Ecrivains Publics 2.0 : Le métier de rédacteur vu par Dimitri Kas

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machine à écrire et bloc note

 

Peut-on vivre de sa plume aujourd’hui ? A l’époque de la « crise du journalisme », les perspectives peuvent sembler sombres. La réalité est cependant plus optimiste, notamment car le monde de l’écriture est bien plus varié que nous ne l’imaginons.

Les métiers touchant de près ou de loin à la rédaction sont nombreux. Ils s’étendent du domaine de l’édition à celui du journalisme en passant par la rédaction technique, l’enseignement et la traduction.

Parmi tous ces métiers, nous avons voulu nous pencher sur celui de rédacteur web et print, un métier moderne qui prend ses racines dans une tradition millénaire.

Pour ce faire, nous avons rencontré Dimitri Kas, qui de curiosité en passion est devenu rédacteur web seo print en 2010.

 

De l’écrivain public au au rédacteur web et print

Les rédacteurs web et print peuvent être considérés comme les héritiers des scribes et des écrivains publics.

Ils mettent leurs compétences rédactionnelles au service de particuliers, d’entreprises et de collectivités, en proposant de rédiger ou de relire tout type de textes.

Lettres

Traditionnellement, les écrivains publics ont souvent une expertise particulière dans le domaine des lettres officielles et des courriers administratifs.

Cependant, comme le souligne l’Académie des Écrivains Publics de France, l’art de l’écrivain public couvre tout le spectre rédactionnel, depuis le récit biographique jusqu’au rapport d’entreprise, en passant par toutes sortes de lettres.

Nous retrouvons cet aspect chez les rédacteurs web et print, qui peuvent offrir des prestations très variées.

Dimitri Kas propose par exemple de créer des textes pour le web ou pour la presse écrite, des dossiers de recherche de fond, des billets de blog, des communiqués de presse, et j’en passe.

Suivant leurs compétences particulières, les rédacteurs peuvent également proposer des services de relecture, réécriture, ou traduction.

 

Lecture sur tablette

Écrire pour le web

L’une des compétences très recherchées actuellement est la rédaction à destination du web.

Elle implique certains codes qui différent de la rédaction pour le papier, et prennent en compte les usages de lecture différents selon le média.

Le style d’écriture lui-même doit changer pour prendre en compte l’attention plus limitée du lecteur sur la toile. Des phrases et des paragraphes plus courts, un formatage aéré, un usage libéral des sous-titres.

Une chose ne change pas cependant entre l’écriture pour le web et pour le print, et Dimitri Kas insiste sur la question à plusieurs reprises : maîtriser la forme ne dispense pas de maîtriser le contenu. Un rédacteur doit impérativement proposer un contenu de qualité s’il veut retenir les lecteurs et faire passer son message.

 

L’importance des moteurs de recherche

Un autre aspect essentiel de la rédaction pour le web est de faire en sorte que les lecteurs se rendent sur la page ou le site internet du client.

C’est ici qu’intervient la rédaction SEO, pour « Search Engine Optimization », c’est-à-dire l’optimisation d’un site ou d’une page pour les moteurs de recherche.

Mots-clés SEO

L’objectif est d’atteindre un bon placement dans les résultats des moteurs de recherche.

La plupart des internautes ne cliquent que sur les premiers résultats d’une recherche.

Pour que le contenu soit accessible, il faut donc qu’il soit bien référencé par les moteurs de recherche. Le meilleur contenu, s’il est mal référencé, est comme une bouteille à la mer.

Il existe plusieurs techniques pour améliorer le référencement.

Le choix de mots-clefs est notamment crucial – un bon rédacteur SEO doit donc savoir se mettre à la place du public ciblé. Au-delà des techniques diverses, l’essentiel est encore une fois de proposer un contenu pertinent et de qualité.

« La rédaction est un élément déterminant pour le référencement », rappelle Dimitri Kas.

 

Les qualités d’un bon rédacteur

C’est là qu’intervient le rédacteur.

dimitri kasUn bon rédacteur doit pouvoir comprendre rapidement les besoins de ses clients, pour pouvoir y répondre de la meilleure façon possible.

Cela passe d’abord par l’écoute, une qualité évidente chez Dimitri Kas. Il est intéressé par les activités de ses clients, curieux et ravi d’apprendre.

Grâce à ses compétences en rédaction et en stratégie éditoriale, Dimitri Kas est capable de déterminer le genre de texte le plus efficace pour atteindre naturellement le but recherché, puis évidemment de l’écrire, pour un résultat agréable à lire, cohérent et de qualité.

Aimer écrire est donc indispensable pour réussir dans ce métier.

Il faut aussi une certaine générosité : il ne s’agit pas d’écrire pour soi mais de traduire le message d’autrui, de savoir s’effacer lorsqu’il le faut.

Cette passion de la rédaction doit évidemment être accompagnée d’un savoir-faire : de très bonnes compétences rédactionnelles et d’une grande rigueur qui permettent d’être un bon communiquant.

« Aimer écrire et pratiquer, pratiquer, pratiquer. »

Dimitri Kas mentionne également les difficultés liées au fait de travailler en tant qu’indépendant. Face à une demande – et donc des revenus – qui fluctue constamment, il faut être proactif, avoir un très bon sens de l’organisation, une bonne gestion du temps et un excellent sens des priorités.

