Edito

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Télétravail, teleworking, travail à distance, évolution naturelle de l’espace-temps professionnel et disparition progressive du bureau… Si d’aucuns pensent et pratiquent le travail à distance à doses homéopathiques, force est de constater que cette tendance n’est pas près de s’essouffler. Bien au contraire.

Difficile, en cette fin d’année 2015, de ne pas se pencher sur le bouleversement que représentent les plus si nouvelles moi(2)technologies sur le concept même de journée-horaire de bureau. L’avènement récent des réseaux sociaux, ainsi que les outils numériques qui permettent à l’employé de décupler son efficacité sans nécessité de se rendre physiquement à son bureau tous les matins, augurent un brillant avenir à ceux qui sont plutôt enclins à l’autonomie et à la maîtrise personnalisée de leur horaire. Soyons honnêtes, combien de précieuses minutes avons-nous tous perdu en réunionite aigüe ou en palabres contreproductives ? Dans le cadre professionnel, ces rituels propres à l’entreprise sont difficilement compatibles avec l’efficacité. Mais justement, comment définir cette notion d’efficacité ?

Les frontières entre vie professionnelle et vie privée devenant progressivement plus floues, la part des employés dont les dossiers professionnels semblent prendre un malin plaisir à faire du coin de l’oeil ne cesse d’augmenter. Que l’on s’en réjouisse ou que l’on dénonce cette mainmise numérique sur la vie privée, peu importe. Le fait est là : l’accélération spectaculaire qu’ont connues nos vies depuis l’ère internet ne cesse de se confirmer. Le monde professionnel est en pleine mutation, dessinant ses nouveaux espaces et brouillant les pistes. C’est ainsi que beaucoup d’employés ou de cadres consultent des e-mails sur leur trajet, anticipent les tâches de la journée “confortablement” assis dans les transports en commun bondés ou travaillent à distance sur un projet.

Seulement voilà, cette soudaine souplesse semble pour l’instant butter sur la pierre d’achoppement du cadre prédéfini par les habitudes, les convenances et les idées reçues. Les clichés qui consistent à lier l’efficacité uniquement à la présence physique de l’employé derrière son bureau ou au temps passé en réunion autour d’un projet semblent promis à un avenir encore bien trop long. Malgré cet état de fait, la représentation du temps de travail et l’évolution de l’espace-temps professionnel et privé vont certainement continuer à connaître une nette évolution dans les prochaines années.

Alors pourquoi ne pas profiter de ce train en marche pour repenser complètement notre modèle de productivité ? Dans certains secteurs comme le tertiaire particulièrement, qui est de très loin le principal employeur dans les économies occidentales, de grandes perspectives semblent s’ouvrir. En évitant la peur de la remise en question, en approfondissant les pistes qui peuvent aider les employeurs comme les employés à trouver leur équilibre,  accompagnons les premiers pas du modèle de l’entreprise du XXIe siècle.

Oscar Ferreira

Rédacteur en chef

Crédit photo : René Torres –  http://renetorres.ch/

Comments

  1. Peri Kalyoncu

    J’ai eu l’opportunité de tester le “télétravail” il y a de cela quelques années en arrière, cette expérience s’est révélée extrêmement positive et enthousiasmante.

    En effet, au moment de le crise de la grippe H1N1 en 2009, mon employeur a voulu tester un plan de crise, dans le cadre duquel un certain nombre de collaborateurs allait travailler depuis son domicile, pour assurer la continuité de l’entreprise. En fonction des résultats de ce test grandeur nature, la possibilité de télétravail allait peut-être être proposée aux employés, à raison d’une certaine fréquence définie préalablement; malheureusement cela n’a pas été le cas.

    En tous les cas, mon expérience personnelle m’a démontré que la relation de confiance et de responsabilisation mise en place entre employeur et employé permet de rendre le télétravail tout aussi performant et efficient que le travail sur site. Pour ma part, j’ai même pris énormément de plaisir à réaliser mes tâches depuis mon domicile, dans mon univers, baignant ainsi dans un environnement connu, intime et de ce fait apaisant. Apaisant aussi parce que l’on se retrouve dans un cadre calme, loin des open space parfois bruyants et stressants. Le travail en est d’autant plus efficace.

    En conclusion, dans le secteur du tertiaire et pour autant que cela soit techniquement faisable (dossiers électroniques vs dossiers papier), je pense que le travail à distance est une option à envisager par les entreprises, et à intégrer dans leur proposition d’environnement de travail.

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