Le monde du diagnostic médical

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diagnosticNous allons aborder les problématiques liées au domaine du diagnostic des maladies infectieuses et présenter la société FIND (Foundation for Innovative New Diagnostics) dont c’est justement la spécialité.

 

A quoi sert le diagnostic

Selon William Osler (1849-1919), “il y a trois phases dans le traitement: le diagnostic, le diagnostic et le diagnostic”.

En théorie, plus tôt la maladie est détectée, plus la prise en charge médicale sera rapide et efficace. Cela vaut autant pour un individu que pour les populations atteintes. Nous constaterons plus tard qu’en réalité ce principe se heurte à de nombreuses difficultés.

Le diagnostic a donc un rôle crucial. Sans revenir aux fondamentaux ou s’engager dans les débats médicaux, sur quelle base se fait-il?

 

La maladie déclarée

La littérature médicale est formelle, trois paramètres doivent concorder pour diagnostiquer avec certitude une maladie infectieuse et suivre son évolution :

  • les signes cliniques (les symptômes),
  • le contexte géographique et/ou environnemental et,
  • les examens de laboratoire.

 

Et en absence de symptômes?

Les manifestations cliniques, c’est-à-dire les symptômes bien définis par la littérature médicale, sont souvent absentes ou peu marquées au début de la maladie infectieuse.

La personne peut être porteuse d’un agent infectieux avant de développer une maladie. Le VIH en est un bon exemple.

Cependant, cette personne représente déjà un danger de contagion pour les autres… Comment identifier ces porteurs au sein de la population afin d’éviter tout risque d’épidémie?

Pour cela, il est impératif d’avoir de bons outils pour dépister les porteurs de la future maladie.

Le diagnostic et le suivi de la maladie à grande échelle

Enfin, comment assurer un diagnostic fiable et rapide et suivre l’évolution de la maladie infectieuse lorsqu’elle touche une population entière, comme dans un cas de maladies dites liées à la pauvreté?

Les maladies liées à la pauvreté

Mais quelles sont ces maladies? Ce sont toutes les maladies qui influent considérablement sur la santé publique et l’économie de nombreux pays.

D’ailleurs, leur existence ne se limite pas aux pays en développement, comme le laisse sous-entendre ce terme assez général (N.D.A : à notre humble avis, cette notion est même un peu dépassée). Cependant, la question de la terminologie est bien secondaire car – et avant tout – c’est la vie de centaines de milliers de personnes qui est en jeu.

Citons quelques-unes de ces maladies ne serait-ce que pour appréhender l’étendue des pathologies regroupées sous ce nom… L’hépatite C, le SIDA, la tuberculose, le paludisme, les maladies infectieuses à potentiel épidémique comme Ebola, les leishmanioses

 

Les examens de laboratoire : les difficultés et les limites

Les examens de laboratoire, cette arme puissante de la médecine moderne, ont un rôle déterminant, car ils permettent de constater avec certitude la présence de la maladie infectieuse, de suivre son évolution, tout en détectant un agent pathogène, même en l’absence de symptômes.

En toute logique, nous pouvons nous poser la question de quand, comment et avec quelle fiabilité ont lieu ces examens.

En effet, les outils d’examens de laboratoire ou les tests de diagnostic médical ne sont pas, selon les spécialistes, des sources d’information indiscutables. Pourquoi?

1. Tout d’abord, toutes ces méthodes médicales sont fondées sur des processus biologiques (processus survenant dans les organismes vivants).

Cela signifie déjà une certaine variabilité intrinsèque aussi petite soit-elle pour un même test, venant du même fabricant. Comme le souligne le Pr. Michel Burnier : “Toute méthode, même scientifique comporte une certaine imprécision. ” (UNIL).

2. Ensuite, la spécificité du test peut influencer le résultat.

Détecte-il uniquement la molécule-marqueur de la maladie recherchée ou identifie-t-il inutilement les autres molécules? Si tel devait être le cas, les résultats seraient faussés, donnant ainsi des échantillons “faux positifs” ou “faux négatifs”. Ce phénomène est appelé la réactivité croisée.

3. De même, le diagnostic dépend de la sensibilité du test ou des seuils de détection.

Celle-ci détermine la valeur la plus basse et la valeur la plus élevée de la molécule recherchée. Connaître les bons seuils de détection d’un test est donc primordial dans le processus de détection appropriée des molécules-marqueurs : c’est comme le pêcheur qui choisit son filet en fonction de la taille des poissons.

4. La manière de procéder au sein du personnel de la santé peut également faire varier les résultats.

Il ne s’agit pas d’erreur humaine. En effet, même d’infimes différences dans l’exécution d’un protocole établi peuvent avoir une grande influence sur les résultats finaux.

