Genève, carrefour mondial des agents secrets

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Tout d’abord permettez-moi de commencer mon introduction à cette petite série d’été par une confession. Chères lectrices et chers lecteurs, en consacrant quelques articles au monde passionnant et mystérieux de l’espionnage et aux liens très particuliers qui unissent ce microcosme à notre petite mais ô combien stratégique bourgade lacustre, j’ai souhaité avant tout vous changer les idées.

Oui vous changer (nous changer) les idées car j’imagine, à moins que vous n’ayez décidé de vous exiler dernièrement au fin fond d’un no man’s land dénué de toute connexion wi-fi, d’un accès décent à internet, de réseau téléphonique et – en derniers recours après épuisement de toutes les options précédentes – d’un accès à la presse papier, vous n’aurez pas eu la chance d’échapper à une actualité particulièrement anxiogène et déprimante. Je tiens toutefois à préciser au passage que si vous avez choisi l’exil et la déconnexion vous êtes mon nouveau héros…

Dans le monde des médias comme dans beaucoup d’autres domaines, tout n’est finalement qu’une question de perspectives. Ainsi, je pourrais faire le choix d’évoquer les sujets qui sont au coeur de l’actualité et qui sont source légitime d’angoisse et de questionnements. Je pourrais continuer à alimenter la machine anxiogène et l’atmosphère ambiante par ma contribution. Et bien cette fois-ci c’est un peu de recul et de divertissement que je vous propose.

Retour à mon fil rouge. Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Et bien je vous avoue qu’aussi loin que je ne m’en souvienne, j’ai toujours eu un très grand intérêt pour le monde des renseignements et des histoires d’espionnage en tout genre, particulièrement durrant la période de la guerre froide. L’image d’épinal que le grand public a des agents secrets, les gadgets et compagnie sont souvent bien éloignés de la réalité plutôt monotone de ce métier mais peu importe finalement. Les anectodes croustillantes, elles, sont toujours abondantes et continuent à nourrir l’imaginaire collectif. Dans certaines de ces histoires rocambolesques, la réalité n’est souvent pas si éloignée de la fiction.

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La ville de Genève, de par beaucoup de ses spécificités, est un lieu de passage qui se prête particulièrement bien à ce milieu. Non seulement celle-ci est située au coeur de l’Europe et à proximité de toutes les grandes capitales du continent mais – atout de taille – elle abrite le siège de l’ONU ainsi que des grandes agences onusiennes. Genève voit se mouvoir autour d’elle une quantité impressionnante de personnel diplomatique de tous les continents, se rassemblant dans une ville de taille modeste (par définition idéale pour traquer n’importe quel individu). En sa qualité de capitale helvétique de la diplomatie, la ville a pour tradition depuis de nombreuses années d’accueillir des sommets diplomatiques de premier rang ; dans l’anonymat feutré de ses grands hôtels ou au contraire en public et à grands renforts médiatiques. Exemple récent : les dénommés « Iran talks » en 2015 qui feront l’objet d’un article de cette série.

Pour ainsi dire, c’est le monde entier qui se réunit à Genève. La cité est la capitale mondiale des ONG, drainant une multitude de personnes aux profils éclectiques et internationaux. Ces derniers vont et viennent au gré de leurs affectations, véritables mines de renseignements pour les agences étatiques comme la NSA. Cerise sur le gâteau, Genève dispose également d’une grande tradition de secret des affaires et de règlement des contentieux entre entreprises. En dépit des rocambolesques démêlés du gouvernement Suisse avec son homologue américain, les quantités d’argent qui continuent à transiter par Genève sont phénoménales. Sans parler du fait que Genève est la capitale du trading des matières premières extrêmement rares comme le diamant par exemple. Ses mystérieux et opaques ports-francs à la régulation plus qu’ombrageuse mériteraient d’ailleurs plus d’un article. Pas étonnant donc qu’un certain Edward Snowden ait arpenté les rives du lac Léman pendant de longs mois lors de son passage en tant qu’employé de l’ambassade américaine sous couvert de la NSA.

Voilà pour ce petit prélude, rendez-vous dans quelques jours pour le premier volet de la série consacré justement à Edward Snowden et son passage à Genève.

Bel été !

Oscar Ferreira

Editorialiste

p.s si vous aussi vous adorez les histoires d’espionnage pendant la guerre froide ne ratez surtout pas la superbe série “The Americans” de FX

crédit photo : Matthew J Photos via Flickr

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Oscar Ferreira About Oscar Ferreira

Ma passion pour le journalisme découle de mon grand intérêt pour l'analyse, le commentaire et le partage des sujets et des événements qui ont de l'importance dans le monde. Lier tous ces éléments par l'écriture est l'exercice dans lequel je m'épanouis le plus. Mon esprit analytique et mon intérêt pour des sujets comme la géopolitique et les relations internationales m'amènent naturellement vers ce métier si enrichissant. Ma passion pour l'écriture et l'importance que je donne au rôle d'utilité publique du journaliste sont mes moteurs. En tant qu'éditorialiste de GBN, j'aime analyser et mettre en avant des sujets d'actualité tout en veillant à la cohérence et à l'efficacité de notre ligne éditoriale.

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