La « success story » d’un autodidacte

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autodidacte

Il rêvait de devenir prêtre, dormait dans la rue en 1989, et a fini par devenir un redoutable chef d’entreprise.

Nous avons rencontré Filipe Oliveira, 42 ans, qui nous a fait part de son parcours et de son portrait d’entrepreneur hors du commun. Filipe Oliveira a en effet créé de nombreuses sociétés dans différents domaines, comme TechnicAir SA (ventilation), Suissinox (mobilier en acier inoxydable), Black Falcons Sarl (bijouterie), AGE Audit & Gestion Sarl. Il possède également un important portefeuille immobilier. 

Un parcours brillant mais tellement atypique

Après une adolescence au séminaire, bercée par le grec et le latin, Filipe Oliveira prend la décision de quitter le Portugal pour venir s’installer à Genève. Son arrivée sur le sol helvétique lui réserve quelques surprises. En l’espace d’une semaine, il passe du statut de jeune étudiant en théologie et animateur radio vedette de Radio Trofa (son village natal) à celui de sans domicile fixe, recherchant désespérément n’importe quel travail. Il en faut beaucoup plus pour le décourager. De 1989 à 1995, il découvre quasiment tous les métiers de la restauration. La plonge, le ménage, la pâtisserie, la cuisine, le service, l’inventaire et même la comptabilité ont constitué la toute première partie de son expérience professionnelle en Suisse.

En 1996, permis B récemment acquis, il change de métier. C’est auprès d’une succursale suisse du groupe Schlumberger qu’il démontre ses redoutables talents de vendeur. Son contrat prévoit alors la vente de 11 terminaux de payement électronique par mois. Or, il en vend jusqu’à 17 par jour. En moins de trois mois, il est promu directeur commercial de la société. Les services techniques n’arrivent pas à suivre un tel succès et bientôt la société n’arrive plus à assumer ses engagements salariaux vis-à-vis de son directeur hors-pair. Il présente donc sa démission et décide de poursuivre son chemin.

En 1997, il rencontre un chef d’entreprise qui lui offre un poste de technico-commercial dans la ventilation. Lorsqu’il arrive, l’entreprise stagne et souffre énormément de la concurrence. En moins de trois ans, elle est complètement transformée, au moyen du lancement d’un site internet, de la création d’un nouveau logo et de la constitution d’un parc automobile flambant neuf. Le chiffre d’affaires prend l’ascenseur. Son employeur lui propose très vite la direction commerciale de ses deux entreprises. Filipe Oliveira fait l’acquisition d’une voiture de luxe, devient propriétaire de son premier appartement à Genève, et croit enfin en son avenir. Cependant, sa puissance commerciale met à mal les finances de l’entreprise et à nouveau, il se retrouve avec un énorme montant de salaires et de commissions non honorées par son employeur. Il présente encore une fois sa démission et se lance finalement dans l’aventure entrepreneuriale.

« Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme »  (Winston Churchill)

L’ouverture de TechnicAir SA en mai 2006 constitue le plus grand défi de son existence. Il travaille d’arrache-pied et assume seul la gestion humaine, financière et commerciale de son entreprise. Un matelas disposé à côté de son bureau lui permet de s’allonger quelques heures par nuit. Grâce à sa curiosité, son pragmatisme, sa ténacité et sa créativité, il vit enfin le rêve d’entrepreneur. Filipe Oliveira parvient à maintenir une croissance soutenue pour TechnicAir SA, multiplie les créations, les achats et les transformations de sociétés. Il engage en huit ans plus de 120 personnes, crée plus de 10 entreprises, qui génèrent au total plusieurs dizaines de millions de chiffre d’affaires par an.

Les qualités essentielles pour rencontrer le succès en tant qu’autodidacte

1) L’ambition

 «D’expérience, ce n’est pas une qualité, mais des qualités qui sont nécessaires, la plus importante de toutes étant l’ambition. Depuis tout petit, je rêve d’avoir la plus belle voiture, la plus belle entreprise, la plus belle maison.»

2) Le sérieux

«N’importe où dans le monde, mais particulièrement en Suisse, pour réussir en affaires, vous devez être sérieux. Cela semble facile, mais en réalité c’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît ! Lorsque vous prenez un engagement avec un client, vous devez impérativement vous y tenir, coûte que coûte ! Il m’est arrivé de devoir aller jusqu’à envisager la vente de ma maison pour respecter un contrat avec Ikea.»

3) La connaissance et la compréhension de l’être humain

«J’ai passé une bonne partie de ma vie en internat dans un séminaire. J’y partageais la vie de 250 personnes très différentes les unes des autres. J’ai dû apprendre à connaître leurs personnalités, afin de me faire accepter par tant de monde.

Ceci est un énorme atout dans ma vie de tous les jours. En effet, avant qu’un client ne m’aborde, je sais exactement ce qu’il ressent et ce qu’il attend de moi.»

Peut-on être à la fois un chef d’entreprise et un homme comblé ?

«Oui ! Je suis plus que jamais entouré d’excellents collaborateurs, et 80% de mes clients sont devenus des amis. Grâce à cela, je peux enfin dégager du temps pour ma famille, mes amis, et mes passions! Est-ce que je peux vous révéler un secret? Cela reste entre nous? Chaque jour je fais une sieste royale de 14 à 16h. Et je vous l’assure, cela n’a pas de prix!»

La satisfaction de créer sa propre entreprise, la fierté ressentie par le créateur et son entourage, l’épanouissement professionnel et personnel sont le signe de ce succès. Même après avoir dormi dans la rue, on peut réussir à relever des défis. C’est l’exemple concret et optimiste de Filipe Oliveira, et son conseil pour tous :

« Ne rêvez plus votre vie ! Vivez vos rêves ! »

Comments

  1. Hera

    Un article qui parle du succès sous un angle humain! Rare et précieux. Bravo Mme Cerutti et deux fois bravo à M. Filipe Oliveira qui nous prouve que nos rêves ne sont pas si hors de portée.

  2. Michèle Vauclair

    Bravo à ce Monsieur que je ne connais pas ! Une chose bizarre quand même : lorsque je suis arrivée à Genève en 1974, j’ai travaillé quelques mois pour la société Technicaire… située à l’époque au Lignon.

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