 

Un parcours plus qu’une formation

Il existe plusieurs formations qui permettent de travailler sur différents aspects de l’écriture. Elles vont des formations les plus généralistes (Lettres, Journalisme, etc.) aux formations les plus spécialisées (rédaction web, rédaction stratégique, etc.).

Il n’y a donc pas de chemin unique qui mène au métier de rédacteur. Chaque formation travaille des aspects particuliers de l’écriture. La meilleure école, comme le souligne plusieurs fois Dimitri Kas, est la pratique : être curieux et écrire, écrire, et encore écrire.Croisement de chemins

A ce titre, le parcours de Dimitri Kas est édifiant.

Rien n’aurait permis de dire que cet étudiant en cinéma finirait par devenir rédacteur indépendant. C’est le hasard des rencontres et des découvertes qui l’a mené à prendre la plume.

En montant des projets avec ses amis, il a commencé à écrire des scénarios et s’est découvert une passion pour la rédaction.

Il a continué à pratiquer l’écriture – dans des genres aussi différents que le théâtre, la BD, le roman et l’essai politique – à côté de son travail durant de nombreuses années.

Sa pratique lui a permis non seulement de développer et d’affiner ses capacités, mais aussi de se construire une crédibilité en tant que rédacteur polyvalent.

A un certain point, Dimitri Kas a décidé de sauter le pas et de faire de sa passion un métier – pour reprendre ses mots, de « transformer sa passion en compétence ».

Il a renforcé ses connaissances en stratégie web et marketing en tant qu’autodidacte, et les a complétées et validées avec un CAS en rédaction stratégie marketing.

Puis, il a créé son site web et travaillé son réseau. Ce qui lui a permis de décoller ? La qualité de son travail et de ses rédactions, qui ont engendré un très bon bouche-à-oreille et des recommandations.

Le succès de son site et de sa propre stratégie de communication, ainsi que la satisfaction de ses anciens clients, sont des garants de son travail aux yeux des prospects.

 

Écrire pour le public, pour le meilleur et pour le pire

Il faut être passionné pour faire de l’écriture son métier – une conclusion qui ressort nettement de l’entretien avec Dimitri Kas.

DiversitéCe qui lui plaît le plus, au-delà de l’écriture elle-même, c’est le panel de gens et de domaines différents que son métier lui permet de découvrir.

Des grandes entreprises aux associations, en passant par les agences de communication et les particuliers, Dimitri Kas évoque ses anciens mandats comme autant de rencontres enrichissantes.

Ce qui le motive, c’est le contentement du client et la satisfaction du travail bien fait. Il garantit d’ailleurs une relecture et un travail des textes jusqu’à satisfaction.

En ce qui concerne les aspects plus difficiles du métier, ils ont trait pour la plupart au fait de travailler en tant qu’indépendant. Tenir les délais, trouver des mandats réguliers ou rechercher de nouveaux mandats, cela représente parfois beaucoup de stress.

 

Un métier d’avenir 

Dimitri Kas se montre optimiste au sujet des perspectives qu’offre le métier de rédacteur indépendant. Pour lui, il s’agit d’un marché d’avenir, où il y a encore de la place pour de nouvelles plumes – et pour des profils d’horizons très différents :

Plume et bloc-note

« C’est un marché qui est amené à se développer, car les entreprises vont se rendre compte de plus en plus de l’importance de se positionner sur le web. C’est essentiel au niveau du marché, de même qu’avoir de bons textes. »

C’est un métier qui demande à la fois des qualités analytiques et artistiques, et dans lequel peuvent réussir et s’épanouir des profils mixtes et atypiques.

S’il ne fallait retenir que deux choses de cette rencontre avec un « écrivain public 2.0 », c’est l’importance des deux éléments suivants :

  • La qualité de l’écriture, née de la passion et de la pratique assidue
  • L’écoute de l’autre, l’envie et le souci de répondre au mieux à ses besoins

 

Si votre plume vous démange et que vous êtes curieux de tout, si vous êtes à l’écoute des autres et naturellement orienté service, si vous êtes motivés par les rencontres et les découvertes en tout genre – peut-être êtes-vous fait pour être rédacteur. Comme le prouve Dimitri Kas, pas besoin d’être écrivain ou journaliste pour s’épanouir dans l’écriture !

 

Crédits photo : Dimitri Kas et Free-Photos, geralt, kaboompics, Tumisustevepb, geraltPexels via pixabay

Amanda Spierings Amanda Spierings

Au terme d’un « parcours atypique », j’ai trouvé ma voie et je me consacre désormais à l’écriture en tant que rédactrice, relectrice et traductrice indépendante à L’écritoire : https://www.lecritoire.ch/

Je suis titulaire d’une maîtrise en français moderne ainsi que d’un doctorat en philosophie. De nature polyvalente, j'ai travaillé dans différents milieux passionnants (universitaire, associatif, éditorial …) avant de me lancer à mon compte. Ces expériences m’ont beaucoup apporté et me permettent aujourd’hui de proposer une palette de services variés et complémentaires.
Quel que soit le domaine, quelle que soit la demande, je mets ma passion, ma curiosité, mon sens de l’écoute et mon exigence au service des différents projets qu'on me confie."

Des sciences dures aux sciences humaines, de la culture classique à la pop culture, des questions existentielles aux préoccupations quotidiennes, je navigue et crée des ponts entre ces différents univers et publics.

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