérifiés par des règles déterministes, fixées à l’avance dans l’ERP.

L’utilisateur contrôle le client, les articles, les quantités, la remise et les conditions du devis. Il peut corriger le résultat et doit le valider avant l’enregistrement définitif ou l’envoi. L’IA n’a donc pas besoin d’un accès général à toutes les données : chaque processus doit limiter cet accès aux informations nécessaires à la tâche.

Le premier résultat observé est qualitatif. La structure clarifie quelle source fait autorité, quelle règle reste exécutée par le logiciel et quand l’utilisateur intervient. Le NIST AI RMF Measure Playbook recommande également de documenter la supervision humaine et de suivre les exceptions, les mécanismes d’escalade et les décisions « go/no-go ».

 

Structurer ne signifie pas garantir

BASE ne rend pas l’IA infaillible. Une vérification exige un point de référence extérieur à la génération : une source, une règle, un calcul, un test ou le jugement d’une personne responsable. BASE ne remplace pas non plus la gestion des accès, la sécurité informatique ou les obligations de conformité.

Structurer les connaissances demande du temps, une maintenance et des responsabilités définies. Une question ponctuelle peut rester dans un chat. Une tâche répétitive, partagée ou sensible mérite davantage de structure.

 

Ce que je vais tester ensuite

Cette intégration reste expérimentale et je ne dispose pas encore d’une mesure fiable du temps gagné ou des erreurs évitées. Mais un premier bilan se dégage. BASE m’a aidé à rendre explicite ce qui restait dispersé entre les prompts, la logique applicative, la documentation et ma propre connaissance du projet. Je distingue désormais plus clairement ce qui relève de l’interprétation par l’IA, de l’exécution déterministe par l’ERP et de la validation humaine.

C’est le principal apprentissage que je retire de cette expérience : avant de rechercher un modèle toujours plus performant, il peut être plus utile de structurer les connaissances, les règles et les responsabilités qui entourent son usage.

Les prochains tests porteront sur deux indicateurs : le nombre de corrections nécessaires avant la validation d’un devis et la capacité du système à indiquer clairement les sources et les règles utilisées. Ils permettront de vérifier si cette organisation réduit les ambiguïtés et améliore la traçabilité

Avant de vous demander quel modèle d’IA votre entreprise devrait adopter, savez-vous déjà où se trouvent ses connaissances, quelles règles doivent rester déterministes et quelles décisions doivent rester humaines ?

 

Article du même auteur : Pourquoi intégrer l’IA dans les logiciels métiers ? Bénéfices, gains de temps et conditions de réussite

 

Sources :

Crédit photo : Canva

Henry Teran

Building AI-powered business applications that transform operational needs into reliable, production-ready solutions.

Articles connexes :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram
Résumé de la politique de confidentialité
GBNews.ch | Actualités: Emploi, RH, économie, entreprises, Genève, Suisse.

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Cookies strictement nécessaires

Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.

Cookies tiers

Ce site utilise Google Analytics pour collecter des informations anonymes telles que le nombre de visiteurs du site et les pages les plus populaires.

Garder ce cookie activé nous aide à améliorer notre site Web.