5. Enfin, un facteur d’une grande importance est celui des coûts.

Il est évident que le choix d’un test dépendra fortement de son prix d’acquisition. Même si ce n’est pas une règle absolue, plus le prix est élevé, plus la qualité devrait l’être également.

Pour les pays ou les entités publiques de la santé au financement restreint, ce critère est souvent prépondérant.

Décidément, il y a de quoi perdre “le flegme nécessaire à l’exercice de la médecine”, prôné par William Osler…

 

La question du choix du test de diagnostic

La vraie question que les intervenants de la santé se posent est de savoir quel est le meilleur test pour diagnostiquer telle maladie (c’est-à-dire, pour détecter des molécules-marqueurs recherchés).

Il est clair que la complexité de leur tâche est encore plus grande quand il s’agit de comparer tous les paramètres cités plus haut entre des tests différents pour chacune de maladies.

Le but recherché est toujours de choisir le mieux adapté, mais il faut souvent faire des compromis tant les critères sont nombreux.

Bien évidemment, les médecins ne sont pas seuls face à cette problématique liée au choix du meilleur outil de diagnostic.

Ils sont épaulés, dans chaque pays concernés, par les ministères de la santé, les programmes nationaux de lutte contre les maladies, les centres nationaux de recherches, les sites d’études cliniques, etc. Sans oublier l’Organisation Mondiale de la Santé avec son travail titanesque, ses programmes et ses recommandations.

Pourtant d’un état à l’autre, il n‘existe pas d’équivalence pour ce qui est des budgets alloués, des bases techniques et scientifiques, des ressources en personnel de santé, etc. Encore une fois, le choix des outils adéquats en sera altéré.

Alors pourquoi ne pas faire un réseau unique de tous ces acteurs, dans le but d’augmenter la visibilité dans ce domaine de diagnostic des maladies à haut potentiel épidémique, en développant des projets concrets et ciblés ?

 

FIND : des solutions diagnostiques au niveau mondial

diagnosticDans ce contexte, la fondation FIND intervient et propose ses compétences le plus en aval possible, afin d’accompagner ses partenaires dans le processus de sélection des meilleurs outils de diagnostic médical.

Cela signifie qu’elle peut aussi bien soutenir la recherche qu’agir comme conseillère.

Par ailleurs, il s’agit d’un véritable partenariat, puisque la formation du personnel de santé est aussi l’une de missions de FIND.

Sachant que le domaine des biotechnologies est en plein essor, nous assistons à l’avènement de sociétés innovantes qui viennent bousculer le monopole des grandes sociétés pharmaceutiques. Dans ce sens, FIND a développé un réseau de collaboration avec elles afin de faciliter l’accès au marché de leurs technologies prometteuses.

Pour résumer, les deux axes principaux de activités de FIND dans le domaine des tests de diagnostic médical sont :

  • l’accélération du développement, de l’évaluation et de l’utilisation de tests pour les maladies dites liées à la pauvreté ;
  • l’amélioration de l’accès aux nouveaux tests en les rendant plus abordables, en améliorant leur visibilité sur le marché, en formant le personnel de santé et en développant les systèmes de contrôle qualité.

Créée en 2003 et basée au Campus Biotech de Sécheron à Genève, FIND représente donc une sorte de pont entre l’innovation et l’implantation de solutions diagnostiques au niveau mondial.

En conclusion, nous avons pu constater la complexité du domaine du diagnostic médical. Les défis éthiques, scientifiques, financiers, éducationnels et éducatifs restent à relever dans un monde en perpétuel changement, face aux maladies infectieuses non-éradiquées ou (ré)apparues comme des nouvelles maladies.

Sommes-nous seulement prêts à le faire ?

Nous développerons la question du contrôle qualité et de ses enjeux à l’échelle multinationale (les aspects
réglementaires, les bases techniques et socio-culturelles…)

Photo credit : greg_chi via pixabay.com

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Maka Burjanadze About Maka Burjanadze

Mon parcours professionnel pourrait se résumer en trois mots-clés: la curiosité scientifique, l’adaptabilité et… un brin de perfectionnisme.

Immunologiste de formation, j’ai réalisé ma thèse de doctorat à l’Université de Montpellier sur le système immunitaire face au cancer. De plus, je m’intéresse également au management, au contrôle qualité, à la gestion documentaire et réglementaire.

Ces expériences professionnelles – et dans le secteur académique, et dans l’industrie – se complètent, s’en suivent et s’en enrichissent mutuellement. Elles font de moi une personne “multidisciplinaire” que je suis, avec un esprit analytique (je l’espère bien!) et un sens de la synthèse prononcé.

Immuno-oncologie/ Recherche pré-clinique/ Recherche clinique/ Contrôle qualité/ Santé publique

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