Être assistante personnelle : Mission (im)-possible!

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assistante personnelle VIP

Dessin de Joelle Sikias

Un métier aux multiples facettes, mais surtout aux multiples disponibilités !

Cette fonction pourrait sembler simple de prime abord, mais sa diversité requiert outre une confiance absolue, une polyvalence, une capacité de réaction, mais aussi une flexibilité sans faille de la part de l’assistante personnelle.

À travers cet article et grâce à une interview d’une assistante personnelle VIP sur la place de Genève, nous allons tenter de mieux comprendre les rouages de ce métier, avec ses exigences, mais aussi avec ses anecdotes.

 

Une assistante personnelle, c’est quoi ?

C’est avant tout une personne de confiance qui évolue au cœur de la vie professionnelle et privée de son employeur. Cela implique par conséquent une discrétion et une confidentialité maximum.

D’autres qualités, tout aussi indispensables, font également partie intégrante du profil d’une assistante personnelle, telles que l’organisation, la productivité, l’adaptabilité et, aussi et surtout, la disponibilité.

Les questions ci-dessous nous aideront à mieux comprendre l’importance de ces caractéristiques.

 

Le profil d’une assistante professionnelle, c’est comment ?

Son profil est digne d’un agent secret !

En effet, la discrétion la plus absolue est exigée. Si celle-ci n’est pas respectée, entraînant la perte de la confiance de l’employeur, les conséquences peuvent conduire jusqu’au licenciement.

Afin de mieux comprendre l’importance de cette discrétion et de cette confiance, l’exemple le plus probant est sans nul doute celui où l’assistante personnelle assiste à un rendez-vous médical de son employeur. Cela inclut par conséquent des détails privés et hautement confidentiels, appartenant au secret médical.

 

La vie au quotidien, c’est comment ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la monotonie ne fait pas partie du quotidien d’une assistante personnelle !

Son planning étant sans cesse revu en fonction des demandes journalières de son employeur, rares sont les horaires définis. Fréquemment, une demande spécifique peut apparaître à une heure « hors bureau ». Sans parler des urgences qui s’ajoutent à cela. La flexibilité et la disponibilité sont dès lors de mise.

Très rares sont les occasions de passer une journée ou une soirée complète en famille ou entre amis sans avoir à s’atteler en parallèle aux tâches liées à cet emploi si particulier.

Particulier, car il n’exige pas « que » une disponibilité drastique, mais aussi dans la majorité des cas, un « don de soi ». Fréquemment, il arrive que la vie privée commence à s’effacer au détriment de cette vie professionnelle si intense.

Nous comprenons alors aisément qu’il n’y a pas de « quotidien » dans la vie d’une assistante personnelle !

Suite à toutes ces exigences, voire contraintes, que vit l’assistante personnelle, une dernière interrogation se pose et s’impose :

 

Le mental, comment le gérer ?

Il est évident que la charge mentale est très lourde et de ce fait, compliquée à gérer. L’expression « avoir un moral d’acier » pourrait, dans cette situation, devenir « avoir un mental d’acier » !

À l’assistante de réussir alors à trouver un bon équilibre intérieur. Mais est-ce réellement possible dans ce contexte ?

L’assistante personnelle ayant accepté notre interview nous permettra de lever une partie du voile sur ce monde si à part…

 

Interview d’une assistante personnelle VIP

GBN : Bonjour ! Quel est votre parcours professionnel ?

Assistante Personnelle (AP) : Bonjour ! J’ai débuté par une expérience en tant que vendeuse auprès d’une marque de luxe durant plusieurs années. Mon évolution professionnelle s’est faite grâce à une proposition de travail auprès d’une cliente dont je m’occupais. C’est à ce moment que j’ai découvert le poste d’assistante personnelle.

 

GBN : Quelle est pour vous, la définition de ce poste et quelle a été votre motivation première pour l’exercer ?

AP : C’est pouvoir produire un service de haut niveau dans les aspects privés et professionnels auprès de la personne pour laquelle on travaille. C’est un grand privilège et une immense responsabilité.

Ma motivation première a été et est toujours, le challenge.

 

GBN : Aviez-vous déjà toutes ces compétences en vous avant d’exercer cette fonction ?

AP : Non, je n’avais pas de compétences particulières, si ce n’est déjà le souci du détail et le souhait de toujours atteindre la qualité. Les compétences à proprement dites sont venues au fil des années.

C’est suite à l’expérience accumulée que viennent les compétences.

 

GBN : Avec le développement permanent de toutes les nouvelles technologies, comment réussissez-vous à gérer les difficultés supplémentaires, telles que la possibilité par tout un chacun de prendre et partager une photo ou une info devant rester confidentielles, etc. sachant l’extrême discrétion qu’exige souvent l’employeur ?

