La ronde des générations face au monde du travail

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En Suisse, le monde du travail vit un défi possiblement égal à celui des superhéros/héroïnes du blockbuster Avengers : Infinity War : la mise à la retraite des baby-boomers.

S’il ne s’agit pas ici de la menace d’une disparition visant la moitié de l’humanité, comme dans le film le plus cher de l’histoire d’Hollywood, le challenge est hors du commun. Soit assurer la relève de main-d’œuvre qualifiée suite au départ à la retraite des seniors baby-boomers. Ces derniers sont venus au monde entre 1945 et 65, une période correspondant à un taux élevé de natalité après la Seconde Guerre mondiale.

 

Pénurie de main-d’œuvre qualifiée ?

générationsCôté travail, comment trouver à la fois des réponses innovantes et imaginatives pour plusieurs générations sociologiques au cœur d’une classification loin de faire l’unanimité ? Il y a d’abord la catégorie des retraité-e-s toujours sur la brèche active. On en compte plus de 12 % en 2017. C’est le taux le plus élevé depuis trois décennies, une tendance qui se hâte lentement d’augmenter.

Ce maintien en emploi serait devenu un enjeu crucial pour certaines entreprises qui demanderaient aux retraités employés de rester. En 2019, la Suisse comptera ainsi plus de retraité-e-s que de juniors (moins de 20 ans). Et le pari pour nombre d’entreprises est de disposer d’une main d’œuvre qualifiée afin de maintenir compétitivité et niveau d’excellence. Or les baby-boomers colonisent encore aujourd’hui majoritairement le monde de l’entreprise. Et si l’accompagnement, par exemple des cadres de 60+ existe, il semblerait réservé à une élite.

 

Classées X et Y

La génération labellisée X regroupe les personnes arrivées sur terre entre 1966 et 1976 ou entre 1961 et 1981, selon les critères adoptés. Elles sont 1,43 millions en Suisse. « Nomade », rapide en développements, férue d’innovations technologiques formatant de nouveaux modes de management, délaissant la « hiérarchie classique », la génération X aurait davantage de peine à s’immiscer dans l’univers laborieux. Ne serait-elle pas abonnée aux emplois instables et souvent précaires ?

Les Millenials (ou Digital Natives) sont nés entre 1980 et 1993. C’est la génération Y ou « Why » (Pourquoi). Elle est biberonnée au questionnement en flux tendu et à l’immédiateté. Hyperindivualiste et butinant avec une vélocité émotionnelle vertigineuse d’un choix à l’autre, son objectif de vie est, sans surprise, de combiner, accomplissement privé et pro.

What else ? En 2020, cette génération, qui s’interroge notamment sur la nécessité ou non de consommer à mort, fournirait un tiers de la main-d’œuvre planétaire. Pour les RH, la génération Y aurait besoin d’une atmosphère de travail stimulante, bienveillante (coucou, mes chéri-e-s). Enquiller les missions temporaires serait bienvenu. Et un CV « tout décousu », la preuve tangible d’une belle « faculté d’adaptation ».

A l’ère d’#MeToo entre autres, certaines capsules vidéo virales choisissent d’agiter les clichés des clashs générationnels (baby-boomer vs Millenial) face aux « compétences informatiques ». Sans doute, pour mieux les désamorcer lors d’un entretien d’embauche fictionnel.

 

Z comme…

Dans cet abécédaire, la génération Z déboule dès 1994. Supposée difficile à cerner, voire carrément « insaisissable », elle regroupe 1,38 millions d’âmes en Suisse, dont certaines viennent d’entrer sur le marché de l’employabilité. Elle est née avec le web, alors que leurs aînés (la tribu Y, donc) ont pris la toile en pleine poire.

Au programme du warm up (échauffement) des Z : développer la notion d’organisation horizontale, le collaboratif tous azimut et la transversalité baignée d’éthique et de respect. Certaines grandes entreprises helvétiques permettent ainsi déjà aux kids de leurs collaborateurs d’œuvrer autour de projets et de partager leurs approches.

Sources :

https://www.rts.ch/info/economie/9049071-a-chaque-generation-ses-defis-au-travail.html

https://www.rts.ch/info/economie/8840764-l-economie-doit-agir-face-au-lourd-defi-de-la-retraite-des-baby-boomers-.html

https://www.letemps.ch/economie/besoins-specifiques-babyboomers

https://raymondmorin.com/2015/08/05/le-morcelement-des-generations-numeriques/

http://www.althea-groupe.com/corner/la-generation-z-comment-les-z-accueillir

http://nomadjunkies.com/milleniaux-generation-de-nomades/

https://www.avenir-suisse.ch/fr/une-conception-erronee/

 

Photos credit : Anemone123; silviarita via pixabay.com; A Millennial job interview from @TheDanielBrea on Vimeo.

Bertrand Tappolet

Bertrand Tappolet


Professionnel de la communication et des relations publiques, je maîtrise la gestion de projets, du concept à l’évaluation et la promotion, en me servant des stratégies et outils les plus pertinents. Journaliste, je suis créateur de liens et sais mettre en valeur personnes, institutions et réalisations.

As a professional in communications and public relations, I am adept at promoting cultural activities, productions and events using the most appropriate tools. I create links between clients and target audience.

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