Un dinosaure à l’hôtel des Ventes Piguet : entretien avec un spécialiste

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Nous avons visité l’Hôtel des Ventes Piguet à Genève, lors d’un événement historique en Suisse. En effet, pour la première fois étaient proposées des pièces archéologiques, dont l’objet phare est un dinosaure entier remarquablement conservé, grâce au savoir-faire d’un collectionneur passionné. Le squelette, Maximus Thescelosaurus Neglectus, est vieux de 66 millions d’années.

Pour nous guider lors de cette visite qui reste tout de même atypique pour une salle des ventes, nous avons rencontré Fabrice Van Rutten, spécialiste en archéologie.

 

Première expo-vente archéologique en Suisse

En rentrant dans cette pièce peinte en noire, dédiée à l’archéologie, où les lots sont éclairés et présentés de façon muséal, nous sommes d’abord frappés par la quantité d’objets exposés, et par l’état exceptionnel de conservation des fossiles de minéraux, d’animaux et de végétaux. Et bien entendu, le squelette entier du Maximus, occupe majestueusement le coin gauche de la pièce.

Fabrice Van Rutten, spécialiste des objets scientifiques, exprime son enthousiasme de pouvoir proposer de tels objets, tant ils sont rares à la vente dans le monde. En effet, en dehors de l’intérêt scientifique, il y a aussi l’intérêt commercial et marketing pour l’Hôtel de Ventes Piguet.

 

La première vente de ce genre en Suisse

Les états préfèrent souvent gérer leur patrimoine archéologique eux-mêmes, ou d’autres interdisent l’excavation de dinosaures, tout simplement. Aux États-Unis par exemple, tout est privatisé, ce qui laisse une plus grande liberté de travail. Les pièces sont déclarées en douane, afin qu’elles transitent légalement jusqu’à leur destination.

« C’est grâce aux privés que ce genre de vente est possible », déclare Fabrice Van Rutten. En effet, selon le spécialiste, ces dernières années, la tendance est que les fouilles sont financées le plus souvent, par des personnes passionnées d’archéologie. « Si ces personnes n’étaient pas là pour arrêter certains projets de construction, et auto financer des fouilles, beaucoup de matériel de recherche aurait été perdu à jamais », nous dit-il solennellement.

 

Origine et découverte du dinosaure Maximus

Maximus a été découvert à l’ouest des États-Unis, dans le Dakota du sud. Il est le dernier représentant de son espèce, car il a vécu au crétacé supérieur, juste avant l’extinction de masse qui a coûté la vie à de nombreux animaux. Cela rend la présence de cet individu dans cet état, rarissime, au vu de l’époque géologique perturbée dont il provient. En effet, le squelette de ce dinosaure est complet à 75% de véritables os fossilisés ; les 25% restant sont des impressions 3D d’un mimétisme impressionnant.

 

Qui achète du matériel archéologique ?

Pour une fois, selon Fabrice Van Rutten, ce type de lots parle à tout le monde, car ceux-ci ne touchent ni la religion, ni la géopolitique. Les profils peuvent aller du collectionneur fortuné à une association, en passant par un musée. Étant donné que c’est la première vente de ce genre en Suisse, il dit préférer se laisser surprendre par le potentiel de la clientèle future.

 

La place d’un dinosaure, chez des privés ou au musée ?

« Je suis souvent sujet à cette question-là avec l’archéologie ! », nous dit-il en souriant. Le spécialiste nous explique qu’un fossile n’est pas caractéristique d’un savoir humain local, tel que le savoir-faire d’une ébénisterie parisienne à un siècle donné ; ou tel que celui des artistes grecs qui peignaient sur des vases à tel ou tel siècle.

Il insiste sur le fait qu’effectivement, c’est un patrimoine global, mais ce sont surtout des animaux ! Ils n’appartiennent à personne, et ils seront tout aussi bien conservés chez des privés que dans un musée. Il poursuit en prenant comme exemple la destruction du musée de Bagdad, abritant à son époque du matériel archéologique inestimable. Fabrice Van Rutten pense que sans cette centralisation des pièces archéologiques, telle que dans ce musée, certaines de ces pièces auraient sûrement été sauvées, si des privés les avaient conservées.

 

Comment mettre un prix sur du patrimoine global

Le spécialiste en archéologie nous explique le calcul à faire pour donner un prix à une telle pièce. C’est la somme de travail des différents corps de métiers qui interviennent dans la restauration du fossile, plus le coût de l’excavation ou de l’acquisition, qui détermine le prix d’un lot. Ensuite, le marché fera son travail, selon l’intérêt des acheteurs.

 

Une première mondiale suisse qui suscite l’engouement

« En tant que scientifique, c’est bien entendu un réel plaisir de pouvoir travailler sur ce type de matériel d’une exceptionnelle conservation ! », nous dit-il. L’engouement suscité par cette première mondiale suisse, va logiquement créer un « effet siphon », selon le spécialiste. Cela veut dire que les clients potentiels réalisent que de tels lots peuvent être achetés et vendus par des privés. Ils vont donc essayer d’en acheter ou d’en proposer à la vente. Ensuite, ils aviseront selon la qualité des lots proposés.

 

Un dernier mot pour les lecteurs de GBNews

« J’en appelle aux amateurs d’art. Venez visiter cette expo-vente de fossiles d’une rare beauté et d’une conservation exceptionnelle ! Pouvoir approcher un squelette de dinosaure presque complet est impressionnant », nous dit-il. L’expo-vente est ouvert à presque toutes les bourses ; on peut s’offrir un fossile vieux d’entre 30 millions et 100 millions d’années pour une centaine de francs. « Ce genre de lots est extrêmement rare, sachez que cette expo-vente est ouverte à tous les êtres humains, c’est vraiment à voir ! » renchérit-il.

 

Pour en savoir plus, accédez au catalogue de la vente.

Niati Mavungu

Niati Mavungu


J’ai été bercée dès ma plus tendre enfance, dans l’univers de la mode et de la beauté. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours créé, de nouvelles idées, de nouveaux objets, de nouveaux vêtements, de nouveaux concepts.
Indépendante, curieuse, créative, experte en histoire de la mode et de ses tendances, fashionista accomplie, je suis une professionnelle du stylisme.
Mon parcours m’a offert la chance de pouvoir exercer en tant que styliste et conseillère en image et relooking, à New-York, pendant plus d’une décennie, pour de grandes enseignes et des clients prestigieux.
Aujourd’hui, reconvertie en journaliste spécialisée, passionnée très active au sein d’un réseau de professionnels aguerris, je partage et relate aux travers d’articles, d’émissions et de vlog, les évènements, les tendances, l’actualité et les coulisses de la mode.
Je vous invite à ce voyage extraordinaire et merveilleux qui compose mon univers.
« Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. »
(Coco Chanel)

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