Go Beyond : Business angels et crowdfunding s’allient pour soutenir les startups

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go beyond infographic 2“Have fun, bring value and take it seriously” ou « Ayez du plaisir, amenez de la valeur et travaillez sérieusement », ce leitmotiv symbolise l’état d’esprit des business angels œuvrant pour la plateforme de smartfunding Go Beyond. Cette notion de smartunfing a été créée à l’interne : elle allie le meilleur des mondes des business angels et du crowdfunding. Les individus business angels apportent du coaching, du savoir-faire et des fonds à des startups et des entreprises à forte croissance.

En investissant dans des startups, Go Beyond, grâce à son approche business angel, accompagne les sociétés tout au long de leur processus de croissance en intervenant pour des levées de fonds et pour gérer les investisseurs

L’approche business angel combinée à une approche de plateforme permet aux entreprises de grandir beaucoup plus vite et donne aux entreprises et aux investisseurs de vrais outils d’investissement.

« Nous croyons fortement que l’investissement par les business angels peut être une classe d’actifs. Cela demande un flux d’investissements, de bonnes prises de décisions et des métriques adéquates pour mesurer les progrès. »
Brigitte Baumann – CEO de Go Beyond

Go Beyond Investing (GBI) pratique le early stage investment (investissement de démarrage) qui permet aux investisseurs petits ou grands, expérimentés ou novices, de créer, gérer et sortir des portfolios investissant dans des startups.

Fondation de Go Beyond

logo go beyondGo Beyond a été fondée en 2008 par Brigitte Baumann, franco-américaine ayant longtemps travaillé aux Etats-Unis où elle a co-fondé Expédia (site dédié aux voyages) avec American Express et Microsoft. Tout au long de sa carrière, elle a investi dans des startups pour créer des retours financiers autant que des retours sociétaux bénéfiques aux investisseurs, aux entrepreneurs et à leurs clients.

De retour en Europe, il y a une dizaine d’années, elle a été très étonnée de constater le peu de présence d’investissement dans les startups en Europe par rapport aux Etats-Unis. Elle a commencé par donner des conseils et des formations fournissant les outils pour pratiquer des investissements dans des startups, à des personnes privées, des family offices et des corporations. Le succès de ces formations a été tel que les participants ayant terminé leur cursus ont décidé de se réunir afin de débuter leurs premiers investissements. Les premiers investisseurs se sont donc réunis à Genève en 2008 pour créer Go Beyond. La société poursuit toujours son engagement pédagogique pour les investisseurs débutants ou expérimentés souhaitant acquérir un niveau de connaissance leur permettant de gérer leurs investissements.

Actuellement, la société réunit une communauté de 200 personnes, elle les allie, leur permet de suivre leurs investissements, communique avec les investisseurs et structure l’ensemble des Due Diligences permettant aux investisseurs de décider de leurs investissements. Go Beyond se différencie d’autres réseaux de business angels ou même d’autres plateformes de crowdfunding, car elle gère l’investissement du début à la fin, c’est-à-dire depuis l’entrée, en passant par la négociation jusqu’à la sortie. Lorsque Lemoptix, société parvenue à miniaturiser sur une puce un projecteur laser qui a l’avantage de se passer de réglage optique pour diffuser une image de qualité, a été vendue à Intel en mars 2015, les investisseurs ont reçu l’argent sur leur compte, ils n’ont pas eu besoin d’aller discuter avec le repreneur. Le principe est similaire à celui d’un fond de placement.

Qui sont les investisseurs ?

conf go beyondChez Go Beyond, les retours moyens sur portfolio sont de 19% par année (hors frais), pour les petits et grands investisseurs. Afin d’obtenir ces retours, il est essentiel d’investir dans cinq à dix startups afin de créer un portfolio diversifié. Les personnes avec de bons portfolios sont mises en exergue par le biais de concours à l’interne. Ces concours mettent en avant les choix pratiqués par l’investisseur grâce auxquels il a de bons retours financiers, voire sociétaux.

Go Beyond tisse sa confiance avec les investisseurs grâce à son arrière-plan de formation et de conseil. Les formations favorisent le partage des bonnes pratiques où les expériences des uns et des autres servent de complémentarité dans les choix pratiqués. Il n’est pas nécessaire d’être un expert dans un domaine d’investissement spécifique, mais grâce à ces échanges, un expert des biens de consommation rapides (fast consuming goods) pourra par exemple conseiller un novice s’intéressant à ce secteur.

