Anne-Claire Bisch-Saffioti assure l’inestimable

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Pétillante et ambitieuse, Anne-Claire Bisch-Saffioti nous a accueillis dans ses bureaux situés au cœur des Ports Francs de Genève. Femme entrepreneuse et fondatrice de Artssurance, elle nous raconte avec passion son métier d’experte en assurance d’art et son parcours mené avec détermination et assurance !

Domaine d’apparence anti-glamour et ennuyeux, les assurances deviennent captivantes quand elles nous sont racontées par Anne-Claire.

 

« Je n’ai pas voulu parier sur la chance »

À 17 ans, elle sait déjà qu’elle veut travailler dans le marché de l’art. « Je n’ai pas voulu parier sur la chance », nous explique Anne-Claire, « j’ai donc choisi d’orienter ma carrière dans les assurances d’art plutôt que dans les galeries ou les ventes aux enchères ».

Pendant sa double formation en histoire de l’art et en droit, elle passe ses étés en Allemagne à faire des stages dans des compagnies d’assurance spécialisées en art. Anne-Claire rejoint ce monde et exerce le métier de souscripteur (celui qui décide si son entreprise doit ou non assurer certaines personnes et certains biens). Quelques années plus tard, le besoin d’indépendance et de proximité avec les objets d’art se fait sentir. Comme Alice au Pays des Merveilles, Anne-Claire veut passer de l’autre côté du miroir. « Je voulais pouvoir discuter avec le Lapin Blanc et mieux négocier avec la Reine de Cœur en cas de problème ».

Ce qui lui tient à cœur est de faire le lien entre les collectionneurs et les assurances. C’est pour cette raison qu’Anne-Claire fonde Artssurance en 2014 et devient courtière en assurance spécialisée en objets d’art et de valeur. Elle voit juste ! Aujourd’hui encore, elle est la seule experte sur ce marché ultra spécialisé en Suisse romande.

 

« J’ai longtemps voulu avoir cette place centrale et cela devenait essentiel à mon équilibre »

Avec Artssurance, elle a créé sa propre entreprise et apporte sa vision du métier de courtier en assurance.

Ses trois valeurs : confidentialité, réactivité et « sur-mesure ».

Sa plus-value : sa double spécialisation et son expérience.

Sa vision de l’entrepreneuriat : « Même en tant que marin avisé, vous embarquez seul sur un bateau et il vous faut gérer le cap, les tempêtes, les avaries, les gros grains de la météo, mais aussi les moments de soleil face à l’océan. Il faut avoir le tempérament pour et je n’ai jamais regretté même dans les moments difficiles ».

 

« L’inestimable s’assure aussi »

Quand on lui demande pourquoi nous devrions assurer nos objets d’art et de valeur, la réponse est simple : « l’inestimable s’assure aussi ». De plus, les principaux sinistres rencontrés quand on parle d’œuvres d’art ne sont pas ceux couverts par les assurances classiques – incendie, vol et dégâts des eaux – mais plutôt des accidents de la vie quotidienne.

Un aspirateur qui heurte une toile de Van Gogh, une griffure de chat sur un canapé LC4 du Corbusier, une coupe de champagne renversée sur un buste classique hérité du grand-père, un enfant qui trébuche sur la collection de vase Ming.

« La plupart du temps, il s’agit d’assurance tous risques avec une exception : la dégradation intrinsèque de l’œuvre. Comme par exemple les pigments qui perdent de leur intensité avec le temps, le papier à dessin qui jaunit car l’œuvre est restée trop longtemps exposée à la lumière du jour ou encore les œuvres contemporaines qui peuvent parfois être composées d’éléments biodégradables ».

C’est justement pour cette raison qu’il est conseillé pour un propriétaire d’objets d’art ou de valeur de souscrire à une assurance spécifique. Un autre argument de taille est le prix de la prime. Contrairement à ce que nous pourrions croire, elle est généralement moins coûteuse qu’une assurance ménage. Pour s’offrir une assurance sur-mesure et de qualité, il faut compter au minimum CHF 500 par an. Il n’y a pas de valeur minimale à respecter : assurer ses biens commence là où la valeur sentimentale est plus importante que la valeur financière.

 

« Il y a toujours des surprises »

Le travail d’Anne-Claire consiste tout d’abord à rencontrer le client. Elle prend le temps de les écouter, de comprendre leurs besoins et leurs attentes. « Toutes ses informations sont importantes pour proposer du sur-mesure ».

Elle travaille ensuite avec les compagnies d’assurances généralistes et spécialisées avant de rendre visite au client à son domicile. « Il y a toujours des surprises et c’est très émouvant, parce que je me sens chargée d’une grande responsabilité lorsqu’ils m’invitent à entrer dans leur intimité ».

Anne-Claire fait ensuite une proposition de police d’assurance. Mais cela ne s’arrête pas là : son rôle est également de suivre le client et de faire des mises à jour régulières sur l’état des œuvres, leur localisation et leur valeur sur le marché de l’art.

« En cas de sinistres, nous nous occupons de tout : de la déclaration aux compagnies d’assurance à la prise de contact avec un restaurateur ou un transporteur si besoin. Nos clients peuvent compter sur nous ».

 

« D’un point de vue philosophique, ce métier nourrit et enrichit ma vie »

Anne-Claire aime se métier car il est au croisement de plusieurs mondes : le monde des affaires, de la gestion de risques, de l’art, des aspects techniques et matériels, des rencontres humaines. « C’est un combo enrichissant intellectuellement et humainement. Les journées ne se ressemblent jamais, je rencontre de belles personnes, de beaux objets et j’agis dans l’ombre pour aider mes clients à protéger, assurer et conserver leurs biens ».

Anne-Claire assure, et pas uniquement dans son métier de courtière. Elle multiplie les activités : conférencière et mentor à la Haute École de Gestion de Genève et à l’École Nationale d’Assurance à Paris sur des sujets tels que la valorisation des œuvres d’art, les assurances d’art et la mondialisation du marché de l’art. Elle est également intervenante au Cercle des Menus Plaisirs à Genève où elle propose un workshop « Assurer ses œuvres d’art, pourquoi et comment ? ».

Une rencontre enrichissante qui prouve que le monde de l’assurance est un monde stimulant et humain !

 

Crédit photo: Anne-Claire Bisch-Saffioti

Anne-Valérie De Cannière

Anne-Valérie De Cannière


Historienne de l’art, avec un double master de l'Ecole du Louvre, j'ai cinq années d'expérience dans le domaine du marché de l'art et la gestion de collection. J’ai collaboré avec des maisons de ventes aux enchères comme Sotheby’s et Artcurial et travaillé pour une des plus grandes collections d’art contemporain chinois.
Spécialisée dans les activités de régie des œuvres d’art des XIXᵉ et XXᵉ siècles, j’aime être en contact direct avec elles et m’assurer de leur conservation.
Aujourd’hui, mon intérêt se porte sur les moyens de transmettre l’histoire des œuvres d’art aux publics, car je suis convaincue que la gestion d'une collection doit aussi avoir pour objectif de créer des ponts et d'instaurer des échanges avec les publics.

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