AP : Je n’ai, heureusement, jamais été confrontée à ce cas de figure. Mais, ce qui relève plus de ma responsabilité, c’est de m’assurer de toujours avoir avec moi les outils de travail nécessaires, tels que le téléphone et l’ordinateur, où les informations confidentielles sont recueillies.

 

GBN : Après toutes ces années riches en expériences, la motivation est-elle toujours la même ? Ou celle-ci a-t-elle changé pour d’autres ? Si oui, quelles en sont à votre avis les raisons ?

AP : J’ai toujours gardé la même motivation. Je l’expliquerai par le fait que ce travail correspond à mon profil : forte de caractère, obstinée et perfectionniste.

 

GBN : Quel est votre meilleur souvenir ?

AP : Je n’ai pas de meilleur souvenir en particulier. Je dirai plutôt que j’ai des bons souvenirs grâce à la satisfaction du travail bien accompli. Recevoir par exemple des compliments de la personne pour laquelle on travaille en sachant son niveau d’exigence très élevé, est une belle récompense et devient un bon souvenir.

 

GBN : Avez-vous eu des demandes particulières, saugrenues ? Et quel a été le plus grand challenge que vous ayiez dû relever ?

AP : Avoir des demandes particulières fait partie du quotidien et elles sont fréquemment difficiles à réaliser. Par exemple, lors d’un petit voyage à l’étranger, j’ai dû m’assurer auparavant qu’il y aurait d’installé, sur la terrasse de la suite où mon employeur séjournait, un beau gazon vert pour le confort de son chien. La logistique n’a pas été simple !
Quant à mon plus grand challenge, c’est de tenir bon ! (rires)

 

GBN : En tant qu’assistante personnelle, vous apportez beaucoup à votre employeur. Qu’en est-il de votre côté ? Pensez-vous que cette profession vous ait apporté quelque chose dans votre privée ? Réussissez-vous à la conjuguer avec votre vie professionnelle ?

AP : Je peux juste répondre que, adorant mon métier, je suis heureuse par conséquent dans ma vie privée. Pour moi, plus c’est exigeant côté professionnel, plus c’est épanouissant côté privé.

 

GBN : Question essentielle : Comment arrivez-vous à décompresser sachant que vous devez gérer les situations en gardant votre sang froid en permanence et que par conséquent, être calme et sereine est primordial pour cela ? Quelles peuvent en être les raisons pour désirer garder ce rythme effréné ?

AP : Décompresser quand on est « compressé », c’est un concept scientifiquement difficile ! (rires)
Plus sérieusement, je pense que pour tenir le coup, il faut avoir un sens de la dérision très développé. C’est essentiel, cela permet une sorte d’échappatoire psychologique. On ne pourrait pas tenir ce rythme sans cela ; mais c’est ce rythme justement qui me permet de ne jamais m’ennuyer ! J’ai besoin d’action/réaction.

 

GBN : Si vous deviez refaire un choix professionnel, serait-il le même ?

AP : Oui, sans hésitation. C’est ce qui me correspond le mieux.

 

GBN : Pour conclure, quels conseils donneriez-vous à une personne souhaitant devenir assistante personnelle ?

AP : Si elle le souhaite vraiment, alors qu’elle tente l’aventure !
Mais en prenant conscience qu’il faut être mentalement résistante et obstinée ! Ne jamais rien lâcher ! C’est un travail de challenges où on ne peut pas baisser les bras, et où on doit trouver constamment des solutions afin de satisfaire pleinement les demandes.

 

GBN : Je vous remercie pour votre disponibilité.

 

Par le biais de cette interview, il nous est plus facile de réaliser que décidément, le poste d’assistante personnelle n’est pas un métier de tout repos et où donner de sa personne n’est qu’évidence avec toutes les implications que cela engendre.

Cependant, le fait de vivre une vie pleine de rebondissements et d’aventures n’apporterait-il pas en contrepartie un fort sentiment d’accomplissement ?

 

 Lectures complémentaires :

Assistante de direction : Métier ou vocation ?par 

Pourquoi passer du Back au Front Office ? Les avantages !

 

Photo credit : Joelle Sikias

Joelle Sikias Joelle Sikias

Bénéficiant d'une vingtaine d'années dans le domaine administratif et plus précisément de l’art et de la création, je suis polyvalente, persévérante, consciencieuse et réceptive. Habituée autant au back-office qu’au front office, je suis créative et enthousiaste et aime construire des relations solides, tout en fournissant un travail de qualité. Aujourd’hui, je souhaite poursuivre ma carrière en apportant mon soutien aux milieux créatifs et avant-gardistes.

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