La responsabilité sociale comme alibi

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Charmant, propre, agréable, éloquent, au bénéfice d’une formation universitaire supérieure, doté d’une grande intelligence et d’un grand pouvoir d’attraction.

C’est ainsi que Scott Bonn, sociologue et criminologue à la Drew University, a décrit Ted Bundy, l’un des tueurs en série les plus meurtriers de l’histoire des États-Unis. Le criminel, exécuté sur la chaise électrique en 1989, a avoué l’assassinat d’au moins 36 femmes entre 1974 et 1978.

Ce citoyen irréprochable, apparemment au-dessus de tout soupçon, menait pourtant une activité perverse assassine et préméditée.

Toutes proportions gardées, nous pouvons trouver dans le monde des affaires, certaines entreprises avec une apparence de dignité et de respectabilité qui effectuent des activités extrêmement pernicieuses.

 

Un emballage de respectabilité

Bourses d’études en Ouganda, dons de matériel de diagnostic de la drépanocytose chez les enfants (une maladie héréditaire) en République démocratique du Congo sont financés par une multinationale du tabac.

Comble du cynisme, l’un des géants de la cigarette a créé la fondation «Un Monde sans Fumée», en septembre 2017.

 

Cosmétique

Certaines initiatives, comme celles-ci, liées à la responsabilité sociale des entreprises, dissimulent en réalité des campagnes de publicité ou d’image.  Elles visent souvent à renforcer les ventes des compagnies de cigarettes dans des pays en développement, seuls marchés encore en croissance.

Ces entreprises semblent comprendre le concept de responsabilité sociale d’une manière particulière et toute relative. En effet, ils vendent des produits toxiques qui au bout du compte tuent des millions de personnes chaque année, avec le consentement des États. D’une part, ceux-ci prélèvent des impôts et remplissent les caisses publiques tandis que d’autre part, le coût des maladies liées au tabagisme augmente et grève les budgets de la santé.

 

Les exclus du Pacte Mondial

C’est ainsi que le Pacte mondial des Nations Unies a ratifié l’exclusion complète des sociétés productrices de tabac en tant que participants aux initiatives de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et de développement durable.

De même, les entreprises du secteur de l’alcool, des armes, de la pornographie et du nucléaire, y compris celles qui investissent dans ces secteurs, en sont exclues.

Celles qui s’engagent activement à respecter le Pacte mondial des Nations Unies adoptent des initiatives de responsabilité civile en matière de droits de l’homme, de protection de l’environnement, de développement social, de santé publique, de promotion de la transparence et de lutte contre la corruption.

 

Élargir le débat

Actuellement, les critères de responsabilité sociale sont de plus en plus exigeants. L’application de ces principes reste un grand défi pour de nombreuses entreprises.

Beaucoup de compagnies n’ont pas été aussi diabolisées que celles du tabac. Pourtant que penser de la responsabilité de celles des secteurs suivants : produits chimiques polluants, automobile, aviation ? Comment se pencher sur certains acteurs de l’industrie alimentaire, violant le respect des animaux ou de la nature ? Ou sur ceux qui continuent à fabriquer des emballages en plastique ? Le débat est ouvert.

Lorsque nous examinons les sites web ou les rapports annuels de développement durable des sociétés, nous constatons que même les moins respectueuses peuvent sembler : propres, éloquentes et dotées d’un grand pouvoir d’attraction.

Sources:

https://www.bbc.com/mundo/noticias-47167068

https://elpais.com/elpais/2015/03/12/ciencia/1426181505_972031.html

https://www.who.int/fctc/secretariat/head/statements/2017/ungc-integrity-review-tobacco-industry/fr/

https://gestion.pe/economia/empresas/naciones-unidas-prohibe-empresas-tabacaleras-participar-acciones-rse-220040-noticia/

Photos : pixabay.com by Foto-Rabe

Julia Quintanar

Julia Quintanar


Assistante de projets de communication et développement durable avec plus de 10 années d’expérience dans la médiation interculturelle, je suis titulaire d’un Master en Responsabilité Sociale de l’Entreprise et parle l’anglais, le français et l’espagnol.
Les gens qui me connaissent me considèrent comme une médiatrice naturelle, grâce à mon empathie, mon sens relationnel et une écoute toujours attentive. J’aime approcher les gens de cultures différents, créer des consensus et assurer l’intégration des individus dans le groupe.
Mon objectif professionnel est de contribuer au sein d’environnements où je peux apporter mes connaissances et mon expérience et réussir à faire quelque chose d'utile pour les gens, pour la planète et qui me rende heureuse.
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Communication and Sustainability projects assistant with more than 10 years of experience in intercultural mediation, I hold a Master’s in Corporate Social Responsibility and speak English, French and Spanish.
My colleagues consider me a natural mediator, thanks to my empathy, interpersonal skills and attentive listening. I like to approach people from different cultures, creating consensus when needed and ensuring the integration of individuals within the group.
My professional goal is to contribute to environments and projects where I can bring along my knowledge and experience and succeed in doing something useful for people, for the planet and that makes me happy.

Comments

  1. Françoise Baroffio

    On dirait que nous avons tiré leçon de nos expériences… Exclus du pacte mondial ? tout arrive, en ce monde où les cigarettiers avaient sponsorisé des expériences sur la nocivité du tabac. Malgré tout, il y a encore beaucoup à faire…

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