
Chaque été, près de 250'000 personnes franchissent les portes du Paléo Festival. Certains viennent pour un artiste précis, d’autres pour partager un moment entre amis ou simplement pour retrouver une ambiance devenue familière et incontournable.
Mais derrière cette expérience se cache un travail de réflexion permanent : comment surprendre un public fidèle sans perdre l’identité qui fait le succès du festival ?
Depuis 17 ans, c’est précisément la mission d’Amaryllis Blanchard, responsable des nouveaux projets au Paléo Festival.
« Mon travail consiste à explorer le champ des possibles et à essayer de trouver de quoi surprendre notre public », explique-t-elle.
Dans un festival aussi établi que Paléo, l’exercice est délicat. Les festivaliers apprécient de retrouver des repères d’une année à l’autre, mais ils attendent également de la nouveauté. Toute la difficulté réside dans cet équilibre subtil entre continuité et innovation.
« On veut à la fois qu’ils retrouvent des repères et qu’ils soient séduits et surpris par la nouveauté. »
Cette recherche permanente conduit à repenser régulièrement les espaces, les décors, les scénographies ou encore les expériences proposées sur le site. Certaines nouveautés sont visibles immédiatement, d’autres s’intègrent plus discrètement dans le parcours des visiteurs.
L’objectif n’est pas uniquement de proposer des animations supplémentaires, mais de construire un véritable parcours de découverte pour les festivaliers.
Les évolutions peuvent prendre différentes formes comme les spectacles de drones, la création de nouvelles scénographies, la transformation de certains espaces afin d’influencer les flux de visiteurs ou encore l’aménagement de lieux plus intimistes au sein d’un site qui accueille plusieurs dizaines de milliers de personnes par jour.
Amaryllis Blanchard coordonne ainsi différents espaces et collabore avec des spécialistes de nombreux domaines. Ensemble, ils imaginent des expériences permettant parfois aux visiteurs d’oublier qu’ils se trouvent au coeur d’un immense événement.
« On essaie aussi de faire oublier qu’on est dans une méga ville et d’offrir aux festivaliers des espaces plus intimistes. »
L’enjeu est de créer des respirations, des moments plus calmes ou plus immersifs, capables de marquer les esprits.
Parmi les espaces emblématiques du festival figure notamment le Village du Monde, véritable « festival dans le festival ». Chaque année, cet espace met à l’honneur une région du monde à travers sa culture, sa musique et sa gastronomie.
« L’idée est de creuser autour d’une région géographique et culturelle », précise Amaryllis Blanchard.
Bien plus qu’un espace thématique, le Village du Monde constitue une invitation au voyage au coeur même du festival et offre aux visiteurs la possibilité de passer d’un univers à un autre au cours d’une même soirée.
D’un grand spectacle collectif à un concert plus intimiste, d’une découverte musicale à une immersion culturelle, chacun construit son propre parcours.
C’est précisément cette diversité d’expériences qui nourrit la réflexion menée autour des nouveaux projets du festival.
Derrière chaque nouveauté se cache un important travail de coordination. Si l’on additionne l’ensemble des projets développés chaque année, ce sont des centaines de personnes qui participent à leur réalisation.
Le Village du Monde illustre particulièrement cette dimension collaborative.
« À peu près tout le monde au bureau est impliqué d'une manière ou d'une autre que ce soit à la communication, à la scénographie, à la nourriture et boissons et à la sécurité. »
Cette transversalité constitue l’une des caractéristiques du poste d’Amaryllis Blanchard. Son rôle l’amène à coordonner des métiers très différents et à faire dialoguer des spécialistes aux expertises complémentaires.
Pour exercer en tant que responsable des nouveaux projets, les compétences techniques ne suffisent pas. La gestion de projet et la planification constituent bien sûr des bases indispensables, mais d’autres qualités sont tout aussi importantes.
La coordination, la communication interpersonnelle, la capacité à collaborer dans des équipes pluridisciplinaires et à s’adresser à des interlocuteurs aux profils très variés font partie du quotidien.
À cela s’ajoutent la créativité, l’intuition, la flexibilité et la capacité à se projeter dans l’avenir.
Au fond, tout l’enjeu consiste à répondre à une question simple : comment continuer à émerveiller un public multigénérationnel qui revient chaque année ?
Si Paléo continue d’attirer un public toujours plus large, c’est sans doute grâce à cette capacité à se réinventer sans jamais perdre son identité.
Le festival conserve les ingrédients qui ont fait son succès tout en enrichissant continuellement l’expérience proposée à ses visiteurs.
Comme le résume Amaryllis Blanchard, il s’agit finalement de « cocher les cases des choses attendues et à la fois de les surprendre ».
Une philosophie qui guide l’ensemble des nouveaux projets du festival et qui permet à Paléo de préserver ce qui fait son succès depuis près de cinquante ans : sa capacité à créer des souvenirs durables, à susciter des découvertes inattendues et à offrir des moments de partage qui marquent les festivaliers bien au-delà du temps d’un concert.
Cet équilibre contribue, année après année, à faire de chaque édition une expérience à la fois familière et nouvelle.
Nous remercions chaleureusement Amaryllis Blanchard d’avoir pris le temps de répondre aux questions de Geneva Business News.
Image: Nicolas Patault, Paléo Festival Nyon 2025
Spécialisée en coordination de projets, communication et conduite du changement.