Libra, la nouvelle monnaie virtuelle

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Libra

Dix ans après le création du bitcoin, la première monnaie virtuelle, un certain nombre d’acteurs ont créé leur propre monnaie, dont récemment Facebook avec sa monnaie, Libra.

La monnaie virtuelle n’est pas donc forcément nouvelle. Cependant, les banques, via les comptes de crédit, fabriquaient déjà de la monnaie au 19ème siècle. Le souci principal avec le virtuel est : sur quoi repose cet argent et qui le garantit. Exceptée la solidité financière de l’émetteur, rien n’est garanti : ni l’argent placé, ni sa valeur.

 

Facebook à l’assaut d’un nouveau marché avec Libra

Toutes les entreprises veulent prospérer, que ce soit via des rachats d’invention, de nouvelles technologies, ou des positionnement de marché. Ces dernières années, nous pouvons constater l’émergence des crypto monnaies (bitcoin, Ethereum, Litecoin, Ripple…), un argent facile à utiliser et reconnu par ceux qui y participent. Facebook, avec près de 3 milliards d’abonnés, se lancent dans le business. Cette société va émettre le « Libra » l’année prochaine, une « devise » à utiliser sur internet pour des paiements ou des transferts.

 

Quelles sont les protections ?

Habituellement, l’argent d’un pays est soutenu et garanti par sa banque centrale. C’est elle qui va orienter la valeur de sa monnaie en fonction des impératifs économiques et mettre en œuvre sa politique monnétaire. Comment cela se passe-t-il avec une crypto monnaie, détenue et émise par des entreprises privées ?

La loi du marché va régir tout simplement sa valeur face aux autres devises. C’est pourquoi nous avons pu voir une envolée du bitcoin avant un crash en toute beauté.

L’argent émis vient de la confiance que les acteurs vont placer en elle. Une monnaie nationale et toujours soutenue par l’État en question. Les devises étatiques sont surveillées par la banque centrale et, les banques, les agent de changes et les autres acteurs ont des obligations légales pour la traiter (lois de la FINMA, lois sur le blanchiment, etc…).

Certaines nouvelles banques online sont confrontées aux mêmes problèmes. Il est tellement facile d’ouvrir un compte que l’on est en mesure de se demander comment sont évaluées les informations transmises par les clients et quelles en sont les protections, alors que la finance internationale est en train de restreindre et de réglementer tout ou presque dans la connaissance du client (KYC).

 

Libra : Quels sont les changements ?

Une crypto monnaie, entre les mains de sociétés ou groupe de sociétés, n’a pas de règles aussi spécifiques que dans les banques internationales. En effet, de plus en plus de règles et de restrictions ont vu le jour sur les places financières du monde entier, ce qui est une bonne chose.

Ces règles ne s’appliquent pas aux monnaies virtuelles. Si vous êtes le parrain de la mafia, vous pouvez tout simplement ouvrir ou faire ouvrir un compte virtuel pour y blanchir vos fonds. Où se situerait la surveillance nécessaire à la bonne santé de ce marché ? Les restrictions y sont bien moindres que dans des établissements spécialisés. La sécurité sera-t-elle aussi au rendez-vous ou serait-il possible de se retrouver du jour au lendemain avec son porte-monnaie vidé par des hackers ?

 

L’ancrage de la monnaie par des instituts reconnus

Facebook a décidé de confier à des acteurs bien connus du monde du crédit le lancement et le développement de Libra. En effet, les sociétés MasterCard et Visa seront parties prenantes du lancement de la nouvelle devise. Ces sociétés vont agir depuis Genève, donnant un certain poids à la stabilité de Libra, contrairement à ce qu’a connu le bitcoin l’an dernier.

 

Un réel futur ou le fait de combler les failles passées

Ces nouvelles technologies de paiement sont-elles axées vers un développement, afin d’être utilisées par le plus grand nombre (au détriment des monnaies locales, dont l’attrait devrait être diminué, voire être supprimée) ? Si tel est le cas, c’est une sorte de hold-up mondial envers la finance. Seul le comportement de tous les acteurs pourra orienter cela dans un sens ou dans l’autre. Si le virtuel est plus facile, moins soumis aux lois et moins cher que le circuit traditionnel, nous pouvons imaginer qu’il va l’emporter sur le réel (actuel) et le remplacer. Alors quel sera le rôle des états et de leur politique économique et financière d’ici dix ans ?

 

Source : Le Nouvelliste

Photo : Pixabay by WorldSpectrum

Francois Marti

Francois Marti


Employé de banque depuis près de 30 ans dans le back-office titres.
Mes expériences sont variées à travers les différents secteurs de ce domaine.
Je suis aussi passionné par le massage et je prépare le diplôme de massage classique.

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