Relocation à Genève: un métier polyvalent expliqué par une experte

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LaetitiaMénardiBédat

Interview de Mme Laetitia Ménardi-Bédat, directrice de Welcome Service Sàrl, societé de relocation à Genève

Parlez-moi un peu de vous, quel est votre parcours ?

Welcome Service a été crée il y a 23 ans par ma mère. A l’époque les agences de relocation n’existaient pas et en tant qu’épouse d’un expatrié, elle a commencé à développer cette idée d’offrir un support aux personnes qui viennent s’installer dans un pays étranger. Le métier de la relocation était né ! On peut dire en ce sens que moi-même j’ai grandi avec Welcome Service à mes côtés, chez moi le sens du service était inné. J’ai cependant voulu d’abord gagner de l’expérience professionnelle en dehors du business familial. Après l’Ecole Hôtelière, je suis partie travailler à Tahiti, puis au sein des Ressources Humaines du Groupe hôtelier Manotel, à Genève. J’ai rejoint Welcome Service en 2004 et ai repris la Direction en 2010.

Quelles sont les prestations que vous offrez à Welcome Service ?

Nous offrons un service personnalisé complet aux entreprises et aux particuliers lors de leur arrivée mais aussi de leur départ de la région lémanique. Ce service inclut orientations et familiarisation de Genève, recherche et visites de logements jusqu’à l’installation, le choix d’une école appropriée, la prise en charge des formalités administratives, etc.  Nos consultantes sont formées pour accompagner nos clients du début à la fin d’un mandat. Nous pensons qu’ainsi elles auront une meilleure connaissance de leur attentes et pourront instaurer ave eux une relation de confiance.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la relocation ?

La partie la plus agréable est celle de l’enrichissement humain. En effet, côtoyer des gens du monde entier permet d’avoir une ouverture sur les autres, leur cultures, leur expériences ainsi qu’un apprentissage constant des langues. Un aspect négatif peut être la mauvaise image qu’a eue notre métier lorsqu’il a été pratiqué à ses débuts par des gens qui manquaient d’expérience et de professionnalisme. On ne peut pas s’improviser société de relocation. C’est pour cette raison que nous avons crée une association faitière en 2003, la SARA (Swiss Association of Relocation Agents). En être membre est un gage de qualité.

Quelles sont les compétences requises et la formation pour exercer ce métier ?

Il n’y a pas de profil type pour travailler dans la relocation. Nous avons des employées qui viennent du monde hôtelier, du marketing, de la communication, de la traduction ou qui sont mères de famille. Les compétences souhaitées sont la maitrise du français-anglais ; d’autres langues étant bien entendu un plus. Avoir expérimenté soi-même une relocation est un indéniable avantage, afin de comprendre le stress de nos clients et les difficultés auxquelles ils font face. Cependant, le facteur déterminant reste pour nous un sens du service très développé et d’être proactif. Vouloir aider les gens et avoir de l’empathie est une des clés du succès.

Avec quels clients travaillez-vous ?

Nous travaillons avec des multinationales dans les domaines de l’informatique, la pharmaceutique, la chimie, le trading, des fédérations sportives mais également des banques privées et des sociétés globales.

Quelle est la durée moyenne d’un contrat d’un expatrié et donc de son séjour à Genève ?

La durée moyenne d’un contrat est de 2-3 ans pour un employé de nationalité étrangère. Les locaux obtiennent en général un contrat à durée indéterminée.

Quelle est la situation actuelle du marché immobilier genevois ?

La situation actuelle du marché immobilier à Genève est un peu moins tendue depuis l’été 2012, surtout pour des biens entre Sfr 4’500.- et Sfr 9’000.-. Cependant, le taux d’appartements vacants reste très bas, le plus difficile est de trouver un appartement de 3-4 pièces entre 2’500 et 4’000 francs.

Pourquoi croyez-vous que Genève attire de nombreuses multinationales et donc d’expatriés ?

Beaucoup de multinationales sont venues à Genève pour des raisons fiscales mais aussi pour l’excellente qualité de vie, la sécurité, une position très centrale en Europe avec un aéroport, des nombreux transports publics, des écoles internationales de grande renommée.

Comment s’adaptent les expatriés à Genève ?

Les expatriés s’adaptent en général très bien, certains sont même bien tristes de partir et d’autres se localisent, c’est-à-dire qu’ils décident de rester définitivement en Suisse. Bien sûr, il arrive aussi que dès la fin du contrat, les clients retournent dans leur pays, notamment les américains.

Y a-t-il une différence de standard  entre la Suisse et les autres pays en termes d’appartements et de prix ?

Il existe en effet des différences notables entre certains pays, notamment avec les Etats-Unis où les maisons sont très spacieuses avec de grandes chambres pouvant accueillir des lits king size, de vastes cuisines, la climatisation, etc. Quant aux loyers, ils sont effectivement plus élevés à Genève que dans certains autres pays d’où l’importance de gérer les attentes de nos clients en amont avant leur arrivée.

Comment croyez-vous que la population genevoise considère l’expansion de multinationales à Genève et ses environs ?

L’arrivée des multinationales a beaucoup dynamisé la région, crée beaucoup d’emplois et enrichi Genève du côté international. Cependant, d’un point de vue immobilier, il est vrai que de nombreux genevois se sont plaints que les appartements vacants diminuaient à vue d’œil et qu’en parallèle les loyers augmentaient.

Y a-t-il un favoritisme des régies envers les expatriés de multinationales par rapport à un genevois en recherche d’appartement ?

Je ne pense pas ; une seule réserve peut-être. Les régies recherchent des locataires solvables et savent que les sociétés de relocations ont pour clients des entreprises notoires avec lesquelles ils n’auront pas de souci de loyers impayés. Dans ce sens, il est probable que les clients des agences de relocation soient parfois privilégiés. En contre partie, les allocations logements de nos clients ont beaucoup baissé et ils sont de ce fait considérablement plus en compétition avec des genevois. Enfin, il est de plus en plus difficile d’obtenir un appartement de 4 ou 5 pièces lorsqu’on est célibataire ou en couple, les régies préférant les louer à des familles.

Les expatriés s’installant à Genève sont-ils exigeants ?

Chaque client est unique, ainsi que ses attentes, ses critères et son budget. Il est vrai que nous avons déjà eu affaire à des demandes un peu particulières comme par exemple l’importation d’armes à feu, le déménagement d’une dizaine de chats ou d’une douzaine de chevaux. Il est important de comprendre ce genre de demandes délicates et de les gérer au mieux. C’est pourquoi il est très important que notre équipe ait une bonne capacité d’adaptation et ne quitte pas de vue que nous devons toujours trouver la meilleure solution pour notre client.

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