La Suisse internationale passe par Genève

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Début 2012, Didier Burkhalter reprend le Département Fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) dans le but de continuer avec les grandes lignes de la politique étrangère suisse. Elles consistent à valoriser les atouts majeurs du pays, à savoir  sa neutralité et son rôle de médiation dans les conflits, ce qui fait de Genève une capitale diplomatique mondiale. Pourtant, même si les expatriés et les suisses partagent quasi les mêmes problèmes lies à la pénurie du logement, les transports publics, ils semblent parfois évoluer dans deux mondes parallèles. Les suisses auraient-ils la même perception du rôle joué par Genève dans la politique extérieure du pays? Voilà le challenge qu’a voulu relever le ministre des affaires étrangères dans sa campagne de sensibilisation sur le positionnement de la Genève internationale face à la concurrence d’autres villes du monde.

Il est vrai que les Nations Unies ont leur représentation européenne au Palais des Nations, et Genève reste une ville avec 30 organisations internationales, 250 organisations non gouvernementales accréditées auprès des Nations Unies et environ 180 ambassades sans oublier les multinationales. Les bouleversements qui se passent dans le monde prouvent que rien n’est jamais définitivement acquis et que tout peut changer du jour au lendemain. Les relocalisations partielles de certaines organisations comme le HCR, ou encore l’installation du Fonds vert pour le climat dans la ville de Songdo en Corée du Sud, n’en sont que des exemples parlants.

D’une part, le moment était donc venu pour faire le point, de mettre tout sur la table sans se voiler la face pour pouvoir en tirer les leçons appropriées. Seule une étude avec les faits, chiffres et statistiques pouvait le permettre. La Fondation pour Genève a fait appel à l’Université de Genève, à l’Université de Lausanne, à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et à l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève pour mener à bien ce projet. Les conclusions de l’impact du secteur international sur Genève et l’arc lémanique sont sans appel : Genève peut beaucoup mieux faire. Il fallait faire un geste concret en tant que pays hôte pour garder son attrait au moment où la cherté du franc et le dumping salarial par exemple sont contre elle. La Confédération, de commun accord avec la Ville et le Canton de Genève, a voté en juin dernier une loi modifiant les règles en matière de financement des immeubles occupés par l’ONU et ses agences. Le Conseil Fédéral a pu ainsi avancer la somme de 300 millions de francs pour la rénovation du symbole de la « Genève Internationale », le Palais des Nations.

D’autre part, la résolution des défis que connaît le monde actuellement fait aussi que les décisions qui s’y prennent bouleversent ou non ce qui se passe ailleurs dans le monde, raison pour laquelle le patron de la DFAE a dit que « la Suisse internationale passe par Genève ».

Si la Suisse veut continuer à rayonner sur le monde, elle doit donner à la Genève internationale les moyens de dissiper tout nuage qui pointerait à l’horizon afin de rester attractive.

Source : Tribune de Genève

photo credit: MPD01605 via photopin cc

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