Économie après le virus : encore malade ?

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Le début de la fin de la crise

La crise sanitaire amorce un retour à la normale. Les écoles ouvrent à nouveau, les magasins non essentiels aussi, la vie reprend gentiment sont cours, mais timidement. Nous avons l’impression que la société est un nouveau-né qui apprend à marcher. Chacun cherche encore ses marques et essaie de retrouver une vie d’avant, avec les nouvelles règles. Il est indéniable que la crise sanitaire laissera une trace sur le comportement des gens, du moins pour une certaine période.

 

Les oiseaux chantent, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes

Le COVID-19 perd de sa puissance, le nombre de cas tend progressivement vers la fin de l’épidémie et le nombre de morts est soit nul, soit se réduit de jour en jour. Les gens recommencent à faire des plans à moyen terme, tels que des vacances, un mariage, des fêtes, etc. et ils retrouvent timidement une activité sociale. Même les oiseaux chantent à nouveau ! Ah non, désolé… Eux, ils le faisaient aussi pendant la crise !

 

Et si on faisait un point de situation actuelle ?

Les médecins et toutes les équipes médicales et paramédicales commencent à retrouver leur rythme normal. Et, dans la quasi-totalité des pays européens, ils s’en sont sortis, en vrais vainqueurs qui ont fait honneur à leur engagement moral envers leur profession (serment d’Hippocrate).

Dans certain cas, cela a même permis de remettre en question le fonctionnement de certain système de santé et de leur système de rémunération. Mais rien n’est moins certain qu’une fois la crise sanitaire passée, les politiques respecteront leurs promesses. C’est le cas de la France par exemple.

L’heure du vrai bilan de cette crise ne fait que commencer. Les gouvernements ont réagi plus ou moins de manière semblable dans beaucoup de pays : confinement, création de déficit massif dans les budgets, mise en place de décisions extraordinaires dans la limite de leur prérogative constitutionnelle, que les parlements ont seulement commencé à avaliser une fois leur activités reprises.

 

A quoi devons-nous nous attendre ?

Les mesures prises jusqu’ici sous la forme d’aides aux sociétés, et ce, par procuration, aux employés et à la population, sont certes logiques et « à leur place ». Mais, il semble que pour beaucoup de personnes actives dans l’entrepreneuriat, l’économie, la gestion des risques et le management, leurs effets réels ne seront perceptibles que dans un futur très proche. Malheureusement, je partage leur opinion et surtout la vision de beaucoup de gens, à savoir que le pire nous attend.

Si nous prenions un exemple ?

Selon plusieurs entrepreneurs actifs dans le domaine du second d’œuvre, l’explication la plus frappante est la suivante : Quand une société est lancée, elle dispose du capital pour lancer les opérations, acquérir les clients, les outils, etc. Au bout de trois mois de crise déjà, les réserves sont presque épuisées dans beaucoup de cas. Et les crédits garantis par l’état, bien que salués par la quasi-totalité des personnes, ne sont pas vraiment une aide, mais plutôt perçus comme une aide palliative, permettant à un malade de survivre encore un petit peu. La crainte est la même que dans d’autres secteurs, le crédit sera épuisé au moment de relancer l’activité. Et en plus, le crédit devra être remboursé…

 

économieCOVID-19 : vaincu, mais à quel prix ?

Le prix des mesures prises par l’état est en effet l’augmentation de la dette avec tous les effets macro-économiques qu’elle entraîne.

Mais c’est tout le tissu économique, la quasi-totalité des sociétés et des branches d’activité qui sont aussi touchés, et pas seulement par l’arrêt ou au mieux la diminution des revenus. En effet, pour espérer survivre, les entreprises ont aussi dû faire recours à l’endettement, donc renoncer à une part plus ou moins importante de gain futur.

 

Crise jamais vu avant ?

Oui, nous serions en droit de le dire ! Il est rare de trouver une autre situation après 1945, qui serait de loin ou de près comparable à ce que nous avons vu et vécu depuis le mois de février 2020. De ce fait, nous pouvons également nous attendre à des conséquences sans commune mesure. Même les organisations internationales, comme le BIT (Bureau International du Travail), l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), le FMI (Fonds Monétaire International), la Banque mondiale, etc. donnent le sentiment d’être perdues et de ne plus vraiment savoir sur quel modèle se baser pour les prédictions.

En Suisse, avec un chômage technique qui représente le tiers de la population active, il serait très candide de s’attendre à ce que tout le monde retrouve du travail dans un futur proche.

Qui s’en sortira et comment ?

Il est évident que certaines industries et/ou domaines d’activités reprendront relativement rapidement et pourront revenir vers une vie économique presque normale, mais avec un fardeau assez lourd à porter (leur propre dette et celle de la société entière). Et qu’adviendra-t-il pour les autres ? Si nous prenons l’exemple du transport aérien, certains spécialistes (de la IATA) annonce une augmentation massive des tarifs, qui tendront vers des prix des années 1990 dans le domaine. Quant au « low cost », personne n’ose faire d’estimations…

Dans d’autre cas de figure, il est logique que les mesures rendant nécessaire la réouverture de l’activité auront une influence sur les marges, donc également sur les prix et tout simplement sur la poursuite de l’activité. Dans d’autre cas, de nouveaux « business models » seront indispensables. L’innovation sera donc de mise pour pouvoir survivre. Mais tant que nous y sommes, pourrions-nous retenir au moins le seul point positif de ces mois de confinement ? Allons-nous enfin prendre soin de l’écologie ou allons-nous devenir encore pire qu’avant ?

 

Lectures complémentaires :

Le métier d’architecte face au COVID-19

COVID-19, psychose, opportunité et fiction

Photo credit : Károly Meyer de Pixabay ; Clker-Free-Vector-Images de Pixabay

Ivan Matovic Ivan Matovic

Au bénéfice d’une expérience de plus de 14 ans dans le domaine de la gestion financière, la gestion des risques, le contrôle interne et le reporting. Durant ces dernières années j'ai eu la chance d’acquérir la connaissance du fonctionnement de tous les départements constituant une société d'assurance en suisse : souscription, gestion des sinistres, gestion des programmes de réassurance, et le monitoring de l'évolution du cadre législatif.

Mon domaine d'expertise applicable à n'importe quel industrie reste la gestion des risques, gestion financière et le contrôle interne. Parfaitement trilingue anglais, français et serbe avec des connaissances de base de l'italien, ouvert d'esprit, à l'écoute des personnes, diplomate et orienté résultat.

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