L’autre moyen de créer la confiance avec les investisseurs se fonde sur la transparence. Lorsque l’investisseur se connecte à la plateforme, il accède au parcours du portefeuille d’investissement (track record) où il peut voir immédiatement quel pourcentage des investissements ont des retours, s’il est mieux ou moins bon qu’un autre et ainsi adapter son investissement.

32% d’investisseuses chez Go Beyond

Au niveau européen, Go Beyond est la plateforme qui compte le plus de femmes, hors réseaux dédiés uniquement aux femmes. Un tiers des investisseurs sont des femmes. Lorsqu’un investisseur doit prendre une décision avant de conclure un accord ou une transaction avec une autre partie (due diligence), les questions soulevées touchent aussi à la personnalité de l’entrepreneur, tel que ” pourra-t-on travailler avec lui en cas de coup dur ? Est-ce que l’entrepreneur lui-même, au-delà du marché et du produit, pourra mener à bien ses tâches ? ” Pour aborder ces questions, les femmes auront plus tendance à suivre leur intuition, ce qui est un bon indicateur pour cerner la personnalité de l’entrepreneur.

Il existe un certain nombre de critères pour évaluer une société, mais le critère central repose sur l’équipe, elle définira tous les autres critères. Le parcours d’une entreprise n’est pas linéaire, d’où l’importance d’avoir une équipe capable de s’adapter avec flexibilité aux problèmes apparaissant sur sa route. L’attitude des femmes permet non seulement de cerner la personnalité d’un entrepreneur, mais celles-ci seront aussi beaucoup plus promptes à communiquer et à échanger librement avec l’entrepreneur pour lui permettre de sortir de l’ornière.

Les critères qui permettent à une startup de passer le deal flow

2’000 à 3’000 requêtes sont visibles chaque année à Go Beyond. 1’000 requêtes seulement sont analysées par les membres de la société, puis 100 requêtes sont présentées aux investisseurs. Sur celles-ci 50 partent en due diligence et ensuite 25 à 30 reçoivent des investissements. Il y a trois critères pour qu’une requête passe le flux d’investissement (deal flow).

Le premier d’ordre mécanique concerne les sommes à investir. Les montants recherchés sont entre 200’000 et 2’000’000 de francs. Si quelqu’un cherche 2’000’000 de francs ou 50’000’000 de francs, il ne va pas pouvoir être financé par Go Beyond, car celle-ci pratique les investissements de démarrage (early stage investment).

Le deuxième critère concerne les segments. Pour des raisons techniques, Go Beyond n’entre pas en considération pour les secteurs pharmaceutiques ou le biotech, et pour des raisons éthiques, pour le secteur militaire.

Le troisième critère est d’ordre géographique, Go Beyond est très présent dans les pays européens et aux Etats-Unis. La société a des investisseurs qu’elle connaît très bien et qui peuvent l’aider en Australie et en Nouvelle-Zélande. Go Beyond a aussi quelques investisseurs en Asie, mais elle n’a pas une présence assez forte sur ce continent pour pouvoir structurer de manière cohérente et en phase avec la législation d’investissement en Chine ou même au Japon.

Go Beyond reçoit trois deals par jour et la différence entre les deals qui ont déjà une certaine maturité et les autres est perceptible. Ces deals-là ont participé à des concours de business plan, reçus la certification CTI (Commission for Technology and Innovation), ont été à Venture Kick, Venturelab ou ont gagné un prix Perl. Ces organismes leur ont permis de se structurer de manière à être prêts pour se présenter à des investisseurs. Il ne sert à rien à un entrepreneur de se présenter 20 fois auprès de Go Beyond pour peaufiner son projet au fur et à mesure. Cependant, une startup qui se sera présentée une fois auprès d’elle pourra revenir l’année suivante. Cela requiert beaucoup de travail pour se présenter à des investisseurs et les responsables de la plateforme n’ont pas de temps à consacrer à la présentation des candidats, car celle-ci reçoit environ 15 requêtes par semaine.

Les quatre piliers pour le succès d’une compagnie

En règle générale, 40% des startups font faillite après investissement des Business Angels, 40% sont capables de rembourser les investisseurs et de survivre, et 20% créent un retour sur portfolio. Une société sur cinq va donc vraiment créer des retours.

Les quatre piliers pour le succès d’une compagnie sont :

go beyond tableau

Pour créer le succès des compagnies, il faut absolument qu’elles aient des produits qui puissent grandir rapidement, qu’elles soient scalable, c’est-à-dire qu’elles puissent croître économiquement.

« Il faut une grosse innovation technologique, qui soit scalable et de faible coût incrémental. » Selon André Delafontaine, COO de Go Beyond, pour qu’une société attire son intérêt.

