Femmes, genre et prisons

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prison femmes

La division sexuelle de la société continue à être constamment décrite, non seulement dans les pratiques quotidiennes, mais également dans la recherche en sciences sociales. En effet, les chercheurs oublient souvent que notre réalité est imprégnée des mêmes mécanismes qui renforcent ces inégalités.

La prison a souvent été étudiée en oubliant les femmes, en homogénéisant l’histoire des prisons pour hommes et femmes, ou en contournant la réalité diverse des isolements masculins et féminins.

 

Les femmes constituent une minorité de la population carcérale, entre 3 et 5%

Certaines études montrent qu’il existe une disproportion entre les dommages sociaux causés par les crimes pour lesquels les hommes et les femmes ont été emprisonnés et les peines auxquelles ils sont soumis, notamment en ce qui concerne les conséquences de l’emprisonnement pour eux et leurs familles.

La peine de prison a des implications différentes pour les hommes et les femmes. Cependant, les systèmes judiciaire et pénitentiaire ne sont pas conscients de cet impact différentiel.

Mme Carlen, sociologue experte en genre, expliquait déjà en 1998 que « la configuration hommes-femmes du système socio-pénal – composé de contrôles sociaux informels en dehors de la prison, traversés par des différences de classe et d’ethnicité – ainsi que des réglementations pénales formelles dans les systèmes pénitentiaires causent un préjudice considérable aux femmes détenues, dommages disproportionnés spécifiques au genre »

 

En 2018, 70710 femmes sont incarcérées en France et 6912 en Suisse

Au niveau international, les études sur les centres pénitentiaires pour femmes au cours des dernières décennies font apparaître des tendances très similaires. En général, pour chaque femme, son propre échec apparaît comme un instrument de « resocialisation et d’intégration », ainsi que par sa caractérisation exclusive comme l’instrument d’un pouvoir punitif qui cause des dommages et une violence extrême à la violence déjà vécue, ce qui aggrave les écarts sociaux et exclut ceux qui ont déjà subi des violences. Cela exclut et renforce les schémas de genre qui causent l’inégalité sociale et la souffrance.

 

2,1 millions d’enfants dans le monde avec des parents en prison

“Ce n’est pas ma sentence et pourtant c’est ma peine. “

https://www.repr.ch/IMG/mp4/cope_800_000_voix.mp4

La prison est un monde fermé, conçu principalement par des hommes pour des hommes.  Cela a un impact sur leurs conditions de détention et sur leur capacité à prendre en compte leurs besoins spécifiques. La détention des mères affecte également leurs enfants, bien au-delà des bébés qui peuvent rester avec elles en prison. Enfin, les femmes sont également affectées par la détention en tant que visiteuses, épouses, mères ou sœurs de détenus.

Cela a été le sujet abordé par l’organisation Giving Women à l’occasion de son évènement « Breakfast panel discussion: Women and Prisons ». Le panel a permis une discussion sur les besoins et les droits spécifiques des femmes détenues, ainsi que sur l’impact de la détention sur les familles et les enfants avec l’intervention de Barbara Bernath, secrétaire générale de l’Association pour la prévention de la torture, ONG internationale basée à Genève, qui promeut la transparence des lieux de détention et Viviane Schekter, présidente de Fondation Relais Enfants Parents Romands. Elle forme également le personnel pénitentiaire suisse à la psychologie et est membre active du réseau européen Children of Prisoners Europe.

 

Pour plus d’information sur le travail effectué par ces organisations, visitez :

givingwomen.ch; repr.ch; apt.ch/

Source : prisonstudies.org

Photo credit : pxfuel.com

Cari Clemente Cari Clemente

Au bénéfice d’une expérience internationale dans la gestion de projets au sein de différentes ONGs. J’ai occupé le poste de coordinatrice de projets. Ces 8 années d’expérience m’ont permis d’acquérir et consolider mon savoir-faire en matière de gestion de projets, gestion stratégique de partenariats, reporting et recherche de fonds. De plus, J’ai souvent eu à former les stagiaires, ce qui m’a permis de développer mes compétences en matière de supervision et Team-building. Dotée d’un esprit de synthèse et d’analyse, proactive, je me considère comme une personne rigoureuse, résistante au stress, autonome, polyvalente, responsable et respecte les délais.

D’origine espagnole, j’ai obtenu une licence en Sciences Humaines (Université d’Alicante) et un DEA en études européennes à l’Université de Genève. Plus récemment, je me suis spécialisée dans la thématique du Genre grâce à un CAS obtenu à l’IHEID (Institut de hautes études internationales et du développement), en plus d’une certification IPMA en gestion de projets.

Parfaitement bilingue Français/Espagnol avec un excellent niveau en Anglais.

Comments

  1. Wanda Joplin

    It would be also interesting an article that will focus on the reason why men are the 97% of prison population, and how when they’re locked they suffer longer penalties, more murders, emotional illnesses and even sexual assaults than their female counterparts.

  2. Cari Clemente

    In fact!
    But the main reason is because 95% of homicides, robberies and blood crimes are committed by men, while the remaining five percent are committed by women.

    For more info, I invited you to visite the website: https://www.unodc.org/unodc/en/index.html

  3. Martin Damary

    Spot on article. As an ICRC delegate specialised in prison inspections, I can say that – back in those days – we were not trained at all on gender issues for our work. I had many occasions to visit detained women and also detained minors. It was appalling in some instances, how little was done to look after them properly. But sometimes we had some very good surprises, where a real effort was made to give the women tools for reintegration in society after their release. So, a mixed bag, but with more negative than positive experiences. I hope to see more traction on this issue, so thanks for bringing it up.

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