Par exemple, Lemoptix, avec ses micros-projecteurs, dont les licences ont un coût faible, a une forte capacité de croissance. De ce fait, une société de service pure ne sera pas intéressante pour Go Beyond.

Le meilleur moment pour une sortie

Une startup est extrêmement efficace pour la créativité, elle est dix à 20 fois plus souple qu’une grosse société, car elle possède une motivation incroyable au niveau de ses équipes et d’excellentes compétences pour le développement de prototypes et de tests de marchés. Une grosse société sera très efficace pour industrialiser des prototypes exacts, pour créer une force de vente et pour le marketing. De plus, elle peut utiliser sa marque pour les parties production et distribution où elle est imbattable.

Pour André Delafontaine, « Au début, la startup est extrêmement efficace et vers la fin, elle est non seulement moins efficace qu’au début, mais elle sera moins efficace que la grosse société, parce qu’elle n’a pas les moyens de démarrer une force de vente qui couvre la planète entière. Cette dernière possède des moyens colossaux auxquels la startup n’aura jamais accès. » Le meilleur moment pour vendre la startup est lorsque son prototype existe et que le marché est testé. Tous les intervenants y gagnent : les investisseurs ont un plus grand retour, la société acheteuse et les clients accèdent à une technologie innovante.

Parcours d’André Delafontaine

Après avoir travaillé longtemps pour de grosses compagnies, notamment aux Etats-Unis et en Suisse où il travaillait pour le groupe Kudelski, André Delafontaine avait besoin de moyens pour exprimer une certaine créativité, ce qu’il ne trouvait pas dans les grandes structures.

Après avoir été coach, puis juré auprès de Venture (concours de business plan), où il a passé en revue des business plans, il est devenu conseiller pour Lemoptix en 2007. Chez Lemoptix, il a cherché des fonds et a donné des conseils sur la structure de la partie financière. Puis, il a souhaité investir auprès de Lemoptix, mais pas uniquement en tant qu’investisseur, il voulait poursuivre son implication auprès de la compagnie. C’est là qu’il a trouvé un répondant auprès de Brigitte Baumann, la fondatrice de Go Beyond, qui était à la recherche d’un COO (directeur des opérations). André Delafontaine a obtenu ce poste parmi 230 candidats. N’ayant pas de background en finance, il a depuis obtenu un MBA, et il a été engagé de par sa passion pour Lemoptix, son énergie et les valeurs communes avec Brigitte Baumann, liées au retour sociétal.

L’évolution de Go Beyond

conf 1 go beyondAvec ses sept années d’existence, Go Beyond a acquis une expertise dans son domaine et elle est prête à accueillir de nouveaux membres et à grandir beaucoup plus vite avec eux. La société cherche à nouer des partenariats avec des instituts financiers, tels que des banques privées et des gestionnaires de fortune qui voudraient offrir les produits de Go Beyond à leurs clients. Actuellement, Go Beyond met en place un fond qui permet à des investisseurs, n’ayant pas le temps de suivre leurs investissements, de les déléguer à un gestionnaire de fortune faisant ces choix pour eux.

Pour André Delafontaine, Go Beyond offre à ses clients de pouvoir investir dans des startups qui font la vraie création de valeur. Cela permet à l’investisseur d’avoir un impact local autour de soi, tout en ayant un très bon retour financier. Il a constaté que les investisseurs sont lassés d’avoir des retours négatifs sur leurs portfolios, de payer de gros frais en prenant des risques, finalement pas si différents de ceux pris par Go Beyond.

Conclusion

Les plateformes de crowdfunding donnent les moyens financiers à des personnes extrêmement créatives de développer les sociétés de demain. Pour André Delafontaine, ces emplois dépendent des plateformes de financement participatif. En effet, les banques n’ont ni le mandat, ni l’expertise dans ce domaine. Il existe un immense besoin que les plateformes essaient de combler à travers leurs structures.

Accompagner les sociétés naissantes pour implémenter leur viabilité et leur essor économique crée des retours financiers, des produits innovants utiles à la société et des emplois. Ce qui contribue à l’attractivité d’un pays sur le marché économique.

Sources :

Article fondé sur un entretien avec André Delafontaine.

https://go-beyond.biz/

http://www.bilan.ch/techno/intel-achete-une-deuxieme-start-de-lepfl

https://fr.wikipedia.org/wiki/Business_angel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Financement_participatif

Comments

  1. Francine Sarrramaigna

    Article très intéressant et bien détaillé, très bon fil rouge à garder précieusement dans l’éventualité d’une future start-up.

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